En finir avec la lourdeur du Code du travail

Il est temps d’alléger le Code du travail : un communiqué du collectif Les Dupés.

Nous appelons à une réforme profonde du Code du travail et du financement de la protection sociale ! La situation de l’économie française est tellement critique qu’il n’y a plus lieu d’attendre : des mesures radicales doivent être prises pour aider les entreprises et leurs salariés.

Un communiqué de Dominique Jabouley, porte-parole du Collectif Les Dupés.

S’il y a bien un aspect réjouissant de la campagne pour la présidence du MEDEF qui s’est achevée, c’est le fait que le poids du Code du travail ait enfin été dénoncé, notamment par Pierre Gattaz qui devrait être élu dans un fauteuil le 3 juillet prochain. Nous l’attendons donc avec impatience, pour voir si ses promesses de réduction du Code du travail (il propose 5%/an, nous demandons 50% en 3 ans…) seront tenues.

Nous autres dirigeants d’entreprises industrielles du terrain avons procédé à une simple pesée de notre Code du travail entre 1978 et 2008. Et le résultat parle de lui-même ! Notre « petit livre rouge » est 3 fois plus lourd qu’il y a 30 ans.

Avant de procéder à une quelconque réforme économique, avant de signer un quelconque nouvel accord entre partenaires sociaux, il faut d’abord s’engager à réduire le Code du travail. C’est ce que nous demandons aux syndicats et particulièrement aux syndicats patronaux. Nous sommes en effet inquiets de voir qu’une réforme comme celle du CICE (Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi) provoque des applaudissements de toutes parts. Ne nous réjouissons pas trop vite, car cet accord est devenu une loi. Et la loi entrainera des décrets qui iront encore grossir notre Code du travail. Et rajouter de la complexité pour nos entreprises, principalement les PME ! Et pourtant le rapport Gallois (dont le CICE est inspiré) proposait, lui, de vraies baisses de charges…Il n’était pas loin le choc de simplification !

A côté de ce chantier, il est désormais grand temps d’ouvrir celui du financement de la protection sociale ! Comment continuer de penser, dans une période actuelle où le chômage augmente, que c’est aux travailleurs de payer pour notre protection sociale ? Nos dirigeants politiques, à maintenir un tel système, sont bien loin d’aider les salariés à améliorer leur pouvoir d’achat. Au contraire ! Et pour ce qui est de la compétitivité de nos entreprises, il suffit de regarder la différence avec nos voisins européens dans l’industrie textile.

Réduisons la part nette des salaires pour donner de l’air aux entreprises et rendre du pouvoir d’achat aux salariés. Et transférons une partie de ces charges vers la TVA (à un taux de 23%) ! Une telle mesure ferait deux bénéficiaires : le salarié et le chef d’entreprise. Encore un effort messieurs les élus, il n’est pas loin le choc de compétitivité !

Enfin, nous pensons qu’il n’est pas inutile non plus que le secteur public montre l’exemple. S’il est logique, pour redresser le pays, de demander des efforts à tous (efforts qui peuvent prendre la forme d’augmentations d’impôts pour un temps donné), il serait opportun que toute augmentation des prélèvements obligatoires soit simultanément accompagnée d’une économie au moins équivalente de charges publiques de fonctionnement et d’une augmentation des investissements publics productifs.

Ce coup de gueule, assorti de mesures simples et de bon sens, nous sommes désormais plus de 2 700, dirigeants d’entreprise de terrain issus de toutes les régions de France, Corse et Outre-Mer, à le soutenir via le manifeste des Dupés (Dirigeants Ulcérés pour la Politique Économique et Sociale) consultable sur notre site Internet. Nous attendons donc maintenant une réaction concrète des dirigeants patronaux et des élus (gouvernement, parlementaires) pour prendre des engagements fermes sur le Code du travail et les charges sociales !