Un gouvernement de « malgré nous »

Le gouvernement justifie son (in)action par l’urgence. En France, nécessité fait loi, et la loi fait mal.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
imgscan contrepoints 2013-2215 ayrault crise

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Un gouvernement de « malgré nous »

Publié le 2 octobre 2013
- A +

À force de justifier leur action par l’urgence et la nécessité, les ministres vont finir par être considérés comme des « malgré nous » enrôlés de force pour un monde plus lourdement taxé. En France, nécessité fait loi, et la loi fait mal.

Par Baptiste Créteur.

Les socialistes ne sont pas connus pour leur réalisme. Ces derniers temps, les plus déterminés d’entre eux, c’est-à-dire les socialistes français, semblent toutefois étrangement proches du monde réel.

Jean-Marc Ayrault a été obligé d’augmenter les impôts, et il assume.

« C’est maintenant que tout ce joue [sic], ce n’est pas le moment de faiblir », a lancé ce mardi Jean-Marc Ayrault aux parlementaires socialistes réunis à Bordeaux. « Il faut tenir bon. Ne pas nous laisser intimider. Les choses sont en train de bouger ». «  Les Français attendent, parfois avec impatience, ils comptent sur notre détermination à les défendre, à les faire sortir de l’ornière où la France s’était embourbée », a souligné le Premier ministre.

Jean-Marc Ayrault a dit « assumer d’avoir été obligé d’augmenter les impôts ». « N’allons pas sur le terrain de la droite et de l’extrême droite », a-t-il lancé aux députés, sénateurs et eurodéputés socialistes. «  La question, c’est à quoi sert l’impôt. Est-ce qu’il est juste ? Nous revendiquons que l’impôt c’est pour financer des priorités : l’éducation, la recherche, l’emploi, le logement, les investissements d’avenir, la sécurité », a-t-il détaillé.

D’un côté, des Français qui grognent, de plus en plus fort, face à des impôts sans cesse croissants qui n’améliorent en rien leur sort, demandant au gouvernement une trêve à laquelle il consent — enfin, pas tout de suite. De l’autre, un gouvernement qui ne compte pas renoncer à ses priorités, qui incluent à peu près tout ce qui passe par la tête des ministres. Et pour qui l’impôt est par nature juste et bon, puisqu’il permettra de sortir la France de l’ornière.

Problème : si la France est dans l’ornière, c’est justement parce que les impôts y sont trop élevés et l’État incapable de remplir son rôle. L’éducation, à part la morale républicaine qui éduque les hommes politiques, syndicalistes et autres parasites que compte ce pays, n’est pas vraiment à la fête. La recherche est principalement la recherche d’un emploi pour de nombreux Français, qui attendent avec impatience l’inversion de la courbe du chômage qui est, elle aussi, retardée. Les investissements d’avenir sont une vaste blague, de la Silicon Valley à la française aux emplois d’avenir. Pour le logement, pas besoin d’impôts ; il suffit de laisser faire Duflot à la ramasse à la masse. Et la sécurité, n’en parlons pas ; entre bijoutiers de combat et antifascistes, les rues de France sont des coupe-gorges.

Mais le Premier Ministre a, évidemment, de quoi clouer le bec à tous les malades atteints de ras-le-bol fiscal :

Il n’y a pas de justice sans redistribution.

C’est dit, c’est fait. D’ailleurs, il assume la cohérence de l’action gouvernementale :

Le chef du gouvernement a aussi assuré : « Notre politique ne se divise pas, elle est toute entière au service des Français et du progrès ». « Il n’y a pas deux politiques au gouvernement, un zeste de politique de gauche et le reste qui serait une politique classique et libérale, mais de la cohérence », selon lui. «Une cohérence pour le redressement de la France !».

Qu’il n’y ait pas de politique libérale en France est une grande nouvelle ; les rédactions des principaux journaux se frottent la tête, se demandant déjà s’il ne faut pas censurer les déclarations du ministre pour pouvoir continuer à accuser le libéralisme plus tard quand sa politique cohérente n’aura pas fonctionné.

Oui c’est vrai c’est difficile, mais ça ne signifie pas impossible. Menons notre combat contre la fatalité.

Tiens donc. Une fois, on assume les augmentations d’impôt parce qu’elles sont inéluctables. Une autre, on mène un combat contre la fatalité. La cohérence du discours, tout comme celle de la politique, échappera sans doute à plus d’un ; mais difficile n’est pas impossible, et un tel élan de courage est toujours une belle façon de terminer un discours. Ne serait-ce pas aussi une belle façon de terminer une politique ?

Voir le commentaire (1)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (1)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Avec le pouvoir d’achat, l’écologie et l’immigration, un autre clivage entre les candidats aura été la mondialisation. Marine Le Pen a plaidé le souverainisme français, Emmanuel Macron le souverainisme européen. Mais les réalités de la mondialisation ne se limitent pas au choix du souverainisme. Elles sont en apparence très complexes, et je crois nécessaire de mettre de l’ordre dans les concepts et dans les faits.

Deux types de mondialisation

Je soutiens qu’il existe deux types de mondialisation : une mondialisation politique et une mo... Poursuivre la lecture

À l’instar d’Éric Zemmour, Marine Le Pen s’est rapprochée du Premier ministre hongrois ces dernières années. Et tout particulièrement depuis le départ d’Orban du Parti populaire européen, dominé par la droite allemande.

Au-delà des questions européennes, Le Pen semble s’inspirer des positions du gouvernement hongrois en matière fiscale. Comme un certain nombre de pays d’Europe centrale, la Hongrie a cherché à attirer des entreprises avec une fiscalité particulière. Mais jusqu’à quel point Marine Le Pen s’en inspire ?

 

... Poursuivre la lecture
0
Sauvegarder cet article

Par Géraud Lebas[1. De formation initiale en gestion, Géraud Lebas possède une décennie d'expériences en tant que comptable et acheteur. Attiré par l'énergie et l'industrie, il s'est depuis reconverti en électrotechnique dans le secteur aéronautique.].

Où part le salaire des employés français ? La question, légitime, du salaire complet, refait surface en ce début d'année avec le prélèvement à la source.

Il est intéressant de se placer du point de vue de l'employeur. Celui qui, à la base, paie tout. Car distinguer, pour la forme,... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles