La France sera libérale ou ne sera plus

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Pas d’autre moyen de sortie de l’ornière pour la France que des réformes libérales. Mais qui pour les porter ?

Par Philippe Robert.

imgscan contrepoints 2013-2377 socialismeSur BFM-Business, j’ai particulièrement apprécié l’excellente émission « Les Experts » de Nicolas Doze qui, le 12 novembre dernier, recevait Alain Madelin, Christian Saint-Étienne et Jean-Louis Mullenbach. Merci donc à Nicolas Doze de donner ainsi régulièrement la parole – refusée quasiment partout ailleurs –, à de vrais esprits libres.

J’entends souvent dire, comme s’il s’agissait d’une formule magique qui marcherait à tous les coups, que la France a jusqu’ici toujours su faire face à l’adversité dès lors que, touchant dramatiquement le fond, apparaissait alors un homme providentiel précisément dépêché par je ne sais quelle providence veillant tout spécialement sur la France.

Pour en revenir à l’émission « Les Experts », Alain Madelin, manifestement excédé par la politique de destruction massive mise en œuvre depuis dix-huit mois par les socialistes, a tenu un discours libéral, donc de pur bon sens, en fournissant des pistes d’action simples permettant à notre pays de réagir à meilleur escient qu’il ne le fait actuellement.

Si les paroles s’envolent, les écrits restent et c’est pourquoi je me permets de rappeler le livre d’Alain Madelin et les cercles Idées-Action intitulé Chers compatriotes… Programme pour un président (JC Lattès, octobre 1994) dont la réédition serait, à mon sens, une bénédiction pour la France en rupture de ban à tous les étages intérieurs et extérieurs.

« Un sentiment d’injustice. Voilà ce qu’éprouvent aujourd’hui beaucoup de nos compatriotes (…) Oui, il existe aujourd’hui une France vulnérable, celle qui paie par le chômage et l’exclusion la facture de nos rigidités, une France blessée dont je me sens solidaire. » Rien n’a donc vraiment changé depuis vingt ans sinon, et très logiquement, en pire…

« Un sentiment de gâchis. (…) Les fonctions que j’ai exercées au gouvernement, comme ministre de l’Industrie (…) celles que j’exerce aujourd’hui comme ministre des Entreprises et du Développement économique, dans le gouvernement d’Édouard Balladur, m’ont placé quotidiennement au contact de la France de l’initiative, du courage et du risque : celle des entreprises, grandes et petites ; celle des petits entrepreneurs, des commerçants et des artisans, celle qui supporte des charges et des contraintes croissantes et qui voit ses efforts compromis, l’initiative découragée, le risque pénalisé. C’est pourquoi je mesure mieux que d’autres, peut-être, le formidable gâchis des énergies contenues dans notre pays. » En bien pire aujourd’hui, donc.

À soixante-sept ans, Alain Madelin est un jeune ancien ministre qui a déjà exercé des responsabilités gouvernementales importantes et pourrait alors tout à fait incarner, en ces temps de tension majeure des institutions et des atteintes graves à la cohésion nationale qui en découle, cette personnalité capable de fédérer une majorité de Français.

Cependant, si la situation est spécialement préoccupante, elle n’est peut-être pas si désespérée et encore moins irréversible qu’on peut le penser à condition, bien entendu, d’être (re)prise en main dans le moindre délai ; car il ne fait aucun doute que la politique actuellement imposée aux Français doit être corrigée d’importance, et vite.

Si je m’autorise ainsi à rêver (tout éveillé) d’une telle possibilité, c’est que, vraiment, à quelques rares exceptions près à confirmer, je ne vois strictement personne d’autre qui soit aujourd’hui en capacité de renverser la table. Et puis, chez Nicolas Doze le 12 novembre dernier, il m’a bien semblé qu’Alain Madelin, peut-être, ne dirait pas non.