PRISM : vous aussi devez-vous être inquiet ?

Avec l’espionnage de masse des américains (PRISM), ce sont aussi les citoyens Européens qui doivent s’inquiéter.

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PRISM : vous aussi devez-vous être inquiet ?

Publié le 22 juillet 2013
- A +

Par Alex Korbel.

Vous pourriez penser que vous n’avez pas besoin de vous inquiéter des programmes étatiques secrets recueillant les données téléphoniques et numériques des citoyens ordinaires. Il y a plus de 500 millions d’Européens et 300 millions d’Américains et la majorité de leurs communications sont peu susceptibles d’attirer l’attention des services de sécurité.

Nous ne vivons pas dans le monde d’Ennemi d’État et pouvons faire confiance à la foule anonyme (plus de 800 000 aux États-Unis, par exemple) de bureaucrates, militaires et contractants privés pour gérer toutes ces données de manière responsable.

Je plaisante.

Un citoyen ordinaire n’a (presque) rien à craindre…

Réflexion faite, vous devriez être inquiets. Pas parce que la plupart d’entre vous êtes susceptibles d’avoir votre vie privée violée et exposée publiquement ; si vous êtes un citoyen ordinaire qui ne fait jamais rien pour attirer l’attention, vous n’avez probablement pas à vous préoccuper.

Même si l’enregistrement de vos connexions internet et de vos appels téléphoniques contient des informations que vous souhaiteriez garder pour vous (le lieu ou la façon dont vous gérez votre épargne, l’appartenance à un groupe donné, vos fréquentations passées ou présentes, un flirt en ligne, une référence à la consommation de psychotropes ou des habitudes pornographiques particulières), elles sont perdues dans la masse des communications des autres personnes et ne seront probablement jamais publicisées.

L’enjeu n’est pas là.

… mais le dissident potentiel si…

Le véritable risque réside dans la conséquence de cette situation pour les dissidents potentiels, les dénonciateurs, les journalistes d’investigation et quiconque pense que certains aspects des actions étatiques pourraient être inefficaces, stupides, contraires à l’éthique ou même illégales.

Si vous êtes une de ces personnes – même dans un seul domaine – et que vous décidez de rendre vos préoccupations publiques, il est possible que quelqu’un qui n’aime pas ce que vous dîtes décide de voir ce qu’il peut découvrir vous concernant.

Et ce ne sera pas forcément un procureur ; cela sera peut-être un bureaucrate anonyme de niveau intermédiaire ou un employé zélé d’un service de sécurité. Il le fera par devoir, pour avoir une promotion, pour plaire à ses supérieurs ou pour avoir son quart d’heure de gloire. Peu importe : à moins que vous ayez vécu une vie immaculée, vous pourriez vous réveillez un matin et découvrir qu’un aspect critiquable de votre vie est soudainement discuté ouvertement dans les journaux.

Ces préoccupations vous semblent-elles exagérées ?

Rappelez-vous que lorsque l’ancien diplomate Joseph Wilson a publié un éditorial dénonçant les mensonges du précèdent gouvernement américain qui prétendait que Saddam Hussein cherchait à acquérir de l’uranium au Niger, certains fonctionnaires ont décidé de le punir en faisant sauter la couverture de son épouse, agente de la CIA.

Rappelez-vous que David Petraeus a perdu son emploi en tant que directeur de la CIA car, dans le cadre d’une autre affaire, un agent du FBI de bas niveau a commencé à se pencher sur les communications de son biographe.

Ayez à l’esprit toutes ces personnes qui se sont maintenues, se maintiennent et se maintiendront à des postes importants en amassant des dossiers compromettants sur des personnalités publiques.

Compte tenu de tout cela, n’y a-t-il vraiment aucune raison de croire que ce flot de données ne sera jamais orienté à des fins politiques ?

… et cela fait toute la différence entre un groupe de moutons apeurés et un pays de citoyens libres.

Cela signifie que toute personne qui veut contester la politique de l’État devient une proie facile et doit s’attendre à voir sa vie privée étalée sur la place publique même si cela n’a rien à voir avec le problème soulevé. Et l’État a une longueur d’avance par rapport au citoyen, car il dépense des milliards (venant de la poche des citoyens, quelle ironie !) à collecter ces informations.

Un débat franc et conflictuel sur les questions importantes est la marque d’une démocratie saine et fonctionnelle. Il est important de pouvoir examiner et, si besoin s’en fait sentir, contester ce que font les agents d’État. Les personnes travaillant pour l’État, quelle que soit leur catégorie et à tous les niveaux, ne sont pas des suzerains à qui les citoyens doivent obéissance. Dans une démocratie, les agents publics travaillent pour les citoyens.

En ce moment même, des centaines de milliers de personnes collectent des données privées sur chacun d’entre nous. Les citoyens n’ont pas les mêmes ressources à consacrer à vérifier ce que ces agents font. Ils comptent sur les journalistes, les universitaires, les représentants de la société civile et toutes les voix indépendantes pour débusquer les actes répréhensibles, la corruption ou tout simplement les erreurs des États.

Mais si ces voix indépendantes sont de plus en plus vulnérables à des représailles par des moyens légaux ou non, ces voix seront de plus en plus réduites au silence. Et le résultat inévitable sera une plus grande marge de manœuvre laissée aux agents de l’État, plus d’actes répréhensibles, plus de corruption et une diminution de la capacité à identifier et corriger les erreurs de ceux qui nous gouvernent.

En résumé, la vraie raison pour laquelle vous devriez être inquiet de la surveillance des États n’est pas que vous êtes susceptible d’être écouté et votre vie exposée sur la place publique. Vous devriez percevoir que c’est une autre étape dans le processus de transformation d’un peuple composé de citoyens libres en une nation de moutons.


Article originel publié le 16 juillet 2013 sur 24hgold.

Lire aussi : L’État nous espionne ? Espionnons l’État.

Voir les commentaires (4)

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  • Il faut 2 systèmes de communication.
    La partie sans risque accessible aux systèmes de surveillance et c’est même mieux, vu que plus y en a plus ça leur coûte cher et c’est bon pour l’économie.
    La partie qu’on veut maîtriser sur serveur privé en France, c’est facile à mettre en place.
    L’échelon au-dessus est le cryptage des mails.
    Le dernier échelon est d’éviter Internet 😉
    Cela dit, tout système de surveillance est contournable, ça dépend des besoins.

  • Nos gouvernements aussi nous espionnent et nous surveillent, il ne faut pas se leurrer…

  • L’espionnage n’est en soit pas grand chose, car sur e tas d’information collectée , une grande majorité ne sert à rien.

    Mais la vrai question est de savoir qu’un chinois et un américain regarde par dessus votre épaule dans vos plans les plus secret. Fini l’innovation, bonjour la copie….

  • Le film du Watergate avec Redford et Hoffman passait hier comme par hasard sur une chaîne allemande….
    Aux USA déjà, systématiquement des informations confidentielles et privées furent utilisées par Nixon pour saboter les campagnes démocrates. A l’époque il fallait forcer des portes et entrer par effraction pour se procurer les infos… mais le directeur du Post comprenait que ce n’était pas là le plus grand crime. Le crime était le mépris de la population et de ses droits par ses représentants politiques.

    L’indignation publique suscitée par les journalistes courageux d’alors – assez bien mise en scène – ne serait plus possible à générer par un organe de presse européen aujourd’hui surtout en France. – d’ailleurs le jugement des bretelles à tonton (dont Edwy Plenel était une des victimes principales !) illustre bien ce phénomène:

    D’après Wikipedia

    Sept anciens collaborateurs du président sont finalement condamnés dont :
    Gilles Ménage, ex-directeur de cabinet adjoint (six mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende pour « atteinte à l’intimité de la vie privée ») ;
    Christian Prouteau, dirigeant de la cellule antiterroriste (huit mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende) ;
    Louis Schweitzer, ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius à Matignon, pour le placement sur écoutes de l’écrivain Jean-Edern Hallier (dispensé de peines) ;
    Michel Delebarre, ex-directeur de cabinet de Pierre Mauroy à Matignon, pour le placement sur écoutes de l’écrivain Jean-Edern Hallier (dispensé de peines) ;
    l’ancien gendarme Paul Barril, condamné pour le recel des données secrètes de la cellule à six mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende.

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