Il est 17h, Paris s’éteint

Tout semble fait par les politiques et par les syndicats pour que la vie parisienne se meure le soir venu.

Un article du Parisien libéral.

Paris nuit

Nos bureaux sont ouverts de 9h à 17h, du lundi au vendredi : tel est le message de nivellement par le bas que les socialistes (de gauche comme de droite), au pouvoir à tous les étages en France, font passer. Et gare à ceux qui veulent sortir des clous !

Le Parisien du 11 octobre publiait un bon article titré « Paris, la Ville Lumière, s’éteint », en notant qu’entre la fermeture des magasins dès 21 heures, l’extinction des illuminations et la concurrence des autres capitales, Paris vit de moins en moins la nuit.

Et s’il ne s’agissait que de le nuit ! C’est plus large que cela. Il y a tant de décisions séparées qui vont dans le même sens : de la volonté de faire plier des salariés de Sephora à la lutte contre le développement des voitures de tourisme avec chauffeur, tout semble fait par les politiques et par les syndicats pour qu’effectivement, et à rebours de la réalité du monde aussi bien que des intérêts de Paris et des Parisiens, la marche des choses se plie à une seule idée : tout le monde sur une seule ligne !

OK, Paris n’est ni Londres, ni Berlin, ni Barcelone. Paris a son propre charme, et c’est heureux d’ailleurs que les touristes aient encore la gentillesse de venir nous aider à faire tourner le Louvre, Louis Vuitton ou Disneyland. Mais, même dans ce domaine qui constitue un point fort français, ne pourrait-on pas considérer que quitte à avoir des touristes et les désagréments qui vont éventuellement avec, on pourrait quand même en profiter pour les accueillir au mieux et donc espérer maximiser la recette par visiteur ?

Il y a un lien entre l’effondrement de la place financière de Paris, le plan social d’Air France et la cherté des prix de l’immobilier parisien : la méfiance envers la liberté des gens et le rejet des mécanismes de marché.

La France souffre d’un double problème : d’une part, la confusion entre État et Nation, qui aboutit à cette culture jacobine et irresponsable d’ultra étatisme généralisé, et d’autre part la prise en otage du pays par l’élite des baby boomers et leurs alliés.

En effet, y compris en tordant le bras à la réalité, les socialistes entretiennent l’illusion selon laquelle il existerait un léviathan bienveillant (que les puristes excusent cette antinomie) appelé État et qui, du haut de quelques ministères situés dans la capitale, seraient en mesure de savoir ce qui est bon pour tout le monde, et mieux que quiconque.

Il est urgent de cesser de croire que l’État (où plus exactement, le contribuable) doit payer/réguler/taxer/réglementer/subventionner/légiférer/organiser/punir chaque parcelle de notre vie. Nous pouvons, tous ensemble, refuser cette mainmise du public sur nos vies et faire émerger, spontanément, des solutions valables ici mais pas là-bas.

Si une salariée de Sephora – ne serait-ce qu’une seule – veut travailler entre 21h et minuit, qu’est-ce que cela peut faire à la CGT ? Si des Parisiens veulent faire des courses alimentaires le soir en sortant du travail, et que des supérettes sont justement ouvertes, pourquoi vouloir punir ?

Le pire étant qu’une fois que l’État, la loi et les syndicats auront tué une fois pour toute le dynamisme de l’économie parisienne et les velléités entrepreneuriales, ils se tourneront vers un alourdissement de la fiscalité pour compenser ! En effet, il faudra bien indemniser les chômeurs et trouver des sources de financement pour tous les services abusivement qualifiés de publics (crèches, etc.). À ce moment-là, la boucle sera bouclée, et le couvre-feu que les étatistes auront mis en place trouvera sa touche finale par la mise en place de miradors fiscaux.

Chouette perspective …

Sinon, en 2014, il y a des élections. À Paris notamment, il y a des gens comme Christian Saint-Étienne (le candidat de l’UDI) qui pensent que rien n’est écrit et qu’un sursaut entrepreneurial peut sauver Paris et le pays, à condition de la classe politique effectue sa propre révolution dans sa façon de gérer l’État.

Si jamais la classe politique choisissait de ne rien changer, les citoyens, eux, voteraient de toutes façons avec leurs pieds.


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