Vive la « BFMisation » de la vie politique !

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Dénoncer la vive la « BFMisation » de la vie politique, c’est regretter ce bon vieux temps de l’ORTF où le ministère de la communication choisissait ce qu’il était important de dire ou de cacher au public.

Par le Parisien libéral.

Ortf1Il y a quelques semaines déjà, le gouvernement s’en prenait à BFM au lieu de remettre en cause sa politique de taxes et impôts à tout-va et d’ultra-étatisation du pays, sans oublier les manquements individuels des membres du gouvernement ou de leur famille et autres scandales politico-financiers qui touchent le PS.

Maintenant, c’est le vénérable quotidien du soir, Le Monde, qui s’interroge, en faisant une « Enquête sur la « BFMisation » de la vie politique ». Mieux, au-delà de BFM, Le Monde parle d’alertes, de tweets, de retweets et de démentis, mettant en cause tout l’écosystème qui comprend la blogosphère, les médias en ligne, twitter et les applis médias pour tablettes et autres alertes infos Iphone.

Que veut dire Le Monde ? Qu’ils regrettent le temps où eux seuls étaient les analystes de la vie politique ? S’il ne s’agissait que de cela, ce serait symptomatique d’un monde passé où on n’allait pas faire ses courses chez Monoprix après 21 heures.

Mais l’interrogation est plus large. Le Président Hollande, qui est loin d’être stupide, a bien compris qu’un des problèmes de Sarkozy est d’avoir été le premier président français de l’ère Facebook. Que Le Monde, sympathique mais néanmoins actif relais médiatique du parti socialiste (puisque Le Monde est internationalement référencé comme étant de « centre gauche », selon Press Europ) reprenne l’interrogation de la « BFMisation » de la vie politique est néanmoins inquiétant. Pourquoi ?

Parce que cela témoigne de la panique des élites baby boomeuses habituées à la bienséance jacobine vis-à-vis d’un monde dont on ne peut plus dire qu’il vient d’émerger : Facebook a 9 ans, BFM TV  8 ans, Twitter 7 ans. Dénoncer la « BFMisation » de la vie politique, c’est regretter ce bon vieux temps de l’ORTF où le ministère de la communication choisissait ce qu’il était important de dire ou de cacher au public, et où Le Monde était clairement identifié comme étant la seule source de « décryptage ».

Pourtant, à chacun son métier

Que BFM fasse de l’anecdotique est parfaitement utile. Ainsi, quelques semaines après son élection à la présidence de la République, François Hollande montre son vrai visage en considérant les dépassements de limitation de vitesse sur l’autoroute Paris-Caen comme peu importants.

C’est beaucoup plus révélateur que n’importe quel long discours puisque le public aura directement compris que la présidence de Hollande ne diffèrerait pas fondamentalement des excès du sarkozysme en termes de République du deux-poids-deux-mesures.

Quant au fond que Le Monde et le PS semblent regretter, toute une série de médias en ligne comme Mediapart ou Contrepoints s’en chargent, en pratiquant de vraies enquêtes, sur Cahuzac ou sur l’ISF du Président de la République. Donc, oui, vive la « BFMisation » de la vie politique ! Ou plus exactement, vive la dissémination de l’information et le pluralisme des médias. BFM TV, à la différence de bien d’autres groupes médias, ne dépend ni de l’État directement, ni d’une industrie autre (BTP, armement, etc.). Quant à leur métier, ils le font dans un univers de concurrence.

Que le Monde, ancien et installé, ou le PS, ultra archi dominant, s’inquiètent d’une chaine TV qui fait 2% de l’audimat français en dit long sur la conscience qu’ont les élites du manque d’adhésion du peuple à leur projet.


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