Des élections municipales pour redonner vie à la démocratie

municipales 2014

Les élections municipales sont une bonne nouvelle pour amorcer les changements structurels dont la France a besoin.

Par Jacques Gautron.

municipales 2014Une bonne nouvelle, oui enfin ! Celle qui peut nous faire espérer la sortie du tunnel, malheureusement on ne connaît pas la longueur du tunnel !

La plupart des commentateurs, des journalistes et même des hommes politiques s’accordent à constater que la crise que vit la France, de conjoncturelle, est devenue structurelle. Comment juger autrement la situation de la France qui ne réussit pas à relever la tête, alors que beaucoup de pays touchés en 2008 commencent à sortir de ce qui fut une crise conjoncturelle (voir surtout l’Espagne et la Grande-Bretagne et peut-être bientôt la Grèce).

C’est donc une bonne première nouvelle, car qui peut nommer les maux a plus de chance de savoir les guérir.

Ainsi, non seulement acceptons-en l’augure, mais surtout communiquons sur la découverte de cette évidence et participons à la faire vivre.

Est-il nécessaire avant d’y travailler d’établir un état des lieux ? Franchement je ne le crois pas, tellement de commissions s’y sont déjà attelées et tellement de rapports coûteux ont été produits en pure perte (Michel Camdessus, Jacques Attali, Michel Pébereau, Jean-Claude Trichet, Alain Minc, etc.). Il suffira de les relire et d’en faire la synthèse.

Structurelle signifie donc bien « de structure », ce sont nos structures qui sont malades. Qui dit structures, sauf erreur, dit aussi organisation – organisation de nos territoires et manière de les administrer. Ce qu’il faudrait modifier, pour ne pas dire changer, le terme est galvaudé depuis longtemps et encore plus depuis le 6 mai 2012, ce serait l’architecture de la France du plancher au plafond, puisque commencer par le plafond présenterait sans doute plus de résistances. Vous voyez à qui je pense.

Des libéraux incorrigibles, comme votre serviteur, ont la faiblesse de penser qu’à la base il faudrait déjà plus de démocratie. Une démocratie visible et praticable par le commun des mortels contribuable. Une vie démocratique qui toucherait à leur quotidien, aux services, aux structures (on y revient), aux infrastructures (on y revient encore) qu’ils utilisent chaque jour dans leur commune, leur département ou leur ville. Juste un exemple parmi tant d’autres, si on pouvait donner à chacun de ces contribuables la capacité de décider localement de la nécessité de construire des ronds-points, sachant ce que ça coûte, pensez-vous que nous en aurions autant (17 sur 16 kilomètres entre la sortie d’autoroute et mon domicile) ?

Alors oui, selon moi, cette bonne nouvelle tombe très exactement au bon moment. Attaquons-nous au plancher de la structure. Faisons de ces prochaines élections municipales les premières prises en main des structures locales de la France par ses électeurs.

Bien évidemment cela ne se fera pas à partir de listes et de candidats présentés par des partis qui ont tous créé, laissé perdurer ou participé à aggraver la crise structurelle de la France. Tant qu’on ne peut pas bénéficier d’un système d’élections uninominales à un tour, il faut encourager l’émergence de listes faites d’individus compétents, engagés à instituer la démocratie directe dans les villes et les villages. Oui, c’est possible si premièrement nous pouvons élire ceux qui s’engagent à le faire, et si les citoyens veulent bien s’impliquer activement – normalement un spectateur ne peut pas intervenir lors des réunions de préparation budgétaire, mais il peut demander la parole, cette parole lui sera sans doute donnée par des élus choisis sur leurs convictions d’instituer la démocratie directe. Il n’est pas non plus totalement interdit à un Maire d’instituer un référendum populaire pour autant que le sujet ne dépasse pas la sphère de compétence de la commune. Communiquons sur cette possibilité !

Je suis bien conscient que même si cela se passait ainsi dans beaucoup de communes, ce ne serait qu’un timide début vers un chamboulement de la structure. Cependant ce premier pas peut être important s’il permet de faire prendre conscience à beaucoup de citoyens que la démocratie pour le peuple et par le peuple, c’est possible. Essayons de travailler sur la base – le plancher de la structure – le reste viendra après, étapes par étapes, à l’occasion d’autres élections. Je crois beaucoup à la valeur d’exemple, ne laissons pas passer cette occasion sans la saisir.