Fillon & Copé parlant de liberté : sincères ou pur calcul ?

Jean-François Copé à Chateaurenard le 25 août 2013

Sous leurs nouveaux de looks d’étatistes repentis, que faut-il penser de Jean-François Copé et François Fillon qui se disputent les faveurs de l’UMP et des Français ?

Sous leurs nouveaux looks d’étatistes repentis, que faut-il penser de Jean-François Copé et François Fillon qui se disputent les faveurs de l’UMP et des Français ?

Par Philippe Robert.

Jean-François Copé à Chateaurenard le 25 août 2013
Jean-François Copé à Chateaurenard le 25 août 2013

Depuis le discours dense et enflammé de Châteaurenard, le 25 août dernier, et sous son nouveau look d’étatiste repenti touché par la grâce de la Liberté, quel avenir Jean-François Copé est-il en train de concocter à l’UMP et par extension à la maison France de longue date mise sens dessus dessous ?

Jean-François Copé : « La liberté, c’est un mot magnifique. Un combat qui est au cœur du génie français. Il a inspiré nos philosophes, nos écrivains, nos poètes, nos peintres, nos économistes, nos hommes d’État… Des libéraux, bien sûr : de Montesquieu à Turgot, de Chateaubriand à Tocqueville… Mais pas seulement ! La liberté, ce n’est pas un parti. C’est  l’âme de la France ».

N’en jetez plus ! Mais sous le signe de la plus grande prudence après tant d’expériences piteusement avortées, quelle valeur faut-il réellement attacher à une telle conversion expresse du président de l’UMP intervenant ainsi à point nommé quelques semaines à peine après une autre déclaration, citée par Ivan Rioufol :

« Libéralisme, j’aime pas trop ce terme », a ainsi avoué, ce lundi matin sur RTL, Jean-François Copé répondant à une question de Jean-Michel Aphatie (…) « Il faut de la protection pour ceux qui souffrent » a expliqué Copé pour justifier sa prise de distance. Mais le libéralisme, qui n’est pas l’ultralibéralisme de la loi de la jungle, est construit sur cet humanisme.

Oui, cet humanisme qui revêt autant d’aspects divers et parfois même contradictoires selon l’appartenance à telle ou telle famille de pensée, de la plus libérale à la plus sectaire, au point dans ce dernier cas de n’être même plus apte à libérer un esprit devenu l’otage d’une seule et unique vision tronquée de la personne !

Les médias n’en reviennent donc pas : Jean-François Copé, à Châteaurenard, a usé 47 fois du vocable liberté ; quant à moi, rien ne m’étonne plus de la part de nos élites politiques installées à titre perpétuel dès lors qu’il était avant tout essentiel, cette fois-ci comme hier et avant-hier, de se placer pour 2017.

François Fillon lui-même ne s’est pas privé d’en faire autant à Rouez-en-Champagne trois jours après Jean-François Copé, le 28 août passé, y compris huit pages dans Paris Match pour convaincre définitivement les Français de la vigueur de ses convictions et de la sincérité de sa volonté à les servir au sommet de l’État.

Certes, tout n’est pas à jeter aux chiens dans les intentions exprimées par ces deux prétendants à la couronne de France (sic !) ; mais peut-on encore leur faire confiance dès lors que leurs parcours respectifs, marqués antérieurement par le culte du statu quo, incitent plutôt à la plus extrême prudence ? Surtout, vont-ils être capables, dans leur nouveaux atours et après s’être livrés à moult déclarations publiques  d’amour pour la liberté, de surmonter leur pente naturelle à penser socialiste et à agir de même ? Sur ce sujet majeur pour l’avenir de la France, Jean-François Copé, pour sa part, a pris le risque de déclarer :

Mes amis, dans un pays asphyxié par la doctrine socialiste, nous avons devant nous un formidable chemin d’alternance à ouvrir avec les Français en menant le combat pour la liberté.

C’est déjà mieux, mais j’aurais préféré qu’il parlât, et c’était un minimum, de « dogme socialiste », plus proche de la triste vérité collectiviste, et « d’alternative (libérale) » plutôt que d’ »alternance », cet état instable dans lequel, depuis presque quarante ans, se complaît stérilement notre malheureux pays…