Flexibilité dans la fonction publique : subie ou choisie ?

Pendant que le gouvernement veut tuer le statut de l’auto-entrepreneur, la Ville de Paris trouve bien pratique de pouvoir faire travailler des gens avec un statut flexible, une heure et demi par semaine, avec ce même régime.

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Marylise Lebranchu (Crédits : Philippe Grangeaud/Solfé Communications, CC BY-NC-ND 2.0)

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Flexibilité dans la fonction publique : subie ou choisie ?

Publié le 20 août 2013
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Pendant que le gouvernement veut tuer le statut de l’auto-entrepreneur, la Ville de Paris trouve bien pratique de pouvoir faire travailler des gens avec un statut flexible, une heure et demi par semaine, avec ce même régime.

Par le Parisien libéral.

Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction Publique.

Parmi toutes les personnes qui ont voté Hollande en 2012, il y en a décidément peu qui peuvent se montrer satisfaites un an après :

  • Les jeunes de banlieue (ceux qui étaient place de la Bastille le 6 mai 2012) sont toujours aussi contrôlés au faciès – car le socialisme ne peut être que nationaliste, et impose donc que l’État dispose des moyens de savoir qui fait quoi et se trouve où, ce qui induit que la carte d’identité nationale, cet héritage de Vichy, est bien pratique.
  • Les anti sarkozystes retrouvent certaines des pratiques qui avaient fait détesté (à juste titre) l’ancien président de la République : jets privés Tulle-Paris, soupçons de fraude fiscale (cf. l’affaire de l’ISF non déclaré), fils à papa people, pavillon de la Lanterne pris au Premier Ministre, imposante présence policière lors des déplacements présidentiels, cacophonie gouvernementale, affaires multiples au sein du parti majoritaire…
  • Les militants des droits de l’homme constatent que les arrestations arbitraires, les bavures policières, la surpopulation carcérale, les rafles de Roms et de sans papiers se poursuivent, y compris dans des municipalités dirigées par la gauche.
  • Les salariés vont payer plus de cotisations sociales pour « sauver » (quelques années de plus) le régime des retraites par répartition, pourtant théoriquement condamné pour des raisons démographiques, et plus de TVA.

Mais s’il y a a bien une catégorie qui va comprendre que le socialisme de gauche ressemble fortement à celui prôné par la droite, c’est la fonction publique.

Certes, le président de la République et sa majorité ont donné des gages à la fonction publique. Certes, malgré le contexte de soi-disant austérité budgétaire, la dépense publique consacrée à la rémunération des fonctionnaires va continuer à légèrement progresser, ne serait-ce que du fait du système de l’avancement en âge des personnes déjà en poste, quand bien même le point d’indice serait gelé.

Certes, le gouvernement veut recruter plus d’enseignants, mais aussi plus de policiers, plus de juges, plus d’infirmiers, bref plus de fonctionnaires sauf les militaires.

Néanmoins, s’il y a bien une catégorie qui devrait se montrer méfiante vis-à-vis de son employeur,c’est bien celle des employés de la fonction publique nationale, territoriale et hospitalière.

Les fonctionnaires sont victimes, en partie, d’un système de management ultra-court-termiste qui dualise leur situation : soit employé à vie dans des fonctions bloquées (lire Absolument débordée de Zoé Shepard), soit employé en CDD ou en auto-entrepreneur (tiens ?…) à temps partiel, par la Ville de Paris, par exemple.

La fonction publique, c’est un peu « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Pendant que le gouvernement veut tuer le statut de l’auto-entrepreneur, la Ville de Paris trouve bien pratique de pouvoir faire travailler des gens avec un statut flexible, une heure et demi par semaine, avec ce même régime, le tout pour imposer une réforme dont, manifestement, les parents d’élèves ne veulent pas.

Comme quoi, certains trouvent un avantage à utiliser l’une des rares réformes intelligentes (et d’inspiration libérale) du précédent gouvernement.

Ceci étant dit, que les fonctionnaires qui liraient ce billet comprennent que les libéraux ne sont pas uniquement dans la critique. Oui, il faut une fonction publique pour s’occuper de la police, de la justice, de l’armée et de la diplomatie, même si des entreprises privées peuvent suppléer l’État sur une partie de ces tâches (vigiles, justice d’arbitrage et armées privée si les parties prenantes y trouvent intérêt), ce qui ne veut pas dire qu’il faille lier statut et fonction [1], ce que l’État semble faire en catimini, d’ailleurs. Oui, des fonctions éducatives (qui, au passage, ne relèvent pas du domaine régalien de l’État) peuvent être accomplies par des auto-entrepreneurs sans que cela ne soit une indication, positive ou négative, de qualité de la tâche effectuée.

Le précédent gouvernement avait une philosophie intéressante : moins de fonctionnaires, mais mieux payés. Il n’est pas du tout allé au bout de la logique, rendue d’autant plus indispensable que les déficits publics imposent de réduire massivement la dépense publique dans sa totalité. Enseignants, est ce que vous ne vous plaignez pas fréquemment de vos salaires ? Ne préféreriez-vous pas gagner 40% de plus, et avoir des niveaux de rémunération comparables à ceux dont profitent vos collègues d’outre-Rhin ?


Source : Libertarien TV

Comprenez que les libéraux, en voulant lutter contre le jusqu’au boutisme de quelques syndicats de la fonction publique qui veulent recruter toujours plus, sont en réalité en phase avec cette vision de moins de fonctionnaires mais mieux payés, et sous des statuts variés, en fonction des choix de chacun.


Sur le web.

Note :

  1. Lire Collectif Antigone : Supprimer le statut de fonctionnaire.
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  • J’ai un peu de mal à m’y retrouver…

    L’employeur est une association…. qui emploie des salariés comme n’importe quelle entreprise.

    Dans l’animation sociale ou culturelle, ce type de contrat est plutôt habituel…
    Et l’employeur ne semble dans l’annonce ne pas imposer le statut de l’employé…

    PS : j’ai l’impression que l’auteur ignore qu’il y a des centaines de milliers de personne qui disposent de contrat de quelques heures par semaines…

    • la fonction publique faisait bosser des gens pour 1 ou 2 heures par semaine bien avant l’invention de des auto-entrepreneurs. Il suffit de faire des CDD ad hoc.

      @cap2006
      il est vrai que l’employeur est une association, mais ce n’est qu’un sous-traitant. Le donneur d’ordre c’est la Ville de Paris.

  • @P
    Pour faire un contrat de 2h /sem il faut faire un CDI…. Meme quand on sait que l’emploi se terminera dans 10 mois…
    Pas un CDD dont l’usage est extrêmement limité!

    • Les lois restreignant le recours aux CDD ne concernent pas l’Etat ou ses excroissances.

    • Cavaignac a raison. La fonction publique « a le droit » de faire des CDD de 1 h/semaine, si elle veut. Et elle n’a le droit de faire des CDI que par exception.

  • « Le régime des retraites par répartition, pourtant théoriquement condamné pour des raisons démographiques ». Petite remarque hors sujet, mais bon : le régime des retraites par répartition fera faillite même avec une démographie favorable, parce qu’il est fondé sur le vol et que toute institution immorale (socialiste) finit inexorablement par s’effondrer.

    Sinon, très bon billet qui souligne une conséquence importante de l’enflure étatique : les fonctionnaires et exploités en CDD à vie sont pour la plupart victimes de l’Etat, contraints au parasitisme misérable parce que l’Etat pompe l’essentiel des richesses et qu’ils n’ont pas d’autre choix pour survivre que de se soumettre à l’Obèse. Les sondages qui montrent depuis plus d’une décennie qu’une majorité de jeunes ne pensent qu’à devenir fonctionnaires exposent crument cet assujettissement insupportable.

    A l’inverse, on note que l’Etat obèse, pour survivre, a obligation de le rester, s’il entend continuer à soumettre les populations, notamment avec le chantage à la pauvreté.

    Il y a quelques temps, un forum emploi dans une banlieue de Paris avait tourné à l’émeute, les « jeunes » refusant à juste titre les emplois bidons qui leur étaient proposés par quelques fonctionnaires. Ces jeunes révoltés clamaient haut et fort qu’ils voulaient être fonctionnaires à la place des exposants pour pouvoir, à leur tour, leur proposer des emplois bidons. Chronique du parasitisme quotidien…

  • Les salariés à employeurs multiples n’auraient pas intérêt à travailler pour pour le secteur public?

  • Une association embauche sous le même statut qu’une entreprise privée… Avec les mêmes joies et peines ;-)))
    PS: ce n’est pas ici sur contrepoints, que l’on va reprocher à un employeur d’employer comme il le souhaite.
    N’est ce pas cela le libéralisme?
    PS (2): cet emploi intéressera plus facilement quelqu’un avec un emploi, et qui pourrait élargir son champ professionnel , expérimenter une reconversion , ou tout simplement gagner plus… D’où la pertinence de la possibilité d’autoentreprenariat

    • Ce que l’auteur fustige, c’est le régime général de « faites ce que je dis, pas ce que je fais » qui sévit dans la fonction publique. On dit que les petits contrats courts, c’est mal parce que précaire blablablablablabla mais l’administration les adore en réalité car elle est incapable de penser long-terme dans sa GRH.
      Exemple : les employeurs publics n’ont plus le droit d’embaucher des salariés en CDD de façon indéfinie (2 ans max en catégorie B et C, 6 ans en cat. A). Techniquement, ils n’en ont jamais vraiment eu le droit, le mode de recrutement par défaut étant le concours. Mais depuis une loi de 2012 (résorption de l’emploi précaire dans la fonction publique), il a été demandé aux employeurs de titulariser tout le monde. Comme c’est très risqué de titulariser des tonnes de salariés dont on n’est pas sûr qu’on aura l’utilité d’ici quelques années, et surtout les moyens de les payer, eh bien on dégage les CDD et on embauche d’autres personnes pour 2 ans sur les mêmes postes sans faire appel à des fonctionnaires titulaires.
      Je parle en connaissance de cause, c’est du vécu.
      C’est pas beau la fonction publique ?
      Dans le fond, je pense que tout le monde est ici d’accord pour approuver les contrats courts et flexibles qui permettent à chacun d’y trouver son compte. La question n’est pas là.

      • J’ai une meilleure idée : supprimons les contrats de travail de tous les salariés. On pourra ainsi voir quelles sont les bêtes les plus résistantes à la faim. Les parasites seront détruits et les plus forts seront récompensés.

        • « J’ai une meilleure idée : supprimons les contrats de travail de tous les salariés. »
          Pour votre gouverne, c’est déjà le cas dans la fonction publique, hein. Les fonctionnaires sont, en France, les seuls salariés qui n’ont pas de contrat de travail.

          • Vous m’avez mal compris cher monsieur : pas de contrat pour pas de salaire, les mieux lotis n’auront qu’à se débrouiller.

  • Les commentaires sont fermés.

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