Allemagne : la position des partis à l’approche des élections

Élections en Allemagne : le SPD préférera-t-il rester dans l’opposition ou devenir à nouveau le « laquais » de Merkel ?

Élections en Allemagne : le SPD préférera-t-il rester dans l’opposition ou devenir à nouveau le « laquais » de Merkel ?

Un article d’Open Europe.

Peer Steinbrück (SPD) et Angela Merkel (CDU).

Le mois d’août est traditionnellement un mois calme en matière d’information. Profitons-en pour jeter un œil du côté des sondages allemands. Il est bon de rappeler que nous sommes à seulement six semaines des élections en Allemagne, qui seront dans une large mesure déterminantes quant à l’avenir de la zone euro et la volonté de réformer l’UE. Alors, où en sommes-nous ? Eh bien, les sondages ont été remarquablement stables au cours des derniers mois avec des fluctuations minimes.

Source: Forsa (les autres sondages montrent une tendance similaire).

Même si les résultats ci-dessus annoncent une courte majorité à la coalition conservatrice/libérale actuelle d’Angela Merkel, quelques points de pourcentage pourraient l’en priver. Toutefois, la coalition alternative SPD/Verts a également peu de chances d’avoir suffisamment de sièges pour gouverner, et l’éventuelle coalition « Rot-Rot-Grün » (SPD-Verts-Linke) a été écartée par les partis concernés, considérée comme incongrue et impraticable.

Ceci conduit à l’interrogation suivante : que se passera-t-il si la coalition CDU/CSU/FDP ne l’emporte que d’une courte tête, ce qui voudrait dire que le gouvernement pourrait ne pas être en mesure de faire adopter une loi controversée concernant la zone euro sans l’appui de l’opposition, en raison de dissidents dans ses propres rangs ?

Cette configuration augmente la probabilité d’une « grande coalition » CDU/CSU et SPD comme sous la première chancellerie de Merkel entre 2005 et 2009. Même si ce gouvernement – auquel Peer Steinbrück, le candidat actuel du SPD à la chancellerie, a servi comme ministre des Finances – est reconnu pour avoir correctement géré les débuts de la crise économique, le SPD ne s’en est jamais remis en termes de cote de popularité, alors que la CDU d’Angela Merkel a consolidé sa position.

En conséquence, Peer Steinbrück a exclu toute nouvelle grande coalition :

L’inclinaison du SPD à conclure une grande coalition est à peu près nulle. Pourquoi devrions-nous une fois de plus être les laquais de Mme Merkel ?

Bien sûr, le fait que Steinbrück ne souhaite plus contribuer à titre personnel à une grande coalition n’exclut pas l’idée d’un nouveau gouvernement avec quelqu’un d’autre du parti aux côtés de Mme Merkel. Toutefois, la désapprobation de cette option est largement partagée au sein du SPD, liée à la crainte d’être dans l’incapacité de mettre en œuvre nombre des idées du parti et de sombrer encore plus bas dans les sondages (même si, paradoxalement, le SPD a par ailleurs accusé Mme Merkel de lui voler toutes ses meilleures idées politiques au profit de la CDU).

Il ne s’agit pas vraiment d’une histoire d’amour à sens unique : le groupe CDU/CSU n’est pas très enthousiaste non plus, considérant qu’une telle coalition serait instable avec un SPD dans l’attente du moment opportun pour appeler à de nouvelles élections et faire tomber le gouvernement avec les voix des autre partis de gauche, ainsi qu’une Merkel qui ne pourrait l’emporter une quatrième fois, et peu de bons candidats crédibles au sein de la CDU pour assurer la relève.

En tout cas, si les sondages en restent là au cours des prochaines semaines et prédisent correctement les résultats des élections, nous pourrions assister à certaines tractations de coalition intéressantes.


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