Les Iraniens sur la route de la démocratie ?

L’élection de Hassan Rohani ne signifie pas le changement radical présenté par certains. La démocratie en Iran sera sous le contrôle de la loi islamique.

L’élection de Hassan Rohani ne signifie pas le changement radical présenté par certains. La démocratie en Iran sera sous le contrôle de la loi islamique.

Un article de l’Aleps.

On prend souvent ses désirs pour la réalité. Le seul fait que les électeurs iraniens aient désigné pour nouveau Président de la République Hassan Rohani à la place d’Ahmadinejad, non rééligible, a été considéré par de nombreux commentateurs comme un basculement de l’Iran dans le camp de la démocratie. Il est vrai que les explosions de joie populaire, sans aucun incident ni présence policière ou militaire, ont contrasté avec les dernières élections où la réélection d’Ahmadinejad avait été violemment contestée. De plus, des jeunes gens et jeunes filles, habillés « à l’occidentale », semblaient enthousiastes à l’annonce du candidat du « changement ».

 

Mais quel changement ? Le Président élu sera toujours soumis aux ordres du vrai « guide », Ali Khamenei. Pour prendre une image, Rohani est à Matignon et Khamenei à l’Élysée. D’autre part, Rohani ne peut être suspecté de modernisme et a fortiori de laïcisme. Il a été l’un des plus fidèles lieutenants et amis de l’ayatollah Khomeini, et il entretient les meilleures relations avec Ali Khameini, qui lui avait donné sa bénédiction (en quelque sorte) avant même le scrutin. Si changement il y a, c’est seulement sur le style diplomatique de Rohani, réputé moins abrupt et moins provocateur qu’Ahmadinejad. Le dossier principal de l’Iran, en dehors de sa guerre religieuse avec les waabites d’Arabie Saoudite, c’est le nucléaire et le feu vert international pour continuer à développer le nucléaire jusqu’aux applications militaires.

Rohani, formé dans une université anglaise, serait plus adroit et plus à même de faire valoir le point de vue iranien, mais la politique nucléaire est toujours définie par Ali Khamenei. Quant à la libération des mœurs espérée par une partie de la jeunesse, elle ne sera pas de sitôt à l’ordre du jour. La loi islamique demeure et règne.

Sur le web.