Les entreprises en France en 2013

Le nouvel ouvrage de la collection « Insee Références », Les entreprises en France, a pour vocation d’offrir la vue la plus complète du système productif français.

Entreprise FranceL’objectif est plus structurel que conjoncturel. S’appuyant sur des données individuelles d’entreprises, il permet d’éclairer le diagnostic macroéconomique grâce à l’examen des comportements microéconomiques. Il permet enfin de rendre compte de la diversité des entreprises qui constituent le tissu productif français.

L’internationalisation des entreprises et l’économie française

Vue de France, l’internationalisation des entreprises sous forme de firme multinationale présente deux dimensions : la présence sur le territoire d’entreprises contrôlées par des groupes étrangers et l’implantation à l’étranger de filiales sous contrôle français. Près d’un salarié sur deux des entreprise des secteurs principalement marchands hors agriculture (hors intérimaires) travaille en France dans une firme multinationale, soit 6,8 millions de salariés en 2010. Parmi eux, 1,8 million sont employés dans une entreprise sous contrôle étranger. En regard, hors agriculture, activités financières et d’assurance, les groupes internationalisés sous contrôle français emploient 4,6 millions de salariés à l’étranger, soit 53 % de leur effectif mondial. En France ou à l’étranger, les implantations hors de leur pays d’origine de ces multinationales sont très orientées vers l’industrie et prennent fréquemment, par pays, l’ampleur d’entreprises de taille intermédiaire (ETI). Le déploiement à l’étranger de groupes à contrôle français est avant tout le fait des plus grands : 135 groupes français de la catégorie « grande entreprise » hors secteur financier emploient à eux seuls 3,7 millions de salariés à l’étranger et y réalisent plus de la moitié de leur activité. Un tiers des ETI à contrôle français sont implantées à l’étranger. Ce n’est guère le fait des PME. Ces firmes multinationales réalisent plus de 80 % des exportations de la France (31 % venant de celles sous contrôle étranger).

La productivité dans le commerce : l’impact du renouvellement des entreprises, de l’innovation et de l’appartenance à un réseau

Avec 3,4 millions d’emplois en équivalent-temps plein, le commerce dans son ensemble (gros, détail et automobile, et hors artisanat commercial) concentre 20 % de l’emploi marchand non financier. Il représente aussi un cinquième des entreprises (sociétés et entrepreneurs individuels) non financières en nombre et un peu moins en valeur ajoutée. Entre 1997 et 2007, la productivité horaire du travail y a cru de 3% par an. D’où vient cette croissance de la productivité qui contribue pour les trois quarts à l’évolution de la valeur ajoutée du secteur ? L’analyse agrégée sur la décennie 1997-2007 fait ressortir l’effet structurel des entrées-sorties d’entreprises : près de la moitié des gains de productivité horaire (45 %) sont dus à l’arrivée de nouvelles entreprises qui remplacent les entreprises sortantes moins efficaces. Deux facteurs pourraient expliquer cette meilleure performance : l’innovation et l’organisation en réseau. L’innovation favorise la contribution des entrées nettes à la productivité globale. Avec les données disponibles, l’impact de l’appartenance à un réseau sur la productivité ne peut être appréhendé qu’en comparant la propriété d’un réseau intégré à toutes les autres formes d’organisation. L’effet apparaît alors très limité, mais ce résultat devra être réexaminé en utilisant des données plus complètes à partir des prochaines opérations statistiques.

Les professions libérales réglementées

Les professions libérales réglementées représentent en France en 2010 un peu plus de 110 000 entreprises et 250 000 salariés en équivalent-temps plein. Au sein de ces activités, l’effectif moyen est 5 fois plus important chez les experts-comptables que chez les architectes. Entre 1995 et 2010, les activités libérales réglementées sont nettement plus pérennes et leur activité est beaucoup plus régulière que les autres activités de service. Toutefois, la crise de 2009 a nettement impacté les professions liées à l’immobilier : le chiffre d’affaires des architectes et des notaires s’est contracté d’environ 9 % en volume en 2009 alors que celui des autres juristes et des autres activités règlementées a été nettement moins affecté. De profonds changements se sont opérés en 15 ans. Le nombre de cabinets de juristes a doublé, tandis que les experts-comptables, les architectes et les géomètres-experts libéraux sont moins nombreux et ont eu tendance à se regrouper au sein de sociétés. L’ouverture à l’international est encore limitée. Elle s’est développée chez les géomètres-experts, mais avec 7 % d’entreprises exportatrices, les experts-comptables restent la profession qui travaille le plus fréquemment pour une clientèle à l’étranger.

Les entreprises en 2011 : l’amélioration de l’activité n’a pas profité aux résultats financiers

En 2011, en France, tandis que le produit intérieur brut a crû de 2,0 %, la valeur ajoutée des entreprises non agricoles et non financières des secteurs principalement marchands a augmenté de 1,3 %, en termes déflatés de l’évolution du prix du PIB. Ces entreprises représentent 55 % du PIB, elles ont subi en 2011 une hausse des prix de leurs consommations intermédiaires qui a pesé sur la croissance de leur valeur ajoutée, notamment dans l’industrie. La demande des entreprises a soutenu l’activité, et le taux d’investissement a retrouvé son niveau d’avant crise. L’emploi salarié en équivalent-temps plein a progressé en moyenne annuelle en 2011, grâce à l’acquis de début d’année mais avec l’effet des hausses de salaires et de cotisation, l’excédent brut d’exploitation stagne, ce qui entraine une baisse du taux de marge. La rentabilité financière a marqué le pas. Avec des besoins de financement en hausse, l’endettement a progressé dans tous les secteurs. Parallèlement les délais de paiement se retrouvent orientés à la baisse.