La Fédération de l’Amas

Amas

La Fédération de l’Amas est un space opera qui donne à réfléchir sur le rôle des politiciens dans les crises actuelles.

La Fédération de l’Amas est un space opera qui donne à réfléchir sur le rôle des politiciens dans les crises actuelles.

Par Vladimir Vodarevski.

La Fédération de l’Amas est un livre de P.J. Hérault, un des rois du space opera. Cet ouvrage est publié par les éditions Rivières Blanche, dont le nom est un clin d’œil à la collection Anticipation des éditions Fleuve Noir. P.J. Hérault était un des auteurs de cette collection d’ailleurs, et je garde précieusement la série des Gurvan, qu’il a écrite.

La Fédération de l’Amas débute au sortir d’une guerre d’onze ans entre deux fédérations galactiques, Altaïr et Procyon. Trois anciens soldats, deux hommes d’Altaïr, une femme de Procyon, sont réunis, et découvrent une nouvelle constellation, aux confins de l’univers, dont des planètes habitables. Leur périple prend deux ans et demi. Quand ils reviennent dans l’univers habité, une désagréable surprise les attend : les anciens combattants sont accusés d’avoir fait durer la guerre, et ainsi fait endurer des privations aux civils !

En effet, la paix, et l’alliance entre les deux anciens ennemis, qui ont décidé de faire du commerce plutôt que la guerre, a entraîné une ère de prospérité. Ce qui entraîna un ressentiment contre cette guerre. Les politiciens ont aussi dû expliquer pourquoi cette guerre avait eu lieu, et avait duré si longtemps, alors qu’il était évident que la paix et le commerce étaient mieux pour tous.

Alors, des boucs émissaires ont été désignés : les anciens combattants. Ainsi, ceux qui ont le plus souffert de la guerre, se trouvent accusés de l’avoir fait durer, et sont désormais persécutés par les civils.

Cette histoire est terriblement d’actualité : les politiciens trouvent toujours un bouc émissaire pour expliquer les difficultés, les crises. Ce n’est jamais de leur faute. Ainsi, que ce soit pour la crise des années trente, ou la crise actuelle, l’accusée est la « finance apatride ». Alors que la crise actuelle trouve sa source dans le secteur le plus réglementé de l’économie des Etats-Unis, le crédit hypothécaire, alors que l’Espagne est en difficulté à cause des folies immobilières, encouragées par les régions, et les caisses d’épargne régionales, alors que la Grèce doit sa crise aux dépenses inconsidérées de ses gouvernements, qui ont même présenté des comptes inexacts, les politiciens, et les autorités monétaires, ceux qui ont le contrôle, ne sont pas sur le banc des accusés. Ce sont au contraire les héros qui vont sauver les pays.

— Paul-Jean Hérault, La fédération de l’Amas, Black Coat Press / Rivière Blanche, 392 pages.