Automobilistes : vers une taxe fonction des kilomètres parcourus ?

Proposition en Belgique de taxer l’automobiliste, non plus en raison de la possession d’un véhicule, mais au prorata du nombre de kilomètres parcourus.

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Automobilistes : vers une taxe fonction des kilomètres parcourus ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 24 octobre 2013
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Par Philippe Bouchat, depuis la Belgique.

Exces-vitesse-autoroute

Je voudrais pousser un coup de gueule contre une nouvelle agression vis-à-vis de la liberté. Plus précisément, contre la proposition de la pourtant sérieuse FEBIAC (FEdération Belge de l’Industrie de l’Automobile et du Cycle – soit l’organisation qui représente les constructeurs et importateurs de moyens de transport sur route) de taxer l’automobiliste, non plus en raison de la possession d’un véhicule, mais au prorata du nombre de kilomètres parcourus. À peine fut-elle exprimée dans la presse que la ministre bruxelloise des Transports (la chrétienne-démocrate flamande, Brigitte Grouwels) s’est empressée de la soutenir. Sans parler du soutien de la presse subsidiée.

Mais, concrètement, de quoi parle-t-on ? La boîte de consultance PwC ayant établi, d’une part, que la réduction de 5 à 10% du nombre de véhicules aux heures de pointe permettrait de réduire de 40% la longueur et la durée des embouteillages et, d’autre part, que la fiscalité a un impact majeur sur les comportements (ben voyons), la FEBIAC se propose d’appliquer le principe « pollueur-payeur » aux automobilistes : au plus un automobiliste roule, au plus il pollue, au plus il doit donc être taxé. Selon le plan de la FEBIAC, cette taxation kilométrique est censée remplacer la taxation actuelle (taxe de mise en circulation, taxe de roulage, principalement) par un montant allant de 0,037 à 0,087 euro/km, étant entendu que le nombre de kilomètres parcourus (et la hauteur de la taxation donc) sera calculé par un appareil à installer dans chaque voiture (dont coût : entre 150 à 200 euros, à charge de qui ?). Une partie des recettes de cette nouvelle taxe serait affectée, notamment, à la création des parkings de dissuasion et au financement d’une « compensation sociale » pour les ménages et les entreprises.

Simple, non ? Oui. Mais stupide surtout ! Expliquons-nous.

Stupide au niveau du principe. L’étude Pwc ne fait pas mystère d’utiliser le levier fiscal pour changer les comportements en matière de conduite. Ce faisant, cette boîte de cons-sultants, que d’aucuns estiment être un fer de lance du libéralisme, s’inscrit donc en plein dans le constructivisme ! Changer l’homme par la force de la loi : tel est l’objet de cette mesure. Y a-t-il atteinte plus grande à la liberté individuelle ? Ah oui, j’oubliais : on vit dans un monde d’égoïstes à cause du libéralisme (oh les méchants !) et affirmer la Liberté revient à ne pas prendre compte le sacro-saint principe de l’intérêt général, du bien commun… Foutaises ! L’intérêt général, le bien commun, sont des abstractions utilisées pour contrer le seul intérêt concret existant, à savoir l’intérêt de chaque être humain. Et la solidarité dans tout ça me rétorquerez-vous ? Je vous réponds : la seule façon d’être concrètement solidaire, est d’être responsable ! Être solidaire par procuration (via le truchement de l’intervention étatique au sens large) et avec l’argent des autres, ce n’est pas de la solidarité, mais de la spoliation légalement organisée ! En revanche, éviter d’être à charge des autres et aider son prochain sur base d’un consentement mutuel, voilà la vraie solidarité. Ce n’est donc pas parce que je suis contraint de rouler moins avec mon véhicule que je suis plus solidaire ! Cela est de l’escroquerie intellectuelle. C’est une mesure liberticide, rien de plus.

Stupide au niveau des objectifs. L’objectif affiché est de réduire les embouteillages et donc d’améliorer la mobilité aux heures de pointe. L’objectif non affiché, mais bien clair, est de réduire la pollution : sous-entendu le réchauffement climatique par la production de CO2 s’échappant des véhicules. Concernant ce dernier objectif, je ne peux que renvoyer le lecteur vers la multitude des articles existants et démontrant cette autre escroquerie intellectuelle qu’est le principe anthropique du réchauffement climatique1. Concentrons-nous plutôt sur l’objectif affiché. Selon M. Eric Cornelis, spécialiste de la mobilité à l’Université de Namur, si l’effet sur la mobilité est positif à court terme – « on peut espérer écrêter les points le matin ou le soir » – l’effet à long terme ne sera pas celui escompté, car « les gens assimileront la taxe au coût du transport »2, citant en exemple le péage urbain de Londres qui a été un succès à ses débuts, mais ne l’est plus du tout actuellement. En outre, la fluidification du trafic – bénéfique donc à court terme – va avoir pour effet de ramener à la voiture ceux qui auront fait le choix du transport en commun et n’en sont pas contents… ce qui va recomposer la congestion du trafic ! Enfin, la suppression de la taxe de mise en circulation préconisée par la FEBIAC va considérablement augmenter le… nombre de véhicules sur les routes, puisque cette taxe est le principal frein à l’acquisition d’un véhicule3. Cette mesure est donc aussi inefficace que malhonnête.

Stupide au niveau politique.  Si la politique a pour mission principale de maintenir la cohésion de la population dont elle a la charge, cette proposition est plutôt mal venue ! Jugez-en. Qui seront les grands perdants ? Les ruraux qui assurent le gros de la navette quotidienne vers Bruxelles. Si je prends mon cas, habitant à 120 kms de mon lieu de travail, cela signifie une base taxable annuelle de 57.600 kms (240 kms x 240 jours ouvrables), soit une taxe comprise entre 2.131 et 5.011 euros, soit beaucoup plus que ce que je paie actuellement ! Évidemment, je n’ai qu’à prendre les transports en commun. Ce que j’ai fait pendant de nombreuses années, mais devant les retards importants et répétitifs, les bus et les trains bondés aux heures de pointe et la durée du trajet (4h de porte à porte par jour), mon choix s’est vite porté à nouveau sur la voiture.  Donc, les ruraux qui sont les lésés de la politique ferroviaire et vicinale actuelle, seront amplement discriminés par cette nouvelle taxe. Bonjour la cohésion territoriale et sociale !

imgscan contrepoints 2013-2299 taxe automobileJe pourrais continuer ici la longue litanie des objections à la proposition de la FEBIAC. Alors que faire ? Car le problème de la congestion est bien réel. Mais ce problème, il réside dans le chef de l’État qui n’est donc pas – ici pas plus qu’ailleurs – la solution. Qu’est-ce qui provoque ces satanés bouchons qui justifient ainsi une plus grande emprise de l’État via le levier fiscal, comme proposé ? L’offre désastreuse de transports en commun qui oblige les gens à préférer leur voiture est une première explication, mais pas la seule. La rigidité du marché de l’emploi en est une autre.  Pourquoi obliger les gens à venir travailler à Bruxelles et dans sa périphérie, alors que les nouveaux moyens de travailler (New Way of Working, NWOW), comme le télétravail, le coworking et les vidéoconférences, permettent justement d’éviter ces déplacements fastidieux et inutiles ? Poser la question, c’est y répondre. Pourquoi les administrations – dont les agents constituent une bonne partie de la cohorte des navetteurs – ne permettent pas également de travailler de manière plus décentralisée que maintenant ? Pourquoi les investisseurs privés choisissent-ils la capitale et sa périphérie, alors que de nombreux espaces sont disponibles en Wallonie (problème d’image, d’attractivité, malgré les plans marshall & cie des constructivistes de gauche et de droite) ? Soyons flexibles. Permettons aux individus d’organiser leur travail comme bon leur semble, ce qui peut se faire facilement moyennant une délégation confiante des tâches et un contrôle intelligent basé sur le reporting. Mais, de grâce, arrêtons de solliciter l’État, alors même qu’il est cœur du problème !


Sur le web.

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  • Il me semble que la taxe au km parcourus existe déjà, dans les 80% de taxe sur le prix des carburants…

    Et cela ne correspond il pas à un paiement à l’acte, sur le cout de l’entretien des routes, sur le cout de la pollution à autrui…

    • « taxer l’automobiliste, non plus en raison de la possession d’un véhicule, mais au prorata du nombre de kilomètres parcourus. »

      Les fiscalistes, jamais à cours d’idée, 👿 ne rêvent-ils pas à l’instauration d’une sorte de « double peine » ?
      Celle qui consisterait à…

      Taxer l’automobiliste, en raison de la possession d’un véhicule, ET au prorata du nombre de kilomètres parcourus.

    • Exact. On retrouve ce principe bien connu en France de création de nouvelles taxes « indolores » quand les précédentes sont devenues insupportables. Ce principe politique est d’autant plus stupide que l’on créé au passage un nouveau système de collecte avec des frais de mise en place en plus qui n’existerait pas en cas d’augmentation des taxes existantes. Le système va toujours vers plus de complexité car la confusion résultante empêche les contribuables de voir les gaspillages et la bêtise des politiques.

      Les exemples à ce sujet sont légions en France …
      – La nouvelle éco-taxe sur les poids lourd complexe et coûteuse à récolter (portique, boîtes noires, …) alors que ceux-ci payent déjà des taxes spécifiques sur le gazole donc au km que le gouvernement a renoncé à aligner les taxes essence/gazole …
      – le CICE au lieu de baisser les charges, mais cela fait des prêts faciles et sans risques pour la BPI et la banques
      – les multiples taxes spécifiques sur certains produits alors que les différents taux de TVA font exactement la même chose. Le principal intérêt est souvent de pouvoir créer un organisme de collecte indépendant donc que cette taxe ne figure pas dans les prélèvements obligatoires en plus de créer quelque postes juteux pour les copains.

  • Les portiques de « l’écotaxe » sont fait pour ca.

  • C’est bien de vous fâcher, cher compatriote, mais râler, c’est un peu court !

    Vous êtes-vous demandé pourquoi NY ne connait presque pas d’embouteillages, malgré les deux millions de gens qui y viennent chaque jour ?

    Des trains qui arrivent à Central Station toutes les minutes ; des métros dont le temps d’attente n’excède pas deux minutes ; et des taxi par myriades, très bon marché, qu’on n’attend jamais. A titre indicatif, sur la 5ème avenue, j’ai compté 35 taxis pour 6 voitures !

    A partir de là, d’autres mesures font merveille :

    – aucun poids lourd ne peut approcher de la ville : ils déchargent dans des petite camionnettes, à des centres logistiques ad hoc hors ville.
    – les voitures privées ont des plaques différentes des véhicules « commerciaux » (taxes différentes aussi)
    A tous les coins de rue, il y a un parking de surface « commercial only » : autrement dit, la distribution est facile, rapide, et on ne voit jamais de véhicule en seconde file.
    Aux abords de la ville, les itinéraires directs et esthétiques sont « no commercial », les voitures commerciales étant envoyées par d’autres itinéraires. Cela désengorge remarquablement.

    Du coup, 90 % des N Yorkais n’ont pas de voiture, et sont ravis !
    En cas d’envie, ils en louent, en deux secondes et sans réservation ou tracasseries : vous jetez votre carte de crédit, et les clés vous reviennent de volée 🙂

    Chez nous, on assomme les taxis de taxes et de patentes ou de droit de stationnements, on réquisitionne les bandes de roulage pour quelques hurluberlus à vélo, on punit sans offrir d’alternative valable.

    Il est prévu que le trafic va augmenter de 20 % des 10 prochaines années !

  • Poursuivant à son terme la logique socialiste, pour supprimer 100% des bouchons, il suffit de supprimer 100% des automobiles ! Et si ça ne suffit pas, les constructivistes supprimeront les automobilistes, ces vils apostats qui méprisent la déesse Gaïa !

    A quand la grève générale des plaques d’immatriculation ?

    Si un automobiliste isolé occulte sa plaque, il aura quelques soucis avec la maréchaussée. Si 50% ou plus des automobilistes occultent leurs plaques, c’est la maréchaussée qui aura quelques soucis avec les automobilistes.

  • merci pour vos commentaires que je partage! bonne soirée, phb un merci spécial pour l’exemple NYorkais

  • De quelle ressource coûteuse parle-t-on ? Les ronds-points, ralentisseurs, bordures de trottoir agressives ? Les kilomètres entre lieux où l’on peut construire des logements et lieux où l’on peut construire des bureaux ?

  • il ne faut pas ce laisser entuber par cette taxe de merde
    il faut ce mobiliser faire des gréve des blocages retiré votre argent des comptes pour qu’il comprennent
    que c’est nous les maitre ; non a la taxe au killometre non non non jamais

  • on es deja trop taxer comme ça
    on veux nous enlever le droit de circuler et de vivre comme on veux

  • mobilisation contre cette taxe au killometre
    blocage gréve vider les compte bancaires si il le faut.
    y’en a marre de payer des gtaxe a chaque fois ; depuis qu’un socialiste es au pouvoir c’est la catastrophe Merci Elio di rupo d’avoir bien foutu la merde

  • Un possesseur d’une Rolls qui paie environ 5.000 E. de taxe de circulation par an, paiera s’il fait 10.000 kms par an environ 900 E. Quant à un possesseur d’une petite voiture qui paie environ 150 de taxe de circulation, il devra payer 6 fois plus dans le même exemple. Encore un projet en faveur des nantis et au détriment des pauvres.

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