Fleur Pellerin veut euthanasier le crowdfunding en France

En lançant une consultation ridicule alors qu’on ne lui avait rien demandé, Fleur Pellerin veut euthanasier le crowdfunding en France.

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Fleur Pellerin veut euthanasier le crowdfunding en France

Publié le 3 octobre 2013
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Tous les jours, nous frôlons la catastrophe. Et tous les jours, le gouvernement, par son action décisive et intelligente, nous en protège. Vraiment, que ferait-on sans lui ?

Alors que les Américains sont sur le point de, justement, répondre à cette question, en constatant, comme les Belges il y a quelques années avant eux, que sans gouvernement, finalement, ça se passe très bien, en France, nous, au moins, n’aurons pas besoin de nous la poser : nous avons un sacré nom d’une pipe de gouvernement qui bosse comme quatre. Et à en juger par le rythme de son travail, on devrait s’en réjouir.

Fleur PellerinPrenez Fleur Pellerin (délicatement, parce qu’on la devine frêle malgré ses airs de politicienne capable d’écraser des chiots avec son talon) : grâce à son ministère, elle est parvenue à montrer une aptitude assez stupéfiante à fourrer son museau dans une quantité invraisemblable de dossiers dans lesquels elle n’entendait à peu près rien, mais pour lesquels chaque intervention se sera soldée, outre un bon quart d’heure de rigolade pour le chroniqueur que je suis, par un échec cuisant, une idée idiote ou une taxation ridicule et contre-productive (au choix, panachage possible).

Comme actuellement, chaque ministre est frénétiquement en train de tout faire pour que les médias s’intéressent à lui, avec une réussite mitigée pour certains, il était inimaginable que le petit appendice ministériel déléguée aux PME, à l’Innovation et à l’Économie numérique ne fasse pas une action tonitruante pour que son nom apparaisse enfin dans l’alerte automatique Google qu’elle a certainement fait mettre par l’un des techniciens chevronnés qu’elle garde enfermé dans l’une des caves humides de son ministère.

Et c’est donc sur la finance alternative qu’elle a jeté son dévolu. En plus, ça tombe assez bien : cela faisait un moment que le lobbying des banques l’asticotait avec ce sujet, et que Bercy cherchait un moyen de calmer les ardeurs de certains sur le sujet.

Fleur PellerinJustement, pour le camper un peu, précisons de quoi nous parlons. La finance alternative dont il s’agit ici est celle appelée « crowdfunding » outre-Atlantique, ou finance participative de ce côté-ci. L’idée est fort simple : si vous avez une idée géniale et pas un rond pour en financer la production ou le développement, vous exposez votre projet, ses tenants et ses aboutissants sur internet, et vous offrez aux internautes la possibilité de vous financer ; en échange, ceux-ci reçoivent au choix un retour sur investissement, les produits qu’ils ont donc simplement « prépayés », des parts d’entreprises, etc… En fait, on peut imaginer n’importe quel type de motivation (son nom associé au projet ou même la seule joie d’avoir aidé une idée géniale à prendre vie). Des sites (comme KissKissBankBank ou KickStarter) se sont d’ailleurs rapidement montés sur le principe où une foule d’individus (crowd) va donc financer (fund) un projet ; du côté du site, une petite commission est prélevée pour les frais de fonctionnement, qui sont en pratique les frais inhérents à la mise en contact de ces centaines de milliers de créditeurs avec ces centaines d’inventeurs ou de créateurs.

Vous noterez que, jusqu’à présent, l’État ou plutôt les États, puisqu’on est sur internet, n’interviennent pas du tout, et cela, depuis plusieurs années. De la création est lancée, de la finance est engagée, des risques sont pris et l’État n’a pas mis son groin humide au milieu de ces interactions humaines ? C’est intolérable ! Comme absolument aucun des acteurs concernés (les créateurs d’un côté, les internautes de l’autre, et les sites de crowdfunding au milieu) n’avait besoin de rien et n’a rien demandé à personne, Fleur Pellerin a (plus que probablement) jugé indispensable de répondre aux pressantes demandes du cartel bancaire français pour saboter tout ça bien vite.

Et si je dis saboter, c’est parce qu’en lisant la consultation ouverte par l’Autorité des Marchés Financiers, on ne peut qu’arriver à cette conclusion. L’idée n’est absolument pas d’encadrer la finance participative, comme on serait tenté de le croire à la lecture des quelques articles qui en parlent. Ou alors, si on parle d’encadrement, ce sera celui qu’on utilise pour les planches entomologiques sur lesquelles sont punaisés de jolis papillons. L’idée est bel et bien de réduire cette finance particulière à son expression la plus triviale : le crowdfunding en France sera donc cette action qui consistera, pour un nombre limité pardon encadré de personnes (jusqu’à 1200 maximum) à financer un projet en lui accordant une somme limitée pardon encadrée (jusqu’à 250 euros maximum) (*).

fleur pellerin n'aime pas la finance parallèle

Bien sûr, nous précise la ministre et l’AMF, tous ces seuils sont appelés à évoluer. Mais ils les ont fixé bien bas et bien ridicules pour éviter que tout ceci ne débouche bêtement sur un truc qui pourrait fonctionner. On ne sait jamais : on commence comme ça, et en moins de deux, on se retrouve avec une Silicon Valley à la française, de la croissance et moins de chômage. Allons. Du calme. Pas de ça chez nous.

Et au-delà de ces seuils ridicules finement calculés, la lecture même rapide de la proposition de régulation ne laisse aucun doute : il s’agit de bien vite museler toute tentative de faire éclore un système de financement parallèle en dehors du giron rassurant des banques, que l’État s’est largement approprié à coup de lois et de normes (le code bancaire français est un régal à ce sujet).

Comme d’habitude, on retrouve les excuses habituelles pour justifier la distribution de coups de tonfas normatifs et de matraques télescopiques législatives. Comme il était difficile de dire ouvertement qu’avec cette consultation, on ouvrait un débat afin de lutter contre le terrorisme (excuse bidon n°1 de tous les interventionnismes récents), on se sera rabattu sur la sécurisation du pauvre public, habituellement trop niais pour distinguer les idées légitimes des petits marioles qui tentent de détourner du pognon facilement en lançant une industrie massive de tire-bouchons en plastique rose.

Bref : par un déversement d’articles aux alinéas palpitants, le projet propose d’obliger les organismes de financement participatif à se déclarer et s’immatriculer, obligatoirement en France (hein, pas de blague dans les Caïmans, on t’a vu venir, petit aigrefin, oh, hé !), et surtout entend règlementer absolument tous les petits aspects, des plus évidents aux plus pointus, qui pourraient échapper aux acteurs actuellement sur le marché, qui sont manifestement trop cons pour y avoir pensé dans leurs contrats passés de gré à gré.

Rappelons-le ici : mise à part quelques benêts qui avaient probablement émis de vagues remarques sur le mode « Oui mais si untel se tire avec le pognon de Tante Ginette qui n’est pas trop maline et s’y connaît mal sur les interwebs ? », il n’y avait guère de demande, ni de la part des créateurs, ni de la part des investisseurs, ni de la part des sites de crowdfunding pour ce genre d’usine à gaz législative encombrante.

Mais non, rien ne les arrête : comme c’était libre, entre adultes consentants, il FALLAIT absolument légiférer !

Le plus drôle est qu’en parallèle à cette volonté d’airain d’encadrer rigoureusement la façon dont les Français entendent dépenser leur pognon dans des initiatives créatrices de leur choix, l’Etat s’est attelé, depuis des décennies, à ne surtout pas encadrer même de loin la façon dont, lui, dépense le pognon des Français dans des idées aussi idiotes que délétères.

Eh oui, m’ame Pellerin, elle est où, la consultation qui permettra aux Français de hurler « Non, Je Ne Veux Pas De Ça Avec Mon Pognon ! » à la dernière lubie gouvernementale, la «garantie-jeune», qui consiste à arroser d’une finance über-participative les jeunes de 18 à 25 ans (pour leurs projets de trafic d’armes et de drogue) ? Il est où, l’encadrement qui accompagnera nécessairement cette nouvelle allocation mensuelle d’un montant égal au RSA socle (soit 434 euros) et destinée à ces jeunes qui n’avaient pas, jusqu’à présent, accès au RSA ?

distributeur à primesParce que voyez-vous, m’ame Pellerin, à ce rythme, l’État, qui ressemblait déjà à un gros distributeur à primes et subventions, va devoir trouver un encore plus gros paquet de milliards d’euros dont il n’a pas le début de l’ombre pour parvenir à arroser cette population dont la dernière des envies est de tomber dans l’assistanat le plus tôt possible. (Encore que…)

Eh oui, m’ame Pellerin : votre idée, déjà parfaitement insupportable en ce qu’elle se mêle d’un truc qui fonctionnait très bien sans vous avant, est en plus en parfaite opposition avec ce que le reste du gouvernement fait dans votre dos. Vous ne pouvez pas demander une régulation ou un encadrement d’une forme de financement si, de l’autre côté, la coterie de clowns qui vous sert de camarades ouvre en grand les vannes d’une autre forme de financement.

C’est du n’importe quoi parfaitement, chimiquement, pur. Et ce n’importe quoi permet d’affirmer, haut et clair, que ce pays est foutu.
—-
(*) Addendum suite à une remarque justifiée de lecteur : En fait, l’Art. D. 511-1A précise 300.000€ de plafond pour les prêts et 250€ par personne maximum – Ca ne change pas fondamentalement le billet (qui ne porte pas tant sur les montants des limitations que sur l’existence de ces limitations en premier lieu).
—-
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  • Beaucoup d’agitation pour pas grand chose…

    Sur le fond, le crowdfunding n’a pas vocation a dépasser le seuil des 300k€… et mieux vaut limiter ce capital risque à 250€/projet que le particulier peut multiplier si cela l’enchante. On peut toujours discuter des seuils… et s’interroger sur le rôle de l’état d’intervenir dans l’utilisation de son argent.( pas d’un état dirigiste comme l’état UMPS)

    Sur la forme… c’est la volonté continuelle des gouvernements UMP et PS de brider toute innovation, tout liberté d’entreprendre…
    – il suffit de rendre facultatif l’adhésion aux chambres consulaires ou aux conseils de l’ordre.
    – il suffit de rendre déclaratif toute création d’entreprise, comme on veut, ou on veut et sur le créneau que l’on veut, …sans autre contrainte que la santé et sécurité des personnels, des clients et des riverains
    – il suffit de réduire au minimum les délais de paiement qui asphyxient les petites entreprises.. ( chiche 10j comme en Allemagne)

    Et comme les premiers fossoyeurs des entreprises sont les banques… développer le crowdfunding est une priorité…

    • D’accord sur l’argument du risque individuel: il est sage de ne pas s’engager pour plus que quelques centaines d’euros (ce que les meilleurs connaisseurs du risque tels que Taleb ou Gave).
      Mais ce n’est pas à l’État d’édicter cet énième principe de précaution élémentaire, surtout qu’il ne se sent pas gêné aux entournures quand ça lui rapporte gros: exemple la FDJ.

    • Cap2006: « et mieux vaut limiter ce capital risque à 250€/projet »

      Comme cela le smicard peut risquer son salaire à hauteur de 25% de et le type vraiment aisé lui n’a droit qu’a 0.01%.

      Gestion fine du risque ! Explosion du tibia.

      Cap2006: « Et comme les premiers fossoyeurs des entreprises sont les banques »

      Et pas les 65% d’impôts ?
      J’ai une idée, on fait un marathon: moi en T-Shirt et toi avec 65% de ton poids en plus dans un sac à dos.

      Double explosion du tibia !

    •  » On peut toujours discuter des seuils » : c’est hors de question ! Le principe même des seuils est indiscutablement mauvais. Mais de quoi ces cuistres se mêlent-ils ?

      • De quoi ils se mêlent ? Mais de choisir à notre place ce qu’on fait de notre argent, puisqu’ils considèrent qu’eux seuls sont capables de nous éviter de le mettre là où ça ne sert pas assez leurs intérêts — et sur ce point, je crains qu’ils n’aient raison.

        De toute façon, je serais très étonné que le crowdfunding ne soit pas réservé aux oeuvres culturelles et sociales, à la rigueur aux entreprises agréées à condition d’être déficitaires, dans un bassin sinistré, qu’elles embauchent au moins trois personnes sur 3 ans et que les fonds soient affectés en priorité au paiement des taxes et charges.

  • Affligeant!
    Plus ces prédateurs sévissent, moins ils cachent leur rage: il faut détruire la France, puisqu’on est incapable de continuer à la dépouiller de ses richesses et que le monde nous tourne le dos. Mais non sans avoir pressuré le citron jusqu’à la dernière goutte, sans avoir laissé une terre dévastée derrière soi: la « napalm-politique », c’est maintenant.

    • Ca n’est pas ça qui est affligeant, ce qui me fait pleurer, c’est le soutien, même minoritaire mais significatif, dont bénéficient ces gens. Les électeurs devraient attendre leurs députés à la gare ou à l’aéroport avec tomates et oeufs pourris à chaque fois qu’ils rentrent dans leur circonscription. Les ministres et le président ne devraient pas pouvoir serrer une seule main ni trouver un seul interlocuteur quand ils vont en visite, etc.

      • Je propose de lever le budget de l’Etat en crowdfunding

        • Très bonne idée Tristan !

          @h16
          « L’idée est bel et bien de réduire cette finance particulière à son expression la plus triviale : le crowdfunding en France sera donc cette action qui consistera, pour un nombre limité pardon encadré de personnes (jusqu’à 1200 maximum) à financer un projet en lui accordant une somme limitée pardon encadrée (jusqu’à 250 euros maximum). »
          Il me semble qu’il s’agit d’une limitation uniquement sur les prêts et non sur les autres types de crowdfunding. Ainsi aucun problème pour l’exemple de Star Citizen de lolo puisqu’il s’agit de dons et de préventes (mais non d’un prêt).

          • C’est plus compliqué puisqu’il y a toute une partie prudentielle pas piquée des hannetons. En gros, ma question est :

            « Pourquoi se mêler d’un truc qui n’a pas besoin d’état ? »

            Pourquoi ? La raison est simple : il y a des montagnes de lobbyisme derrière. Bancaire, financier, etc… Mais l’intérêt du consommateur ou des investisseurs, tout le monde s’en carre dans cette histoire.

      • Bien évidemment: les « ils » dont je parle ce sont les collectivistes et leurs affidés fonctionnarisés, syndiqués et autres associés nuisibles.

  • C’est n’importe quoi, je suis énervé par cette succession d’annonces débiles 🙂

    Limiter le montant et/ou le nombre de participant est DEBILE (en gras, majuscule, police 72, rouge).

    Aller voir ce qu’il se passe (ailleurs) dans les jeux vidéos (steam greenlight au hasard), ou aussi « Star Citizen set a world record for a crowd funded video game, raising a grand total of $20,051,051( as of 9/26/2013) through both the RSI website (to the tune of $17,916,677) and Kickstarter (for an additional $2,134,374). »

    Pendant ce temps en cette basse France, on veux mettre des taxes (pour les éditeurs de jeux qui agonisent sous les taxes), les stock-options vont être taxés à l’émission…. bref…

    Nous sommes dirigés par des guignols incompétents, archaïques , ignare, bêtes et la botte du premier lobbying de base.

    Je ne suis plus Français, ce pays n’est plus le mien, je suis un étranger dans cette nouvelle ex-URSS.

    Je ne bosse actuellement que pour une seule chose : PARTIR dans les 2 ans.

    Je vole la citation : Ce pays est FOUTU.

  • elle va attaquer le fils de guigou qui a monte un site

  • quelqu un a dit qu elle « etait ne en coree du nord »
    c est un ministre americain en la voyant travailler
    lisez la suisse

    • Qu’elle soit née en Corée du Nord, du Sud ou de l’Antarctique, les trottoirs de Manille, de Paris ou d’Alger, ce n’est ni sa faute ni un problème. Par contre, quand on voit les dégâts qu’elle et son compatriote Vincent Placé sont prêts à infliger à nous autochtones de France, je me dis qu’on devrait interdire aux gauchistes l’adoption de gosses aux QI élevés.

      Faudrait du coup une loi…

  • Il faut qu’ils se mêlent de tout, tout le temps.
    En dehors de l’obsession fiscale, ils ont l’obsession d’ « encadrer », comme vous le faites remarquer. Désormais, dès que j’entends le mot « encadrer », j’ai une alerte rouge qui hurle dans mon cerveau : que vont-ils bien trouver pour nous faire chier et nous taxer ?

    « Ce pays est foutu » est votre devise, « Tout cela finira mal » est
    la mienne .

  • Vous n’avez pas compris que vous êtes trop con pour savoir que faire de votre argent (enfin, ce qu’il en reste).
    Le grand timonier et ses sous fifres sont là pour vous protéger, vous éviter les bévues que votre petit esprit maladif vous inspirerait.
    Le cerveau du grand timonier pense pour vous, vous indique la route à suivre, les pensées à avoir, votre menu du soir, quand honorer madame….
    Soyez heureux, plus de soucis, ayez autant de responsabilité qu’une plante verte, ayez autant d’initiative qu’un caniche vieillissant. Pensez à ceux qui placent leur argent et qui stressent. Le grand timonier vous évite cela. Gloire à lui.
    Puis, merde, silence dans les rangs, finie la récré. Obligation de regardez les infos puis téléfilm abêtissant.

  • Le protectionnisme…. Si il avait eu cours lors de la découverte de la maîtrise du feu, nous en serions encore à greloter dans nos grottes. Cocasse.
    Protéger le moyen du meilleur, c »est toujours empêcher le meilleur pour l’ensemble des individus.
    Élémentaire mon cher Watson… Élémentaire…

  • Ce soir je dis: Moët et Chandon…..et je pisse sur ces gros cons de ministres !

  • H16 c’est un ballon d’oxygène au milieu de la connerie ambiante!

  • Trouvé chez Le petit conservateur palaisien (http://koltchak91120.wordpress.com/). Rien à ajouter:

    « Le socialisme, c’est une attaque tantôt directe, tantôt indirecte mais toujours continue aux principes mêmes de la propriété individuelle ; c’est une défiance profonde de la liberté, de la raison humaine ; c’est un profond mépris pour l’individu pris en lui-même, à l’état d’homme ; ce qui caractérise [les systèmes qui portent le nom de socialisme], c’est une tentative continue, variée, incessant…e, pour mutiler, pour écourter, pour gêner la liberté humaine de toutes les manières ; c’est l’idée que l’État ne doit pas seulement être le directeur de la société, mais doit être, pour ainsi dire, le maître de chaque homme – que dis-je ! son maître, son précepteur, son pédagogue ; que de peur de le laisser faillir, il doit se placer sans cesse à côté de lui, au-dessus de lui, autour de lui, pour le guider, le garantir, le retenir, le maintenir ; en un mot, c’est la confiscation de la liberté humaine. À ce point que si en définitive j’avais à trouver une formule générale pour exprimer ce que m’apparaît être le socialisme dans son ensemble, je dirais que c’est une nouvelle formule de la servitude… »

    Alexis de Tocqueville

    • Un sage homme celui là !
      « liberté humaine », je dirais destruction de l’humain tout court car si on lui enlève tout ce qui le compose, il ne reste rien. Sauf un zombie cracheur d’impôts.

  • Ou comment fonctionne un état collectiviste.

  • Je vais faire un crowdfunding pour que je puisse me barrer de la République Populaire de France.

    Ou alors, pour acheter les machines de M. Guillotin ça dépend.

  • Dans le domaine financier, il est préférable d’opérer avec un cadre juridique sécurisé, dans le cas contraire, on s’expose à la « créativité » du régulateur maniant avec dextérité la « requalification ». C’est aussi une sécurité pour les clients et, quoique l’on en dise, ils y sont sensibles.
    La démarche du gouvernement est donc plutôt positive et elle répond à la demande des acteurs du secteur. On peut discuter longtemps des seuils mais cela marche comme ça dans tous les pays y compris aux USA et au Canada qui ont récemment pris des lois sur le sujet (aux USA, les 2 principales plateformes Lending Club et Prosper avaient du fermer temporairement à la demande de la SEC).
    Le seuil de 300K€ pour le prêt est clairement une pierre dans le jardin des banques et il n’y a pas de limite pour un prêteur (il peut prêter autant de fois 250€ à un projet qu’il veut).
    Toute avancée est bonne à prendre et l’utilisation d’une consultation publique est aussi une avancée en France (c’est la 1er fois à ma connaissance que cela se fait – alors que la SEC aux US le fait couramment)
    Plus de détails, les seuils étrangers, les montants des différents services et une discussion sur les seuils :
    http://nicolasguillaume.fr/annonces-par-fleur-pellerin-et-consultation-publique-sur-le-nouveau-cadre-juridique-du-financement-participatif/

    • Non.
      « Dans le domaine financier, il est préférable d’opérer avec un cadre juridique sécurisé »
      Dans tout domaine, il y a deux types de lois : les créations bottom-up, et les top-down. Les premières, qui firent internet et sont visible dans la société depuis des millénaires, ont prouvé par leur usage leur utilité. Les secondes, descendant des autorités (éventuellement via lobbying) prouvent systématiquement leur nocivité (corporatisme, régulation orientée, etc…). Le « cadre juridique sécurisé », on connaît la musique, c’est ce qui a donné la distribution de prêts comme des petits pains par Freddie & Fannie, avec les résultats qu’on connaît. C’est qui donne les PTZ par exemple dans l’immo français (et les prix stratosphériques). C’est Bâle, I, II, et III avec tous les contournements possibles et imaginables des banques qui doivent déployer des trésors d’inventivité pour ramasser du cash, avec les dérives énormes qu’on constate tous les jours.

      « La démarche du gouvernement est donc plutôt positive et elle répond à la demande des acteurs du secteur. « 
      Non, là encore, c’est de l’enfumage.
      C’est une démarche orientée, qui est positive pour certains acteurs bien précis du secteur, mais qui est franchement négative ou contre-productive pour d’autres. Pire, c’est une démarche qui s’inscrit APRES que tout existe déjà et fonctionne déjà, montrant qu’elle n’est EN RIEN nécessaire.

      If it ain’t broken, don’t fix it. Et le crowdfunding, actuellement, là, ici, maintenant, sans ces régulations, ça marche déjà. Pourquoi changer ?
      Parce que certains (vous apparemment) y trouvez un intérêt. Comme le gouvernement y est mêlé, je suis à 100% sûr que ce n’est plus équitable.

      Et le fait que la BPI (bisous Ségolène) soit impliquée dans l’affaire en dit long, très long, très très long sur ce qui remue les politiques ici.

      • « If it ain’t broken, don’t fix it. Et le crowdfunding, actuellement, là, ici, maintenant, sans ces régulations, ça marche déjà. Pourquoi changer ? »
        ça marche uniquement pour ceux qui font du don ou du pre-achat à la Kickstarter ou du non lucratif à la Kiva . ça ne marche pas pour ceux qui font du financement en capital ou en prêt qui sont entravé par tout en ensemble de problème avec la réglementation existante. Et cela est le cas, avec plus ou moins d’intensité, dans tous les pays du monde (avec plus d’intensité en France c’est sur). Aux USA et aux UK (et c’est pareil en France), l’évolution de la réglementation est supporté par les acteurs du secteur. Actuellement, il n’y a pas de plateforme de financement en capital au US qui se développe tant que le Crowdfunding Act n’est pas entré en application.

        • Je viens de fonder un site de crowdfunding en capital (lancé il y a 2 semaines: http://www.wedogood.co) et je confirme que nous les acteurs nous n’avions rien demandé sinon la suppression des barrieres dont vous parlez et pas l’ajout de nouvelles!
          Nous avons trouvé des possibilités de developper le crowdfunding en capital en l’état actuel des lois et je connais un autre projet qui a trouver un montage legal pour le developpement des prets aux entreprises. Le crowdfunding marche autant qu’il peut dans le dedale des lois actuelles, je ne vois pas bien en quoi cela va aider les entreprises, les plateformes et les particuliers de fixer ces seuils idiots.
          Pour ce qui est des abus et des fraudes pour le moment tres peu sont constatés car les sites font tres attention leur principal actif etant leur notoriété/reputation.
          Le vrai abus c’est la possibilité d’une bulle, mais soyons raisonnable, le crowdfunding (toute forme confondue) c’est 60 M d’euros levés en 2012, soit tres peu de chose a l’echelle de l’economie francaise, et il s’agissait de detourner l’epargne des francais:
          -des assurances vie
          -de l’immobilier
          -des liverts A

          C’est a dire des secteur tous sur gonflés par l’intervention publique (defisc & co).

          • J’ai aussi l’expérience du lancement d’une plateforme de crowdfunding et mon retour d’expérience est différent du votre.
            Je ne crois au fameux « montage légal » qui permet de contourner la loi (surtout qu’il n’est jamais décrit)
            je crois que vous ne comprenez pas la notion de seuils :
            – pour le capital le seuil existe déja depuis très longtemps à 100K€ et il serait modifié à 300K€ (voire plus si on se fait entendre)
            – pour le prêt c’est interdit aujourd’hui et il serait permis jusqu’à 300K€
            Moi j’appelle cela une avancée !

      • Tous les anarcho-libéralistes de votre espèce aiment par-dessus tout briller en société, fustiger l’autorité, et faire la morale. Doit-on s’en remettre à votre morale ? A votre autorité ? A votre belle parlance ?

        A vouloir empêcher de penser en rond, vous utilisez les méthodes de ceux qui empêchent de penser tout court. Votre public est déjà acquis, le convaincre est une ambition puérile.

        Arrêtez de vous élucubrer le nombril en étalant votre ennui et vos fausses certitudes, occupez-vous de vous – ce qu’un bon anarcho-libéral conséquent devrait se contenter de faire.

        La plupart des acteurs du crowdfunding soutiennent la démarche du gouvernement, même si nombre d’entre eux ne sont pas d’accord avec les règles que celui-ci propose. Ca devrait vous mettre la puce à l’oreille pour comprendre que (1) non, le gouvernement n’est pas en train de vouloir réparer ce qui marche et (2) non, le gouvernement n’est pas à la solde unique des banques.

        • « Arrêtez de vous élucubrer le nombril en étalant votre ennui et vos fausses certitudes, occupez-vous de vous – ce qu’un bon anarcho-libéral conséquent devrait se contenter de faire. »

          Qu’on me pende si je mens en affirmant que les gens de votre « espèce » interdisent ce que vous préconisez. L’hypocrisie de votre réponse touche le fond du gouffre des hypocrisies et n’a d’égale virulence que votre abîme d’incohérence.

          Lorsque la bête (non-violente) est traquée jusque dans son terrier, attendez-vous à ce qu’elle morde.

  • Et pendant ce temps là, Mme Royal ne sera pas inquiétée alors qu’elle a volé 7,8 millions d’€ aux contribuables de sa région pour une opération bassement clientéliste qui a bien évidemment foiré.

  • Merci le lobby des banques qui ne financent pa

  • Merci le lobby des banques qui ne financent pas ou peu les TPE et PME !! Ah non j’oubliais les lobby n’existent pas en France…

  • Moi c’est la bêtise des gens transformée en pseudo réflexion qui m’afflige.

    Au chroniqueur et tous ses lecteurs qui applaudissent juste une petite remarque: rien ne vous empêche, en droit, de vous grouper avec vos potes pour financer un projet, une boîte, une assoce, etc.

    Ce qui pose problème, ici, c’est l’appel public à l’épargne et en cette matière il ne semble pas absolument déraisonnable de poser des règles de nature à protéger les investisseurs.

    Bcp de bruit pour pas grand chose donc.

  • Les commentaires sont fermés.

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Maintenant, vous pouvez avoir un emploi, mais ne pas en avoir, ne pas travailler, sans être au chômage et êtr... Poursuivre la lecture

Par Daniel Pigeon-Angelini.

Depuis 40 ans, les politiques publiques de l’emploi tentent en vain de lutter contre le chômage en essayant d’agir sur le nombre d’emplois. C’est oublier que le vrai drame du chômage c’est sa durée. Un demandeur d’emploi le reste en moyenne 390 jours ! Chaque semaine gagnée sur cette moyenne est une victoire contre la précarité… et un gain de plus d’un milliard d’euros pour la collectivité. Et si le (ou la) futur président libérait l’accompagnement des chômeurs ?

« Contre le chômage, on a tout essayé ... Poursuivre la lecture

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