Il faut une force de salut public pour sauver la France !

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Aucun pays au monde ne peut sortir d’une situation telle que la nôtre sans renverser la table.

Une tribune de Claude Reichman.

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Les Français ne sont pas divisés en innombrables chapelles, mais en deux groupes. Et il est très simple de déterminer celui auquel ils appartiennent. Tous ceux qui pensent que notre pays ne cesse de s’enfoncer et sont convaincus que seule une révolution pourra rompre avec cet enchaînement fatal appartiennent (ou ont appartenu) au secteur privé. Tous ceux qui ne parlent jamais de la France mais des revendications de leur catégorie sont membres (ou l’ont été) du secteur public.

Or c’est cette seconde catégorie qui dirige notre pays et en retire le plus grand bénéfice. Ils sont une dizaine de millions (y compris les retraités), tandis que les autres (y compris les retraités) sont une trentaine de millions : trois fois plus.

C’est donc bien une oligarchie (du grec oligos : peu) qui règne sur la France. Et surtout qui la condamne à la catastrophe. Car nos oligarques, à la différence de ceux de la Russie d’après le communisme, ne se contentent pas de profiter du système : ils l’empêchent de fonctionner. Tout d’abord en prenant, au nom du pays, des décisions qui privilégient l’État. Ensuite en ne cessant de ponctionner le secteur privé pour nourrir l’État. Enfin en persécutant l’initiative et la réussite pour ne pas mettre en cause la prééminence de l’État. Vient enfin la phase ultime de l’asservissement : l’interdiction des idées « incorrectes », autrement dit la police de la pensée. C’est ce que nous vivons en ce moment en France, où dire du mal de l’État, de ses œuvres et de ses pompes vous vaut d’être interdit d’expression dans les grands médias.

Tous les éléments du drame sont donc réunis. Aucun pays au monde ne peut sortir d’une situation telle que la nôtre sans renverser la table. Autrement dit, la réforme n’est plus d’actualité en France (où elle ne l’a jamais vraiment été, sauf en paroles), et nous ne pourrons nous en sortir qu’en abattant les institutions et les structures qui empêchent le pays de vivre et privent l’immense majorité des Français d’avenir.

Bien entendu, aucune personne raisonnable ne prônera la violence pour y parvenir. Si elle se déclenche et se déchaîne, ce sera parce qu’une partie de la population, n’ayant pas analysé ni compris la situation, et poussée à bout, ne pourra résister à cette pulsion inhérente à la nature de l’homme quand il se sent en grand danger.

Face au drame qui vient, les Français doivent se voir proposer un programme d’action. Nous apportons notre pierre à cette œuvre de salut national en énonçant aujourd’hui les décisions qu’il faut prendre d’urgence :

  • Baisser en une seule fois les dépenses publique de 20%. Nous serons ainsi ramenés au niveau de l’Allemagne, notre principal client et fournisseur. Sans cette mesure, l’Europe, qui repose sur le couple franco-allemand, se disloquera pour le plus grand malheur de ses peuples, mais surtout pour celui des Français, car une nouvelle Europe se reconstituera autour de l’Allemagne, dont nous serons exclus. Cette baisse de 20% de nos dépenses est exactement celle que les familles françaises s’infligent dans la difficulté. Elles souffrent, mais ne meurent pas. L’État peut souffrir aussi et n’en mourra pas davantage.
  • Rendre leur protection sociale aux Français en supprimant dans les faits le monopole illégal de la Sécurité Sociale. Celle-ci sera réservée aux personnes incapables de s’assurer elles-mêmes et méritera de ce fait le qualificatif de « social » dont elle s’affuble outrageusement. Les assurances privées et les mutuelles, dûment garanties par les règles européennes fixées par les directives de 1992, paieront sans ruiner le pays les soins des Français, et ceux-ci pourront capitaliser à titre personnel pour leur retraite (comme José Pinera, massivement approuvé par le peuple, l’a fait au Chili) et s’extraire ainsi du piège mortel de la retraite par répartition (le système actuel) qui est en faillite et va laisser sur le carreau des millions de retraités si l’on ne change pas de route immédiatement.
  • Supprimer les régions, qui sont à la fois inutiles et ruineuses.
  • Supprimer le statut de la fonction publique pour les nouveaux entrants et le remplacer par un contrat de droit commun. Et obliger les fonctionnaires bénéficiant de l’actuel statut à démissionner de l’administration s’ils sont élus députés ou sénateurs.

Bien d’autres changements sont nécessaires, mais ils dépendent de ceux que nous venons d’indiquer et se feront dans la foulée.

Il va de soi que ce plan de salut public ne pourra être mis en œuvre par les politiciens actuels. Il faut qu’une force nouvelle – force de salut public – se constitue rapidement autour de ce programme et prenne les commandes de la France.