Le menu Big Mac de Caracas

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Le menu Big Mac de Caracas

Publié le 12 février 2014
- A +

Par Guillaume Nicoulaud.

big macAux dernières nouvelles, le prix d’un menu Big Mac à Caracas était de 135 bolivars vénézuéliens ; ce qui, une fois converti en dollars au taux officiel (USD 1 = VEF 6,2921), nous donne 21,5 dollars.

Un exercice amusant consiste à répéter la même opération pour plusieurs grandes villes d’Amérique du sud — on refait une sorte d’indice Big Mac en temps réel en somme. Voici ce que ça donne (le 10 février 2014 vers 17h, heure de Paris) :

Pays (ville) Local Dollar
Venezuela (Caracas) VEF 135 21,5
Argentina (Buenos Aires) ARS 48 6,1
Brazil (Rio de Janeiro) BRL 19 7,9
Chile (Santiago) CLP 3 475 6,3
Colombia (Bogota) COP 12 954 6,3
Peru (Lima) PEN 14 5
Uruguay (Montevideo) UYU 209 9,4

 

Étrange n’est-il pas ? Le menu Big Mac de Caracas semble anormalement plus cher qu’ailleurs. À vrai dire, à ce prix-là, c’est même le plus cher du monde : même à Oslo, ville pourtant réputée pour le prix monstrueusement élevé du Big Mac, on ne paye ce menu que $16.

Et ça ne s’arrête pas aux burgers : en 2013, selon The Economist1, Caracas a fait une entrée fracassante dans le top 10 des villes les plus chères du monde. Avec un indice du coût de la vie (indice WCOL) de 126, la capitale vénézuélienne s’adjuge la neuvième place du classement, juste entre Paris (128) et Genève (124), en progression de pas moins de 25 places en à peine un an.

Il va de soi — mais vous l’aviez deviné — que ces statistiques quelque peu surprenantes n’ont rien à voir avec un succès aussi improbable qu’irréel de la révolution bolivarienne et tout à voir avec la surévaluation ridicule du taux de change officiel du bolivar. En retenant celui du taux du marché noir, soit environ 81 bolivars par dollar, le menu Big Mac de Caracas vaudrait tout juste 1,7 dollars. Ce qui est, pour le coup, anormalement bas.

Une manière de contourner le problème consiste à se demander de combien il faudrait faire baisser le cours officiel du bolivar pour ramener le prix de notre menu Big Mac dans la norme de ce qui se pratique de Lima à Montevideo. La réponse est très simple, c’est une triviale règle de trois : de quelque chose compris en 56% et 77%.

Et maintenant, considérons l’affirmation selon laquelle à 3 270 bolivars par mois, soit 519,7 dollars au cours officiel, le salaire minimum vénézuélien est le plus élevé d’Amérique du sud. Si nous appliquons les décotes que suggère notre indice Big Mac, la valeur réelle du Smic bolivarien n’est pas de 519,7 dollars mais se situe quelque part entre 120 dollars et 228 dollars au grand maximum.

C’est-à-dire qu’une fois retraité de la surévaluation du bolivar, le salaire minimum vénézuélien est probablement le plus faible du continent, au coude-à-coude avec son équivalent bolivien ($173,66).


Sur le web.

  1. Worldwide Cost of Living 2013, édition de décembre 2013 basée sur des données collectées en septembre 2013 (voir sur eiu.com).
Voir les commentaires (26)

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  • Zblhe ? esta la mayonnaise ?

  • Des années de « chavisme » obtu, borné, de culte de la personnalité, de politiques économiques insensées, de gauchisme tropical matamore, de corruption par l’argent facile du pétrole… Le Venezuela est un cas d’école.

    Un text book. Une recette de cuisine.

    Souvenez-vous : toutes les crapules françaises qui se pâmaient en mars 2013, à la mort du « Commandante ».

    Des ploucs. Des imbéciles heureux.

    Et quid des autres ? Iran, Cuba, Brésil.  » perte irréparable » osa dire Dilma Rousseff, la petite copine de l’autre grand « président »…. Lula.

    Bref… La même veulerie, la même bêtise suintante, la même pollution intellectuelle, encore et toujours.

    On voit mal ce qui pourrait stopper la descente aux enfers du Venezuela.

    • Un effondrement en bonne et dûe forme serait salutaire, envoyant au monde entier une leçon de ce qu’il faut pas faire. Le chavisme aura eu du bon tout compte fait. Ce sera un beau sujet pour les libéraux afin de convaincre.
      Ce qui me surprend c’est la population vénézuélienne : inflation à 56%, Caracas ville la plus dangereuse du monde, coupures d’électricité quasi quotidienne…Et pas de manifestations massives, pas de rébellion..C’est comme s’ils subissaient sans broncher.

      • Précisément. Un nombre appréciable de vénézuéliens sont convaincus que l’inflation et les pénuries sont le produit de la « guerre économique » que mènerait la bourgeoisie contre la révolution. C’est toute la force de ce type de politiques : elles échouent systématiquement mais le pouvoir en place n’a aucune difficulté à faire porter le chapeau à ses adversaires — réels ou supposés — et à s’en sortir renforcé.

        • C’est vraiment bizarre que les gens soient si nombreux à se faire avoir à l’ère d’Internet, il n’est pas difficile de trouver des articles en espagnol et en anglais décrivant la cause véritable des problèmes.
          Ce qui console est que malgré son pouvoir et sa propagande les chavistes ont perdu du terrain aux dernières élections municipales, prouvant qu’ils ne peuvent pas empêcher la vérité de se faire connaître, le temps fera son oeuvre.

          Cette année on s’attend à une possible récession dans le pays, ça va pas s’arranger donc.
          La production automobile s’est écroulée de 84% en janvier 2014 par rapport à Janvier 2013 c’est hallucinant 😮

        • Stanislas Kowalski
          12 février 2014 at 12 h 14 min

          Pour une révolte, il faut aussi des leaders, une organisation ou au moins un début de rassemblement.
          Il faut sentir que l’on a des chances de réussir, car c’est toujours une prise de risque, surtout pour ceux qui commencent.
          Et il faut une occasion. Ce genre de tyrannie produit ses effets assez lentement. Le pourrissement prend du temps et chaque erreur est en elle-même assez indolore. Il a fallu le prétendu massacre de Timisoara pour secouer la torpeur des Roumains. Le problème, c’est que quand la dictature est vraiment sanguinaire, le risque de la révolte est trop grand. Mais quand elle est seulement sournoise, elle n’offre que peu de prise à la révolte.

        • Les socialistes wallons en Belgique font la meme chose depuis 40 ans qu’ils sont au pouvoir et le plus triste est que ca marche, il y a vraiment des veaux pour les croire et continuer de les porter au pouvoir

      • « Le chavisme aura eu du bon tout compte fait. Ce sera un beau sujet pour les libéraux afin de convaincre. »

        C’est, en effet, un précédent démontrant que le socialisme, même par la démocratie, mène aux résultats habituels… pénurie, autoritarisme, arbitraire…
        Le problème n’est pas la dictature, mais le socialisme.

        • Et surtout, même avec de gigantesques réserves de pétrole il finit quand même par manquer d’argent et s’endetter.

          • c’est pas « malgré » de gigantesques réserves de pétrole, c’est A CAUSE de ce pactole. Sans lui, Chavez n’aurait jamais pu acheter ses soutiens et n’aurait jamais pu mettre en place son système dans la durée. Il se serait casser la gueule comme Allende, et aurait probablement fini comme lui, au bout d’un temps bien plus bref.

      • Sauf que…
        L’Argentine est déjà passée par là : socialisme -> crise/effondrement… Et devinez où on est revenu ? Au socialisme. Comme la France qui comblée par les réussites éblouissantes de Mitterrand se hâta de le réélire.

        Le socialisme est un cancer mental : il métastase, croit, dévore ce qu’il touche et la guérison ne passe que par la destruction totale de ce que le mal avait touché… Ca risque de faire mal.

  • Quelle jalousie envers Hugo Chavez…
    Chavez est plus un entrepreneur que tout les commentateurs et l’auteur de ce texte réunis !
    Il a crée une marque « le socialisme bolivarien » et une organisation.
    Il a ensuite gagner le marché politique.
    Puis il a eu la gloire, la fortune et le pouvoir !
    Il a menti et tricher ?
    Et alors !
    Toute les entreprises exagére les qualités de leurs produit ! cela s’appelle la publicité !

  • Je me souviens dans la presse au Quebec, lorsque Chavez est mort c’était un héro, la presse le décrivait comme une sorte de sauveur. Quand ce fût le tour de Margaret Thatcher, là le traitement fût totalement à l’opposé, sa mort était une bonne chose.

    Maintenant que le Venezuela sombre dans la décadence et la pauvreté, tout cela prédit depuis des années par les méchants libéraux, toujours pas de rétractation de la part des gauchistes. Toujours l’adulation et quand ce sera évident même pour eux que c’est un dramatique échec ils vont dire que c’est la faute de la CIA et de Georges Bush, des frères Koch, du fantôme de Margaret Thatcher, du changement climatique.

    • La presse québécoise semble vraiment très proche de la française à ce que je vois. A se demander si la langue française n’est pas socialiste en elle-même vu que les francophones belges et suisses sont proches idéologiquement.

      • c’est pas la langue, c’est la culture religieuse et politique : roi de droit divin et ETAT = DIEU (omniscient, omnipotent, et surtout, surtout, infiniment BON)

        • Heureusement que démographiquement et économiquement le Québec est plus lent que le Canada anglophone et perd en influence, ça évitera d’entraîner le Canada anglophone et libéral avec eux dans leur délire socialiste.

          • Le Canada n’est pas aussi libéral, l’Ontario est un gros Québec avec moins de dette et les maritimes aussi. Par contre Terre-Neuve semble enclin à faire des efforts, je leur souhaite bon courage.

            Le biais médiatique à 99% de gauche, plus les enquêtes de corruption s’approche des syndicats/PQ, moins on en entend parler, si bien que le PQ va probablement rentrer majoritaire aux prochaines élections avec un bilan de pauvreté et d’endettement exécrable. Pendant ce temps le gouvernement fédéral produit un budget à peu près équilibré et c’est sur lui que le courroux des médias se déchaine.

  • Ah ben tiens, aujourd’hui je demandais pourquoi les vénézuéliens ne se rebellaient pas, c’est justement aujourd’hui qu’ils le font :

    One dead in violent Venezuela protests: witnesses (Reuters)
    http://www.reuters.com/article/2014/02/12/us-venezuela-protests-idUSBREA1B1K220140212

  • Pourquoi ne pas faire le même calcul avec un plein d’essence par exemple (oups, là le salaire minimum devient plus élevé que le salaire moyen Luxembourg).

    Une petite recherche sur Internet vous indiquera que dans les restau le menu touriste de qualité coûte entre 40 et 50€.

    La criminalité est une plaie mais c’est la catastrophe dans beaucoup de pays d’Amérique du sud et central et pire en Afrique du sud.

    Il serait intéressant de voir l’évolution depuis la rrrévoutionne bolivarienne.

    • Eh bien depuis le nombre de meurtres à été multiplié par 15. Principalement à cause des milices organisées par Chavez qui donnèrent du matériel de guerre à des civils (la police et l’armée étant des officines bourgeoises contre-révolutionnaire). Avec la corruption tout cela fini dans les mains des gangs et 90% des crimes restent impunis dans le pays.

      Et pour savoir cela ce n’est pas le régime Chaviste qui vous le dira puisque la publication de statistiques est interdite depuis 2004. De cette manière les sympathisants du régime pourront toujours dire que c’est des chiffres faux et de la propagande de droite. Il y a beaucoup d’endoctrinés prêts à les croire sur parole.

    • « Pourquoi ne pas faire le même calcul avec un plein d’essence par exemple »

      Au Venezuela le plein coûte (coûtait car ça a changé depuis Maduro) 50 centime d’euros. Un cadeau de Chavez au Vénézueliens. Pratique pour acheter le vote de la population mais aussi le meilleur moyen de ruiner la production (nationalisée) de pétrole du pays. Elle chute d’année en année. Comme tous les pays socialistes, l’appareil productif se détériore au fur et à mesure aussi colossal soit-il. C’est pourquoi il est tout à fait possible à l’avoir d’avoir une pénurie de pétrole – en plus du reste – au Venézuela. Et là c’est la fin du régime ou alors la dictature militaire sanglante.

      Mais ce sera la faute des capitalistes…

  • Les commentaires sont fermés.

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