Flexibilité dans la fonction publique : subie ou choisie ?

Marylise Lebranchu (Crédits : Philippe Grangeaud/Solfé Communications, CC BY-NC-ND 2.0)

Pendant que le gouvernement veut tuer le statut de l’auto-entrepreneur, la Ville de Paris trouve bien pratique de pouvoir faire travailler des gens avec un statut flexible, une heure et demi par semaine, avec ce même régime.

Pendant que le gouvernement veut tuer le statut de l’auto-entrepreneur, la Ville de Paris trouve bien pratique de pouvoir faire travailler des gens avec un statut flexible, une heure et demi par semaine, avec ce même régime.

Par le Parisien libéral.

Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction Publique.

Parmi toutes les personnes qui ont voté Hollande en 2012, il y en a décidément peu qui peuvent se montrer satisfaites un an après :

  • Les jeunes de banlieue (ceux qui étaient place de la Bastille le 6 mai 2012) sont toujours aussi contrôlés au faciès – car le socialisme ne peut être que nationaliste, et impose donc que l’État dispose des moyens de savoir qui fait quoi et se trouve où, ce qui induit que la carte d’identité nationale, cet héritage de Vichy, est bien pratique.
  • Les anti sarkozystes retrouvent certaines des pratiques qui avaient fait détesté (à juste titre) l’ancien président de la République : jets privés Tulle-Paris, soupçons de fraude fiscale (cf. l’affaire de l’ISF non déclaré), fils à papa people, pavillon de la Lanterne pris au Premier Ministre, imposante présence policière lors des déplacements présidentiels, cacophonie gouvernementale, affaires multiples au sein du parti majoritaire…
  • Les militants des droits de l’homme constatent que les arrestations arbitraires, les bavures policières, la surpopulation carcérale, les rafles de Roms et de sans papiers se poursuivent, y compris dans des municipalités dirigées par la gauche.
  • Les salariés vont payer plus de cotisations sociales pour « sauver » (quelques années de plus) le régime des retraites par répartition, pourtant théoriquement condamné pour des raisons démographiques, et plus de TVA.

Mais s’il y a a bien une catégorie qui va comprendre que le socialisme de gauche ressemble fortement à celui prôné par la droite, c’est la fonction publique.

Certes, le président de la République et sa majorité ont donné des gages à la fonction publique. Certes, malgré le contexte de soi-disant austérité budgétaire, la dépense publique consacrée à la rémunération des fonctionnaires va continuer à légèrement progresser, ne serait-ce que du fait du système de l’avancement en âge des personnes déjà en poste, quand bien même le point d’indice serait gelé.

Certes, le gouvernement veut recruter plus d’enseignants, mais aussi plus de policiers, plus de juges, plus d’infirmiers, bref plus de fonctionnaires sauf les militaires.

Néanmoins, s’il y a bien une catégorie qui devrait se montrer méfiante vis-à-vis de son employeur,c’est bien celle des employés de la fonction publique nationale, territoriale et hospitalière.

Les fonctionnaires sont victimes, en partie, d’un système de management ultra-court-termiste qui dualise leur situation : soit employé à vie dans des fonctions bloquées (lire Absolument débordée de Zoé Shepard), soit employé en CDD ou en auto-entrepreneur (tiens ?…) à temps partiel, par la Ville de Paris, par exemple.

La fonction publique, c’est un peu « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Pendant que le gouvernement veut tuer le statut de l’auto-entrepreneur, la Ville de Paris trouve bien pratique de pouvoir faire travailler des gens avec un statut flexible, une heure et demi par semaine, avec ce même régime, le tout pour imposer une réforme dont, manifestement, les parents d’élèves ne veulent pas.

Comme quoi, certains trouvent un avantage à utiliser l’une des rares réformes intelligentes (et d’inspiration libérale) du précédent gouvernement.

Ceci étant dit, que les fonctionnaires qui liraient ce billet comprennent que les libéraux ne sont pas uniquement dans la critique. Oui, il faut une fonction publique pour s’occuper de la police, de la justice, de l’armée et de la diplomatie, même si des entreprises privées peuvent suppléer l’État sur une partie de ces tâches (vigiles, justice d’arbitrage et armées privée si les parties prenantes y trouvent intérêt), ce qui ne veut pas dire qu’il faille lier statut et fonction [1], ce que l’État semble faire en catimini, d’ailleurs. Oui, des fonctions éducatives (qui, au passage, ne relèvent pas du domaine régalien de l’État) peuvent être accomplies par des auto-entrepreneurs sans que cela ne soit une indication, positive ou négative, de qualité de la tâche effectuée.

Le précédent gouvernement avait une philosophie intéressante : moins de fonctionnaires, mais mieux payés. Il n’est pas du tout allé au bout de la logique, rendue d’autant plus indispensable que les déficits publics imposent de réduire massivement la dépense publique dans sa totalité. Enseignants, est ce que vous ne vous plaignez pas fréquemment de vos salaires ? Ne préféreriez-vous pas gagner 40% de plus, et avoir des niveaux de rémunération comparables à ceux dont profitent vos collègues d’outre-Rhin ?


Source : Libertarien TV

Comprenez que les libéraux, en voulant lutter contre le jusqu’au boutisme de quelques syndicats de la fonction publique qui veulent recruter toujours plus, sont en réalité en phase avec cette vision de moins de fonctionnaires mais mieux payés, et sous des statuts variés, en fonction des choix de chacun.


Sur le web.

Note :

  1. Lire Collectif Antigone : Supprimer le statut de fonctionnaire.