Le temps des médiocres

médiocrité

Dans tous les domaines, la médiocrité règne. Selon Philippe Bouchat, c’est bien là la marque du « progressisme » socialiste.

Médiocre, notre temps est médiocre!  C’est peu de le dire ; il faut le vivre.  Dans tous les domaines, la médiocrité règne. Sur le plan de la culture où un abruti qui lance un pot de peinture sur une toile blanche sera considéré comme un génie, crachant ainsi sur le talent véritable des Rubens, Van Gogh, Matisse.  Sur le plan sportif, où l’argent et la triche ont remplacé allègrement la recherche gratuite de l’honneur et du dépassement de soi.  Sur le plan social où la beaufitude et la négligence sont des valeurs refuge. Sur le plan économique, où les imbéciles keynésiens pullulent et infectent nos décideurs.  Sur le plan politique justement où nos pseudos élites n’ont pour seule ambition que de se faire réélire en suivant les délires vulgaires de la foule, au lieu de prendre les décisions qui s’imposent.  Sur le plan sociétal, où la licence remplace la liberté, tournant le dos à des siècles de civilisation.  Sur le plan éthique, où l’hédonisme fait figure de norme et l’effort de repoussoir.

médiocritéMais le pire de la médiocrité, c’est l’absence totale de conscience de cette médiocrité métastatique. Personne n’a en effet l’air conscient de cette situation catastrophique dans laquelle nous nous trouvons.  Il faut dire que le niveau de l’enseignement – autre temple de la médiocratie – est scandaleusement bas, inefficace, abrutissant.  Et dans cette société où le divertissement crétin tient lieu de spiritualité, il n’y a personne pour faire l’effort de sortir de la caverne ; nos contemporains préféreront toujours l’indifférence des ombres à la lumière de la vérité.  En un mot comme en cent, notre société est devenue un cloaque immonde qui n’est attiré que par la bassesse et ce d’autant plus que cette attirance pour les bas-fonds revêt les ornements du plaisir fallacieux !  Pour le dire autrement, le beau, le bon, le bien, le vrai sont remplacés par cette saloperie de ‘fun’, de ‘in’, de ‘cool’.

Mais comment donc en est-on arrivé là ?

Mon facteur explicatif, sous forme de constat : notre société actuelle est dirigée par la génération Mai ’68, ce cancer de l’esprit et de la politique qui a érigé la licence – « je fais ce que je veux » et « il est interdit d’interdire » – comme norme sociale, politique et culturelle.  La chienlit des seventies et tout ce qui en résulte jusqu’à nos jours tient là son origine.  Mais d’où vient lui-même le mouvement soixante-huitard ? Le management plat par projets, la société de divertissement, la théorie du genre sont autant de symptômes de cette maladie qui rejette l’effort, l’autorité, la différence. Or, il existe bien un courant politico-culturel qui porte ces « valeurs » : c’est le progressisme des socialistes et de la gauche en général qui, une fois au pouvoir, se transforme en conservatisme de leurs turpitudes.  Ce mouvement est né aux Etats-Unis et est porté par les « libéraux ».  Contrairement à la version continentale, le libéralisme américain et anglo-saxon est un mouvement de gauche, plutôt libertaire.  Ainsi, par exemple, autant des grands penseurs comme Milton Friedman ou Friedrich von Hayek sont de véritables intellectuels du libéralisme authentique, autant ils ne peuvent être qualifiés de « libéraux » à l’aune des standards américains et anglo-saxons. 

Chez nous, ces idées sont clairement portées par les partis de gauche au premier rang desquels se trouve le parti socialiste.  Le siège du parti socialiste belge francophone à Bruxelles est symbolique de cette mouvance : grand bâtiment bariolé de couleurs où le rose et le rouge transparents dominent, où l’esprit de fête est présent et où la façade est barrée du slogan évocateur « Le PS : créateur de progrès depuis 125 ans »

Tout ce qui est caractéristique de notre médiocratie s’y trouve : dictature de la transparence apparente, couleur et esprit évoquant le monde gay (dictature du genre), slogan sur le progrès qui est en fait une dictature de la pensée : qui n’est pas avec nous est rétrograde.  Triple dictature camouflée sous des apparats funs : socialisme du XXIème siècle ! 

Car oui, je le dis avec force : la médiocratie est fruit du progressisme, donc du socialisme.

Bastiat disait que la caractéristique du socialisme, c’est de vouloir transformer l’homme par la contrainte de la loi. Ils y sont arrivés : depuis des siècles, l’homme suait pour gagner sa vie, être libre et monter dans l’ascenseur social à force d’efforts et de volonté. L’homme actuel est médiocre, à mi-chemin entre l’animal et l’homme authentique, un hominidé. Les tenants du progrès nous ont fait reculer, rétrograder ; ils nous ont avilis, abaissés. L’esprit de grandeur, de gloire, le sens de l’Histoire et de la vocation n’existent plus. L’ambition de l’homme moderne se limite à travailler le moins possible, à préparer ses vacances, son barbecue du week-end et à gaver les pseudos informations déversées par les médias (même racine étymologique que la médiocrité, notons-le en passant) qui vont dégueuler leurs films et divertissements bêtifiants et lénifiants où les putains et starlettes, les sportifs drogués et surpayés, les chanteurs efféminés à la voix d’adolescentes en mal d’amour seront plus adulés que les De Gaulle, Churchill et Thatcher, derniers hommes d’État véritables !  Sans parler de la religion que ces c**s de la pseudo intelligentsia gauchiste ont tourné en ridicule, préférant les bras exotiques d’une philosophie qui n’a rien à voir avec notre civilisation, quand ce n’est pas dans les bras de courants ésotériques… En tuant Dieu, ils ont tué toute figure tutélaire du père et toute légitimité de la liberté véritable.

Comme Eric Zemmour, je pense que même si on est optimiste de nature, il y a de quoi être objectivement pessimiste, face à ce constat, car aucun décideur n’aura jamais le courage de poser ce constat publiquement et d’en tirer la seule conséquence qui s’impose : abandonner une fois pour toute la route de la médiocrité –- comme Hayek parlait de route vers la servitude -– c’est-à-dire, concrètement, abandonner les idées progressistes, égalitaristes du socialisme qui ont gangréné tous les partis de l’extrême-gauche à l’extrême-droite. Est-il si difficile de se vouloir réellement libre ?  L’attrait de la facilité puérile et la fête permanente est-il vraiment plus fort que l’appel du grand large ? Oh, je sais qu’en tenant ces propos, on me traitera de réactionnaire, mais tant mieux : oui, face à ce « progrès » avilissant, je préfère réagir et opter pour la vraie liberté, celle de nos ancêtres, celle qui se nourrit d’efforts et de grandeur et pas celle, fallacieuse, des adulescents divertis…

Oui, vraiment, notre temps est celui des médiocres ! Entrons en résistance amis libéraux : sauvons notre civilisation de la Liberté, fruit de la rencontre de la Raison grecque, de la foi chrétienne et du Droit romain !