Les bleus ne sont pas des fonctionnaires

Foot-Ribery

On peut comprendre la désillusion des supporteurs de l’équipe de France, mais pas les élans nationalistes de certains hommes politiques.

Par le Parisien libéral.

Foot-Ribery

Hier soir, les Français étaient nombreux à regarder le match de barrage Ukraine-France en vue de la coupe du monde 2014 organisée au Brésil. Les joueurs français se sont inclinés 2-0 et Rio doit maintenant commencer à leur paraître bien loin. La presse accable ce matin les bleus, qui ont « tout gâché » selon L’Équipe.

On peut comprendre la désillusion des supporteurs, mais il y a tout de même quelque chose qui me chiffonne par rapport à ce match, c’est l’enjeu nationaliste sur lequel certains politiciens insistent.

Prenons Christophe Girard, ancien adjoint à la Mairie de Paris en charge de la Culture (aux cotés d’Anne Hidalgo et Bertrand Delanoë), maire du IVe et employé de LVMH. Il twittait ceci hier matin :

C’est bien dans la culture socialiste et communiste que d’être en phase avec une certaine idée nationaliste, certes, mais rappelons tout de même que :

  • Les bleus ne sont que des footballeurs, et pas des ingénieurs en football. Les victoires ne sont pas garanties.
  • Les bleus sont au service d’eux-mêmes, avant d’être au service de la France, tout comme chacun d’entre nous, quand il travaille, le fait pour gagner de l’argent et non pas pour être au service d’on ne sait pas trop quelle cause nationaliste.
  • Les bleus sont des employés de leurs clubs de foot et de la Fédération Française de Football, une association, et non pas des fonctionnaires.

Donc, si les bleus l’avaient emporté contre l’Ukraine, et surtout si le match avait été bon, les 11 millionnaires qui portent le maillot des Bleus auraient été aussi contents que les téléspectateurs. Mais ils ont échoué, et cette défaite n’est pas un drame pour la France et les Français. Nous ne sommes pas en Corée du Nord, le maillot des bleus n’est pas un uniforme de l’armée.

Enfin, si Christophe Girard (dont on découvre l’intérêt pour le football, au passage…) pense vraiment qu’une victoire hier soir contre l’Ukraine aurait été une « bonne nouvelle pour les chômeurs et les petits salaires » (quel mépris pour les gueux…), c’est qu’il ne comprend pas la nature et la profondeur de tout ce qui se passe en ce moment en France.

Mais ne soyons pas désagréables, ni tristes, réjouissons-nous du fait que la culture foot se diffuse. Étant donné qu’on accueille l’Euro 2016 en France, il faudra que les hommes politiques apprennent à justifier les dépenses liées aux stades. Serons-nous la Pologne après l’Euro 2012 ou bien la Suisse ?