La France a trop de chômeurs, et trop d’emplois non pourvus

450.000 emplois ne sont pas pourvus en France. Et pourtant les chômeurs ne manquent pas. La formation est-elle seule en cause ?

450.000 emplois ne sont pas pourvus en France. Et pourtant les chômeurs ne manquent pas. La formation est-elle seule en cause ?

Un article de l’Aleps.

Près de 100.000 emplois dans l’hôtellerie et la restauration, 60.000 dans la construction, 40.000 dans l’informatique, près de 100.000 dans les industries métallurgiques et peut-être plus de 200.000 dans les services de santé. Il manque 10.000 boulangers et 4.000 bouchers. Pas de chaudronniers, ni de soudeurs, ni d’usineurs.

Ces chiffres sont des approximations. D’ailleurs le Conseil d’orientation pour l’emploi, qui vient de publier son rapport annuel, donne une fourchette très large, comprise entre 400.000 et 800.000 emplois « non pourvus » ; un concept lui-même imprécis parce que les seuls emplois dont on peut assurer que les employeurs y ont renoncé sont ceux pour lesquels l’offre a été retirée des listes de Pôle emploi. Ce qui est incontestable, c’est que le manque de candidats s’accentue d’année en année. 30% des recruteurs déclaraient en 2009 ne pas avoir de candidats qualifiés pour les emplois offerts, ils sont aujourd’hui 47%.

La première explication vient des lacunes du système de formation professionnelle. L’apprentissage et les écoles d’application font cruellement défaut en France alors que c’est une des bases des performances allemandes. Mais peut-on changer quelque chose à « l’école de la République ? ».

En fait, si l’offre de formation est insuffisante, en quantité et en qualité, la demande est également faible. Les jeunes répugnent à abandonner ou prolonger leur scolarité pour entrer dans un cycle de formation professionnelle. On peut craindre que les mesures envisagées par François Hollande soient considérées par les jeunes chômeurs comme des droits sociaux, acquis sans peine. Si beaucoup de jeunes sont angoissés par le premier emploi, d’autres prennent leur temps et ne recherchent que dans la branche où ils ont été (mal) formés. Peut-on leur en vouloir ? Ils sont à l’image de la nation française, qui a fait du travail une occupation mineure, un sentiment qui ne manque pas d’éclore dans un pays où l’assistanat est la meilleure façon de vivre, au moins un certain temps, et où un pouvoir d’achat est garanti, notamment avec un SMIC qui écarte du marché du travail ceux qui ne sont pas formés. En Allemagne, il n’y a pas de SMIC, et moins de jeunes au chômage car ils ont fait le choix d’un métier et ils en sont fiers. La France gaspille son capital humain.

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