C’est une révolte ? Non Sire, c’est une révolution

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La grogne et la colère montent. Il faut être aveugle pour ne pas le voir !

Par Rafik Smati.

imgscan contrepoints 2013-2359 révolteLes périodes pré-révolutionnaires ont ceci en commun que les dirigeants politiques et élites en place à ce moment-là se trouvent toujours dans l’incapacité à se représenter le processus révolutionnaire en cours. Ou, dans le cas d’une prise de conscience, ils se montrent dans l’incapacité à contrer ce phénomène du fait d’une attitude de défense liée à la préservation de leurs intérêts personnels.

Pourtant, les signaux d’alerte se multiplient à tous les niveaux de la société, dans toutes les générations, dans tous les milieux sociaux… La grogne et la colère montent. La défiance vis-à-vis des institutions s’installe. Il faut être aveugle pour ne pas le voir !

Mais très logiquement, l’équipe gouvernante en place tend à en minimiser la portée. Inversement, l’opposition parlementaire souffle opportunément sur les braises, sans toutefois comprendre qu’elle aussi porte une lourde responsabilité sur la situation actuelle.

Nous arrivons au bout d’un cycle, celui qui se caractérise par une professionnalisation de la vie politique nationale. Car si la politique est votre métier, donc votre gagne-pain, et bien vous déploierez une énergie colossale à le perpétuer. Et ce faisant, vous finirez par ne plus capter ces signaux, forcément faibles au début, d’une société vivante en perpétuel mouvement.

Cela est une constante depuis plus de 2000 ans. Les empereurs de la Rome décadente étaient les premiers à ne pas prendre conscience du processus d’effondrement, en choisissant de privilégier la jouissance à court terme. Autre exemple symbolique : le 14 juillet 1789, alors que la Révolution Française bâtait son plein, Louis XVI interrogeait naïvement La Rochefoucauld : « C’est une révolte ? » Et La Rochefoucauld de répondre : « Non Sire, c’est une révolution. »

Nous y sommes. À nous maintenant de préparer l’avènement de la France d’après.