La balance commerciale n’est-elle qu’une fable ?

Petite fable pour comprendre le fonctionnement du commerce extérieur, et l’intérêt ou non de le promouvoir envers et contre tout.

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La balance commerciale n’est-elle qu’une fable ?

Publié le 8 février 2014
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Par Guillaume Nicoulaud.

Sur la base des chiffres de la Banque de France pour 2012, notre balance commerciale était déficitaire de 70,6 milliards d’euros. En pratique, ça signifie que, mesurées en milliards d’euros, nos exportations de marchandises (437,8) étaient inférieures de 70,6 milliards à nos importations (508,4)1.

Le mieux, c’est de vous raconter une jolie fable.

Soit donc deux villages au milieu desquels coule une rivière qui fait aussi office de frontière. Depuis toujours, les deux villages sont en paix et leurs habitants, empruntant le pont qui traverse le susdit cours d’eau, commercent entre eux sans que cela ne pose le moindre problème et ce, d’autant plus qu’ils utilisent une monnaie commune, le coquillage (code ISO : COQ).

Or, voilà qu’un beau jour, le chef du village de l’ouest — qui n’a manifestement que ça à faire — se met en tête de mesurer la valeur des échanges qui traversent la rivière. À cet effet, il instaure un bureau de douane à l’ouest du pont auquel il confie la mission de recenser toutes les marchandises qui transitent au-dessus de la rivière et de publier chaque jour le montant total de ces mouvements mesuré en coquillages.

Dès le premier jour, le chef du village de l’ouest en tombe de son trône : au total, selon les données de sa toute nouvelle administration des douanes, le village de l’ouest a exporté pour 1,2 COQ de marchandises vers le village de l’est tandis que, dans le sens inverse, les importations atteignent 1,4 COQ ; soit un déficit de 20 centimes de COQ rien qu’en une journée.

Immédiatement, il convoque le Conseil supérieur du village pour lui faire part de cette découverte stupéfiante et, pour tout dire, assez inquiétante : « rendez-vous compte, déclare-t-il, si nous importons plus que nous exportons, c’est que nous nous appauvrissons ! » Après moult délibérations, le Conseil conclut qu’il serait plus prudent de mesurer ce phénomène sur une plus longue période : peut-être, après tout, est-ce un phénomène saisonnier ; si la balance commerciale est déficitaire aujourd’hui, c’est sans doute qu’elle sera excédentaire plus tard.

Le chef, conformément à la tradition, tient compte de l’avis du Conseil et déclare qu’on observera comment évolue la balance commerciale du village pendant l’année à venir avant de prendre une décision.

Seulement voilà, un an plus tard, rien n’a changé. Il y a bien sûr un peu de volatilité dans les chiffres mais la tendance reste la même : au total, le village de l’ouest a exporté pour 437,8 COQ2 de marchandises vers le village de l’est tandis que, dans le sens inverse, les importations atteignent 508,4 COQ ; soit un déficit de 70,6 COQ sur l’année. Fort de cette constatation, le chef convoque à nouveau le Conseil et lui fait part de ce constat.

Après un long débat, les membres du Conseil sont perplexes : si tous s’accordent sur la validité des chiffres du chef — l’ampleur et la régularité du phénomène ne font aucun doute — il n’en reste pas moins que rien, absolument rien, ne laisse à penser que les habitants du village de l’ouest se soient particulièrement appauvris et, par ailleurs, aucun signe ne permet de croire que leurs voisins de l’est se soient enrichis. À vrai dire, les affaires des uns et des autres suivent le cours qu’elles ont suivi depuis des générations ; comme si ce déficit de la balance commerciale avait toujours existé sans que personne ne pense à le mesurer.

Le doyen du Conseil — homme dont la sagesse est proverbiale — veut en avoir le cœur net : « nous avons forcément oublié quelque chose, se dit-il en son for intérieur, pour dépenser tous ces coquillages, il faut bien qu’on les gagne par ailleurs. » Il se résout à mener sa propre enquête et voici ce qu’il découvre.

Première chose, le chef a bien mis en place un système imparable pour mesurer les échanges de marchandises — le bureau des douanes à l’ouest du pont — mais il a complètement oublié que, parmi les échanges commerciaux entre les deux villages, il y a aussi des services qui échappent complètement aux statistiques. Après enquête, le doyen estime que sur l’année écoulée, ça représentait un solde de 32,6 COQ en faveur du village de l’ouest.

Par ailleurs, il se trouve qu’un certain nombre d’habitants de son village ont trouvé du travail de l’autre côté de la rivière ce qui fait que tous les jours ils ramènent avec eux leur salaire — soit environ 15,5 COQ en rythme annuel ; 15,5 COQ de plus que le village peut dépenser en produits importés sans s’appauvrir le moins du monde.

En poursuivant ses investigations, il réalise que les habitants des deux villages ont presque tous des intérêts des deux côtés de la rivière : ils s’achètent et se revendent des champs ou des commerces et se prêtent même de l’argent. Au total, en comptant les revenus des investissements des uns et des autres, il se trouve que le solde est, là aussi, en faveur du village de l’ouest à hauteur de 14,2 COQ.

D’ailleurs, note le doyen, ça va peut-être ne pas durer puisque cette année, les investissements des villageois de l’est de ce côté-ci de la rivière ont surpassé les nôtres à l’est de près de 44,5 COQ — ce qui, cumulé avec les autres mouvements de coquillages cités ci-dessus, fait 106,8 COQ qui sont rentrés, par un moyen ou un autre, dans les poches des villageois de l’ouest.

Voilà donc qui explique comment nos villageois ont pu financer ce déficit de la balance commerciale : 106,8 COQ de rentrées diverses et variées moins 70,6 COQ de déficit commercial ; ça fait même un solde positif de 36,2 COQ. Eurêka !

Mais à la réflexion, le doyen — qui, nous l’avons déjà dit, est un homme très sage — se demande s’il n’a pas oublié quelque chose. C’est juste une intuition, mais ses investigations l’ont progressivement amené à penser qu’en réalité, si l’on tenait compte de tout, cette balance des paiements devrait être parfaitement équilibrée. En d’autres termes et en toute bonne logique, pour que des coquillages sortent d’un côté, il faut qu’ils rentrent de l’autre : c’est-à-dire que cet écart de 36,2 COQ en leur faveur doit bien venir de quelque part.

Malheureusement, après avoir interrogé tout le village une seconde fois, personne ne semble être capable de lui expliquer d’où vient cette somme. Le soir venu, le doyen est sur le point de renoncer quand on frappe à sa porte. C’est le chef, l’air penaud, qui déclare avoir un aveu à faire.

Voici le fin mot de l’histoire : ces 36,2 COQ ne sont pas effectivement tombés du ciel. Il se trouve que le chef s’est — comment dire ? — quelque peu laissé aller sur la gestion des deniers publics du village et que, il y a un peu plus d’un an, les caisses étaient complètement vides dès le milieu de l’année. Honteux, le chef n’en avait rien dit à personne et était allé trouver son homologue du village de l’est pour lui emprunter de quoi boucler le budget : 36,2 COQ, sans intérêts ni questions mais 36,2 COQ qu’il va maintenant falloir rembourser.

Je laisse à chacun le soin de trouver une morale à cette histoire.

(NB : pour simplifier, j’ai dû regrouper des comptes de notre balance des paiements et exagérer quelques chiffres — notamment celui de l’emprunt secret du chef — mais, grosso modo et en comptant 1 COQ pour 1 milliard d’euros, la situation du village de l’ouest a quelques traits communs avec celle de la France de 2012.)


Sur le web

  1. Les spécialistes m’excuseront de ne pas aborder ici la distinction entre CAF et FAB : c’est déjà assez compliqué comme ça. 
  2. Oui, j’ai oublié de préciser qu’un coquillage ayant beaucoup de valeur, il y a des centimes de coquillage.
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  • M. Kaplan, je vous remercie pour cet article, fort agréable à lire, et qui n’est pas sans rappeler les écrits d’un certain Claude Frédéric Bastiat !
    Mais, outre les remerciements, que je formalise pour une fois alors que je ne les énonçais auparavant mentalement, je propose, sans vous commander, que vous écriviez des articles plus longs, et que Contrepoints, à l’instar d’h16 ou de M. Créteur, vous éditorialise 🙂

  • La balance commercial n’a aucun intérêt, déjà parce qu’il existe la balance courante et surtout parce que si déjà sont exportateur net d’autre sont importateur net. Je comprend pas que les gens s’obsèdent autour de ça.

    • Aucun intérêt ?

      Sauf lorsque dans le Grand Jeu… il y a des tricheurs.

      Les fameuses politiques « Beggar thy neighbour » menées par la… Chine par exemple.

      Là, la balance commerciale, « sans aucun intérêt », prend un relief tout particulier.

      L’erreur que vous faites, commune à tous les libéraux de salon, est de penser que la planète n’est qu’un tout, et que ma foi si ça baisse à gauche, c’est pas grave car ça montera d’autant à droite.

      Quelle naïveté !

      La Chine mène une politique délibérée, pensée, réfléchie sur le long terme, pour décimer la puissance occidentale.

      Et ça marche. Au-delà même de toutes leurs espérances.

      Dire qu’il y a encore des gens capables d’écrire que la balance commerciale n’a « aucun intérêt » est confondant de naïveté.

      • La Chine voudrait décimer la puissance occidentale ? Encore c’te blague du péril jaune ?

        La croissance n’est pas un jeu à somme nulle. Les Chinois veulent se développer, ce qui paraît bien naturel, mais pour y parvenir, ils empruntent une impasse. Quant à l’Occident, il n’a pas besoin des Chinois pour s’auto-détruire. Le ténia étatiste socialo-keynésien est dans son intestin, monstre obèse et immoral épuisant les forces vives des sociétés occidentales. Il reste à l’extirper, anneau après anneau, jusqu’à ce qu’il chute dans les WC de l’histoire (remercions encore le peuple ukrainien qui nous montre le chemin vers la liberté).

        • la chine a apris au 19ième siècle, ce qu’était un déficit commerciale:

          première puissance économique grace à l’abondance de sa population( 400 millions avec un doublement de sa population en guère plus d’un siècle ) vers 1800, elle vendait de la soie et de la porcelaine aux occidentaux, sans leur acheter grand chose. en quelques décenie, la situation changea du tout au tout, à cause … de l’opium. substence psychotrope, produit essentiellement alors, en inde, colonie anglaise. la dépendance de l’opium d’un nombre de plus en plus important de chinois, provoqua la fuite d’une grande partie des réserve d’argent de l’empire du millieu, deux guerre avec les puissance occidentales, et bientot, le staut de quasi dépendant vis – vis des européens:
          les guerres furent perdues, il lui fallut payer de lourdes contribution tout en essayant tant bien que mal, d’investir pour rattraper le retard sur ses ennemis, alors que les caisses étaient vide, et tous cela dans une ambiance de fin du monde parfois digne de la révolte vendéenne: bref, la quadrature du cercle ! les occidentaux prirent le controles des douanes, pour se payer, pretèrent à des taux usuriers,et débarquaient avec un corp expéditionnaire si quelques  » pékins  » leurs faisaient des difficultées…
          si les allemands sont obsedés par l’inflation, il n’est pas specialement étonnant que les chinois soient obsedés par le déficit commercial.
          quand au péril jaune, fantasme digne de l’antisémitisme, inventé au début du 20ième siècle à la suite de la victoire des japonais sur les russes à tsuchima, on a vu ce qu’il en était depuis deux siècles: les asiatiques avaient plus de raison de croire à un péril blanc !

          • un détail : la Chine produisait de l’opium aussi, mais l’interdisait pour des raisons très compréhensibles de santé publique. Ce qui a causé leur perte : l’opium a été consommé mais pas produit sur place. toute similitude avec une situation actuelle n’aurait rien de fortuite.

          • Merci de nous rappeler que donc la balance commerciale… ça compte énormément.

            Les Chinois n’ont pas oublié. Ils n’ont jamais oublié.

            Et ils prennent un malin plaisir… à nous retourner la monnaie de notre pièce, 150 ans plus tard.

            Mais à part cela, tout va bien. Il n’y a pas de péril jaune, la balance commerciale « est un détail », et les politiques mercantilistes n’existent plus (voir commentaire plus bas).

            J’ai l’impression d’être au milieu de gens qui prennent le thé… avec beaucoup d’opium dedans.

            Enfin, pour compléter votre page d’histoire… les anglais ont également à cette occasion appris ce qu’était une balance commerciale.

            Car leur argent (métal) filait à vitesse grand V en Chine pour payer les importations de thé et autres bricoles !
            Et DEJA, à l’époque, la Chine REFUSAIT d’acheter des biens étrangers. Bilan : la banque d’Angleterre était saignée de ses réserves de métal.

            Voilà l’explication ensuite des guerres de l’opium !

            Les Anglais avaient trouvé là le produit parfait (fabriqué dans leur colonie indienne) pour l’enfoncer -d’abord par la force, ensuite par besoin- dans la gueule des Chinois.

            Afin d’équilibrer… la balance commerciale justement.

            On y revient toujours.

            Je finirai donc en rappelant ce que je disais : penser que les gentils Chinois font gentiment du commerce équilibré, équitable, et qu’ils veulent notre bien… relève une méconnaissance historique stupéfiante et une profonde naïveté.

            • ce que je dit, c’est que faire du commerce, c’est bien, mais quand on veut acheter, il faut aussi avoir à vendre, sinon, ça finit mal. bientot, les français pourront toujours essayer de vendre leur fonctionnaires…
              je dit aussi que faire du commerce, c’est bien, mais qu’envoyer des cannonières pour imposer ses produits, ce n’est pas tout à fait  » fair play « , et que c’est plus grave que de bidouiller sa monnaie à la baisse.
              concernant, le yuan, il a deja pas mal monté depuis 15 ans, et sa hausse risque bien de continuer.
              voir la chine comme un pays de copieur qui trafique sa monnaie pour imposer ses produits bas de gamme au monde entier est réducteur, la chine est bien autre chose que cela: c’est une culture, une civilisation, une industrie, une agriculture performante qui nourrit 25% de la population mondiale avec 7% des terres seulement, un sens du commerce, de l’innovation… . les chinois défendent leur beefsteack, et ils ont bien raison. si on observe l’histoire des deux derniers siècles, dire que la chine est une nation agressive et un non-sens, surtout si on la compare aux nations européennes ou au USA.

            • Ok alors on va expliquer:

              Quand la chine te vends pour deux milliards de sesterces de produits, tu lui donne deux milliards de sesterces. Mais en échange, tu est plus riche de deux milliards en produit. Donc en fait tu t’es pas appauvri. Tu as juste économisé en achetant aux étrangers quelque chose qui aurait coûté plus cher à faire sur place; et lui, il est pas plus riche à tes dépends, il a juste gagné plus d’argent en les vendant là où il y’avait plus de clients avec un plus gros portefeuille. Win-win.

              J’ajoute que toutes les politiques mercantilistes du monde ne devraient pas nous faire peur, même celles de la Chine. Elles finissent toutes, inévitablement, par ruiner leur propre économies. La France en est u bon exemple.

              Il faut sérieusement relire les Sophismes Economiques bon dieu.
              http://bastiat.org/fr/balance_du_commerce_sophisme.html

      • Ce que vous dite sur la Chine est faux, et je ne suis pas un libéral de salon. La Chine trafique c’est vrai et c’est pour ça que sa croissance est si désorganisé et peu soutenable. Mais ne vous trompez pas la croissance que connait la Chine c’est grâce à des réformes de libéralisation.
        Etes vous d’accords que si on a un exportateur net il faut bien un importateur net? Parce que ce qui compte c’est le cycle économique. Et que vous soyez réellement entrain d’investir lorsqu’il le faut et de consommer quand il le faut. Et pas qu’à cause d’une idéologie exportatrice bidon vous exportiez au lieu de consommer. Pour une fois que je suis d’accord avec Cavaignac…….

      • christophe : « La Chine mène une politique délibérée, pensée, réfléchie sur le long terme, pour décimer la puissance occidentale. »

        …Ses principaux clients qui fournissent du travail à une grande partie de la population Chinoise.
        Et quand nous seront à terre toutes leurs usines s’effondreront.

        GNARK GNARK GNARK que voila un plan diabolique fruit de 150 ans de réflexion !!!!
        (L’autre hypothèse c’est que c’est bien une réflexion mais de 15 secondes et pas chez les chinois.)

  • Vos articles sont toujours d’ une grande simplicité et donnent envie d’ en savoir toujours plus sur l’ économie qui du coup en est presque distrayante; pas d’ accord par contre pour que les articles soient plus longs.

  • Il est vrai que la balance commerciale est, au mieux, grandement exagérée. Nous ne sommes plus à l’époque mercantiliste!

    J’aimais bien ce que Say disais à ce sujet: importer plus que l’on exporte signifie que la marchandise qu’on exporte vaut plus, alors nous seront plus confortables.

    Récemment, j’ai eu une discussion à ce sujet avec un chercheur. Un déficit commercial implique une rentrée nette de capitaux. Bref, les étrangers investissent chez nous!

    • votre chercheur est-il un trouveur ?

    • Euh… Et la Chine, elle fait quoi si ce n’est une politique… diablement mercantiliste ?

      • grave erreur d’analyse. la Chine ne cherche pas à avoir une balance commerciale positive, elle cherche à muscler son appareil productif et absorber un exode rural massif

    • Que des entreprises françaises soient rachetées par des étrangers, c’est vraiment rassurant?

      • Cela n’a aucun rapport avec la concurrence internationale. C’est la conséquence de choix politiques réalisés dans le but d’assujettir le peuple français. Les politiciens et hauts fonctionnaires préfèrent que des étrangers, plutôt que des Français, possèdent les entreprises françaises car ainsi ils sont sûrs que des Français enrichis ne puissent pas contester leur pouvoir.

        L’exil des riches ou des entrepreneurs français hors de France est une politique délibérée d’appauvrissement de la population française, destinée à la soumettre. La preuve en est que la caste favorise l’arrivée de capitaux étrangers en leur offrant des avantages fiscaux exorbitants, ces mêmes avantages étant systématiquement refusés aux Français.

        • Encore le complot judéo maçonnique international apatride inféodé au péril sino-islamique. Le Qatar, les chinois, décidément nos dirigeants sont vraiment empressés de faire couler leur propre pays qui leur donne leur salaire et leur pouvoir.

          Sinon l’explication comme quoi se sont juste des incompétents notoires incapables de créer le climat favorable à l’implantation de leurs propres capitaux nationaux dans le pays et de baisser le bout de la vie c’est vraiment si improbable ?

        • Epargne – Investissement = Exportation – Importation !!!!

  • agir directement sur la balance commerciale est aussi stupide qu agir sur la balance pondérale.
    Néanmoins l’une comme l’autre restent des indicateurs utile. un déficit commercial est le signe qu’on achète des biens meubles et il n’est pas bon de le faire en vendant sa maison.
    Quand vous vendez vo

  • Cher Kaplan,
    vous auriez pu ajouter que si le nombre d’objets passant d’est en ouest est plus important, donc « consommés à l’ouest » ces derniers se sont enrichis !
    Seul problème, les dettes faites par le chef du village ouest s’accumulent;
    alors que la caisse du chef de village « est » gonfle régulièrement.

    Mais vous avez raison, dès lors que le coquillage comme le « franc germinal’ n’est pas à rembourser. Sauf que cette accumulation de COQ, c’est la retraite des travailleurs du village « est ». De toute façon, on en crèvera tous !

  • Je pense que l’auteur c’est trompé de débat, ce qu’il décrit n’est pas de libre échange entre deux pays:

    « Par ailleurs, il se trouve qu’un certain nombre d’habitants de son village ont trouvé du travail de l’autre côté de la rivière ce qui fait que tous les jours ils ramènent avec eux leur salaire »
    Nos chômeurs vont travailler en Allemagne et dépenser leur salaire en France? C’est un cas particulier d’économie frontalière, comme ce qu’on observe en Suisse avec les 170 000 français qui y travaillent. Ca n’est pas extrapolable à grande échelle. On peut certes envoyer les chômeurs dans le pays le plus « productif », mais les salaires ne reviendront pas.

    « il y a aussi des services qui échappent complètement aux statistiques.  » Ça n’échappe pas aux stats modernes ça…

    « ça va peut-être ne pas durer puisque cette année, les investissements des villageois de l’est de ce côté-ci de la rivière ont surpassé les nôtres à l’est de près de 44,5 COQ »
    Oui c’est une base de l’économie des échanges internationaux:
    Epargne – Investissement = Exportation – Importation.

    Sauf que dans la zone euro ça ne se fait pas, les allemands ne construisent pas d’usine chez nous. Pourquoi le feraient ils? Si l’échange étaient en monnaie différente, ils n’auraient pas trop le choix: soit voir leur monnaie s’apprécier, soit renvoyer l’argent pour investir.

    Plus généralement si on regarde les statistiques les balances de paiements à l’équilibre ou proche sont assez rare. Votre opinion se fonde sur une théorie valide, mais elle nécessite des conditions particulières difficiles à obtenir en réalité, en premier lieu des monnaies souveraines dont les valeurs relatives sont fixés par le marché de change.

    Dans votre modèle les travailleurs et les capitaux circulent de façon très fluide, la monnaie est la même, c’est donc une ZMO, ça ressemble plus à des échanges entre deux régions ou états d’une fédération qu’a la situation de la zone euro ou le commerce avec la Chine.

    L’équation Epargne – Investissement = Exportation – Importation est un fait, pas une vue de l’esprit: quand des pays avec des monnaies fiduciaires à change libre échangent, ils sont forcés de respecter cette équation. Le libre échange peut alors fonctionner, avec quand même un risque, les achats d’énergie qui perturbent ce système: si un pays est trop improductif, il risque de ne même plus pouvoir acheter son énergie. Si une technologie permettait à tous d’acquérir de l’énergie de façon souveraine et rentable, on pourrait vraiment en profiter.

  • La balance commerciale est un critère très important à étudier car il exprime la capacité d’un pays à s’intégrer ou non dans la compétition modiale. Si la balance commerciale est fortement négative, le pays devra emprunter comme la France ou imprimer de la monnaie comme les USA pour équilibrer sa balance des paiements. La balance commerciale française qui a basculé du positif au négatif entre les années 90 et 2000 reflète concrètement l’échec du pays dans la mondialisation des échanges. A noter que la balance des services françaises est tjs positive mais n’arrive pas à suivre le fort déclin enregistré sur les marchandises.

    • « il exprime la capacité d’un pays à s’intégrer ou non dans la compétition mondiale » oui et non, un pays n’est pas une entreprise, on ne peut pas vraiment accuser un pays, c’est trop abstrait.

      « Si la balance commerciale est fortement négative, le pays devra emprunter comme la France ou imprimer de la monnaie comme les USA  » Non, si le pays a une monnaie souveraine l’argent fini par revenir. La France et les USA pourraient avoir un budget à l’équilibre, en taillant dans les dépenses de l’état. Une balance commerciale négative signifie par contre que l’industrie local est en déclin.

      « La balance commerciale française qui a basculé du positif au négatif entre les années 90 et 2000 reflète concrètement l’échec du pays dans la mondialisation des échanges » Non ça reflète le décalage entre nos faibles gains de productivité, l’inflation interne et le taux de change de l’euro par rapport au dollars. L’euro n’est adapté qu’a l’Allemagne.

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