Immigration : bisou-libéraux vs facho-libéraux ?

Visa Schengen immigration passeport (Crédits marco bono, licence Creative Commons)

Libéraux conservateurs, libéraux et libéraux de gauche peuvent se retrouver sur un discours simple sur l’immigration.

Par Istvan.

Passport immigration stampFidèle lecteur de Contrepoints, j’ai remarqué que ces dernières semaines plusieurs articles relatifs à l’immigration avaient déchaîné les passions, dressant les facho-libéraux contre les bisou-libéraux, chacun de ces groupes accusant l’autre de ne “pas comprendre”.

En vérité, il me semble que la plupart des commentateurs pourraient être mis d’accord par une analyse circonstanciée et complète qui applique la logique libérale « fondamentale » – liberté individuelle, responsabilité et non-agression – de bout en bout et de façon cohérente.

Premier principe

« Pas de restrictions aux mouvements de population… mais aucun traitement particulier (financier, juridique…) pour les immigrés. »

Le bisou-libéral est content (a priori). Le facho libéral ne l’est pas puisqu’il s’imagine envahi d’une immigration qu’il juge indésirable… sauf qu’en vérité, sans incitation (les fameuses « pompes aspirantes »), pas d’immigration. La misère est moins dure à vivre au soleil et sans HLM, sans associations subventionnées par l’État, sans dispositions légales anti-discrimination, sans Aide Médicale d’État, sans minimum vieillesse, etc., bien moins d’immigrés entreraient sur le territoire (et beaucoup d’immigrés en partiraient). Du coup en y réfléchissant bien il me semble que le bisou-libéral et le facho-libéral ne sont en désaccord que parce que le premier oublie de préciser la seconde partie de ce premier principe (absence d’aides) et que le second n’imagine pas qu’elle aille de soi.

Deuxième principe

« Les individus sont libres… et donc libres de discriminer.”

Le facho-libéral craint de se voir imposer un mode de vie qui n’est pas le sien, veut trouver du porc à la boucherie, ne veut pas que sa fille renonce à la jupe sous peine d’être considérée comme une femme légère, etc (je sais que c’est très islamo-centré mais ne nous voilons pas la face, c’est bien LA question auquel beaucoup de commentateurs font référence).

En pratique, si un immigré arrive dans un petit village breton parfaitement libéral et harcèle le boucher parce qu’il sert du porc, tant que c’est purement verbal, le boucher peut refuser de le servir et l’envoyer voir ailleurs. Si cela cesse d’être verbal, alors la police interviendra. Mais dans une optique libérale, y compris une optique bisou-libérale, il ne saurait y avoir de lois qui feraient condamner le boucher pour avoir refusé de servir quelqu’un qui n’était pas content de sa sélection de marchandise.

De la même manière, venir en boubou à une visite d’appartement aura tendance à diminuer les chances de se voir louer le logement convoité (encore une fois, aucun arsenal coercitif pour punir le vilain propriétaire discriminant dans notre cas)… donc l’immigré étant en vraie minorité (cf. conséquences du premier principe) et n’étant pas particulièrement protégé juridiquement, les individus de la société d’accueil pourront librement lui « résister » et de ce fait encourager son assimilation à leur culture.

Moralité ?

La situation actuelle est anti-libérale à tous points de vue : restriction de la liberté de circulation des populations étrangères d’un côté, détournement de richesses des populations autochtones (pour financer les coûts liés à l’immigration), déni de liberté individuelle y compris liberté d’expression (cf arsenal juridique « anti-discrimination »).

À mon sens les auteurs des derniers articles qualifiés de bisou-libéraux sur l’immigration ont peut-être simplement été trop courts dans leur description d’une vision « idéale » de l’immigration.

Alors bisou-libéraux et facho libéraux peuvent-ils s’accorder sur l’immigration en tant que… libéraux tout court ?

(*) Istvan est entrepreneur dans le vin sans toutefois en vendre ou en produire lui-même. Quand il ne déguste pas, il lit Contrepoints ou H16.