CAC40 : La France cède ses fleurons

Le passage progressif sous contrôle étranger des fleurons français est la résultante de la politique socialiste de matraquage des investisseurs nationaux.

Par K.

Alors que la tonte des mouton-tribuables bat son plein en France, Les Échos sortent pour une fois des sentiers battus pour nous produire une petite enquête fort instructive sur l’évolution de la provenance des détenteurs d’actions du CAC40. Avant de plonger dans les données, rappelons rapidement le contexte fiscal auquel font face les inconscients ayant le malheur de vouloir faire fructifier leur épargne en achetant une petite tranche des moyens de production de ce pays (bouh, les vilains capitalistes !). On pourrait citer pêle-mêle : le projet de taxation rétroactive de 15,5% depuis 1997 sur les plus-values des PEA, Assurances vie & co. (si, si, vous avez bien lu), la taxation des plus-values pour les entrepreneurs, la réforme de la taxation des revenus du capital, etc. Bref, vous l’aurez compris, l’heure est au détroussage complet des malheureux qui ont eu ou auraient l’insolence d’investir dans d’autres choses que des tableaux.

Outre la destruction du tissu économique français, cette avalanche de taxes sur le capital se devait bien de créer quelques effets économiques cocasses que nos socialistes n’avaient pas imaginé un instant. C’est désormais chose faite comme nous le montre le graphique suivant :

CAC40

Comme nous le montrent les données, la part des fonds d’origine française au sein du CAC est passée de 33,7 % à 26 % entre Juin 2011 et Octobre 2013, soit une dégringolade de près de 8% en deux ans ! Similairement, parmi les 10 premiers fonds actionnaires du CAC40 on retrouve à peine un fonds français qui pointe péniblement à la 8ème position. Pour dire les choses clairement, les moyens de production avec le plus de valeur ajoutée de ce pays sont en train de changer de main à vitesse grand V du fait que les détenteurs d’actions français sont fiscalement incités à s’en débarrasser.

Par souci d’honnêteté intellectuelle, mentionnons qu’il existe aussi d’autres facteurs circonstanciels qui expliquent en partie ce phénomène (anticipation de l’entrée de Solvency II par les assureurs français et regain d’intérêt des investisseurs américains pour l’Europe). Néanmoins, il est absolument indéniable que le passage progressif sous contrôle étranger des fleurons français est la résultante de la politique socialiste de matraquage des investisseurs nationaux.

À l’heure où le gouvernement n’a que le concept du Made in France à la bouche et le protectionnisme comme unique horizon de sa politique économique, il est quand même assez comique de voir les résultats diamétralement opposés de ses mesures.

La suite des événements est bien sûr connue d’avance. Nul besoin d’être devin pour prévoir que l’internationalisation accélérée de l’actionnariat de nos grands groupes résultera en une internationalisation accrue de leurs conseils d’administration et in fine de leurs équipes de direction. Gageons que ces nouvelles équipes, n’ayant pas grandi en Socialie auront beaucoup moins de mal à couper les attaches économiques qui restent encore entre un pays morose, étouffant, anti-business, anti-mondialisation et ses multinationales. Le mouvement a déjà commencé depuis longtemps avec l’internationalisation des grands groupes pour qui la France ne représente plus qu’un marché parmi tant d’autres et se poursuit aujourd’hui avec le lent processus de déménagement des sièges sociaux, département par département, vers des cieux plus cléments. Je laisse au lecteur le soin d’imaginer la situation des finances publiques et du marché de l’emploi dans l’Hexagone si ce processus va à son terme.

Devant cette fâcheuse réalité, la classe politique française se réfugiera comme à son habitude dans le registre de la jérémiade anti-capitaliste primaire, ignorant superbement que cette attitude est la cause de nos maux. Devant une telle bêtise, terminons sur un peu de sagesse intemporelle :

Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes.
– Bossuet.