Le retour des matricules dans la Police

Délinquance (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

Le regard de René Le Honzec.

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On nous dit qu’on l’avait déjà fait, que des tas d’autres pays civilisés la pratiquent, il n’empêche que la volonté de coller des matricules aux représentants de l’ordre (sauf RAID, dommage, Mérah aurait sûrement été plus sensible à l’échange non plombé) relève de la même politique que celle de donner le monopole du laxatif à vider les prisons à la firme Taubira. La gauche reste coincée dans Zola et Les Misérables dès qu’il s’agit de délinquance, sans compter son marxisme fondamental qui en est lui aussi resté à la lutte des classes version banlieue, d’autant que le think tank de gauche Terra Nova a préconisé de remplacer le prolétaire de souche rétif au socialisme bobo à celui d’importation sensible aux sirènes subventionnées de la discrimination positive.

Donc, le matricule s’analyse dans le manque de confiance des dirigeants socialistes dans leur policiers (qui votent syndicalement à gauche pourtant), vus comme des types qui tabassent le pas-clair à la moindre occasion, insultent les pas-comme-nous avec délectation et inspiration, pourchassent le Rom mal-poliment à la moindre réquisition procuriale et vous réclament la photo cochonne sur votre pièce d’identité pour s’exciter. Il s’agit là d’une culture de banlieue, citadine, médiatique, qui va des quartiers Nord de Marseille à la Seine-Saint-Denis en passant par Nantes, les « zones sensibles » pour épargner la pudibonderie bourgeoise qui pourrait s’effaroucher de « zones de délinquances ».

On touche là encore du doigt le fossé entre des élites qui vont poser et fumer une clope avec les clodos, comme NKM, pour se foutre de l’électeur, et cette France toujours dite profonde que les médias subventionnés, boboïsés, parisiannisés s’efforcent d’ignorer parce qu’elle ne sent pas la rose.