Élection partielle en France : le sentiment d’irréalité

Éjection du socialiste Bernard Barral lors du 1er tour de l'élection partielle du Lot-et Garonne.
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Élection partielle en France : le sentiment d’irréalité

Publié le 18 juin 2013
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Éjection du socialiste Bernard Barral lors du 1er tour de l’élection partielle du Lot-et Garonne.

Par Lucien SA Oulahbib.

Tandis que des arbitres se font casser la figure par plus petit que soi, et que François Hollande tentait de contester, vigoureusement, la plupart des thèmes de sa campagne électorale sur M6 dans « Capital » (sic !), l’élimination du candidat socialiste dès le 1er tour dans le Lot-et-Garonne a été annoncée en seconde voire troisième accroche dans les journaux radio français du 17 juin (après le bac philo et les orages) alors qu’il aurait dû être évidemment premier tant, après l’élimination du PS également dès le 1er tour dans l’Oise il y a quelques semaines, quelque chose à l’évidence s’est mis en route dans le pays. « Coup de tabac » pas « coup de tonnerre » pour Alain Duhamel, sans doute parce que dans l’Oise l’UMP a gagné au bout du compte (à dormir debout pourtant) et que l’on s’attend à la même chose dimanche 23 juin. Peut-être… et, sans doute.

Mais le plus frappant était moins dans cette relativisation, compréhensible si l’on veut, que dans les explications données y compris au plus haut niveau de l’État, parlant de « séquelle de l’affaire Cahuzac », de « hausse du chômage », alors que ces facteurs, à prendre en compte, ne sont pas les plus importants, surtout le dernier qui fonctionne depuis trente ans, et que le premier est à resituer dans un contexte plus général d’hypocrisie généralisée vis-à-vis d’un cachez-cet-argent-que-je-ne-saurais-voir. Non. Il faudrait plutôt analyser ce déficit d’explication par le refus d’observer un malaise généralisé face à la pratique d’un discours en déphasage avec sa phraséologie. Pour parler langue de coton bien sûr.

En langage dru cela donne autre chose : puisque les paramètres fondamentaux qui expliquent depuis trente ans « La France qui tombe » (pour reprendre ce titre prémonitoire de Nicolas Baverez) sont toujours non seulement relativisés mais vigoureusement niés, il est « normal » que les explications restent bien en deçà de la hauteur d’analyse nécessaire (faite en long et en large depuis longtemps mais toujours minorée).

Il s’en suit dans ce cas un doux sentiment d’irréalité. En plus il fait (enfin) beau. Sauf que cela fait toujours penser à ce « lâche soulagement » dont parlait l’ambassadeur italien en 1940 lorsqu’il tentait de réconforter son vis-à-vis français : « vous verrez, après on se sent plus léger » ; en effet, dès l’armistice signée, les Folies Bergères pouvaient reprendre, Sartre songer à écrire L’Être et le néant (paru en 1943), Picasso rencontrer Jünger dans son atelier parisien (1941). Tout va bien donc (so far no harm done). Puisque l’exception culturelle est là : celle qui précisément par ses effets spéciaux permet de garder les yeux fermés malgré des pupilles bien ouvertes ; nier, avec sourire et tact, c’est capital. En août 14 il faisait terriblement beau.

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  • Août 1940?

  • Comme le disais ce matin Canteloup :
    Election partielle; mais branlée totale !!!

  • Pour ceux qui ne serait pas au courant, en 1940, dans la deuxième partie de la bataille de France, de nombreux maires voulaient avec le soutien de leurs populations que leur ville soit déclaré « ouverte », c’est à dire qu’elle ne serait pas défendu, allant parfois même intimer l’ordre avec diverses pressions hiérarchique aux combattants déjà installé de décamper. Même pendant une guerre, le patriotisme en France subit le phénomène du « Not in my backyard ». On se bat jusqu’à la mort, mais avec la vie des autres et loin de ses propriétés … On retrouve bien à l’heure actuel dans notre pays cet esprit de priorité pour les intérêts personnels des corps intermédiaires sur l’intérêt général …

  • Le choix du mot « ejection » dans le titre n’est pas très heureux…il est très proche de « élection »..

  • Ce premier tour de Législative partielle dans cette circonscription du Lot-et-Garonne permettait surtout de tester, grandeur nature, la performance d’un candidat libéral dans une grande élection nationale.
    Mr Stephane Geyres s’est donc présenté (parmi une bonne quinzaine d’autres candidats) et a obtenu 56 voix sur un total de plus de 35 000 votants.
    On peut donc dire qu’il a été inaudible.

  • Oui, le PS s’est pris une branlée prévisible.

    Mais le fait le plus important (et de loin) de cette élection est, qu’en dépit de pas moins de 17 ou 18 listes, l’abstention a progressé… de 10 % environ !!!!!!!

    • @ AlainLib

      Pourquoi refuses- tu de débattre du score de Geyres alors qu’il y a un mois Contrepoints n’a pas arrété de parler de sa candidature ?

      • Socialist Vampires Killer
        18 juin 2013 at 12 h 23 min

        @ Trabuc
        Ton pseudonyme ça ressemble à Trouduc, donc je vais t’appeler Trouduc.
        Ca va, Trouduc? Tu as fait quoi ce matin, Trouduc? Tu as mangé une pomme au petit déjeuner? J’espère que tu ne consacres pas tes journées à baver sur Contrepoints, ce serait un peu limité comme activité… Que Geyres ait obtenu 56 voix montre qu’il a su convaincre 56 personnes, et de fil en aiguille, ces 56 personnes pourront convaincre de plus en plus de personnes, et crois-moi, suffisamment de personnes pour contrer l’égoïsme des Trouduc qui veulent profiter du travail et des biens de leur voisin par pure jalousie.
        C’est le début de la fin pour le socialisme, ce score de Geyres; c’est le début de la fin pour toi, mec. On t’aura prévenu.

      • Personne ne refuse ne débattre.
        Mais moi-même, qui lit Contrepoints assez régulièrement, j’ignorais totalement l’existence de cette candidature.
        La vérité est là : aucun média ne parle, ne donne la parole aux libéraux.
        Ou alors, dans les rares occasions, un jeune libéral (néophyte en matière télévisuelle) tout seul, qui sert de punching-ball à de vieux briscards étatistes…
        Le Libéralisme est la seule voie par laquelle la France et l’Europe pourront sortir du marasme économique dans lesquelles le social-étatisme les a plongées !!!

      • Sacré trouduc !!!

        Alors, pour ta gouverne, et d’une, le candidat libéral part de zéro (parti fondé en janvier 2013, etc…), sans AUCUNE médiatisation, avec une étiquette (libéral) diabolisée A MORT par le reste de la « classe » politique.

        Et malgré tous ces boulets attachés aux chevilles, il réunit 56 voix ????

        T’es vraiment une pauvre tâche, Trouduc.

        En revanche, que l’abstention ait progressé de 10 % prouve que les français n’ont plus confiance en tes idoles socialistes, bouffon.

        • On peut savoir ce qui vous autorise à venir insulter un mec sur un sujet sur lequel il n’a émis qu’une opinion mesurée?
          Contrepoints n’est pas un bistrot, allez vous exciter ailleurs.
          Ça évitera aux libéraux de passer pour des gros cons vulgaires, et leur permettra de capitaliser ces 56 voix qui vous tiennent tant à coeur.

          • Trabuc est un serial trolleur, il sévit régulièrement sur Contrepoints pour poser ses petites crottes. D’où les réponses obtenues.

  • L’article en lien de l’Express consacré à Jünger est une infamie. On y lit la diatribe acide d’un nain contre un géant. De la même vaine qu’Onffray, aussi niais et vain.

  • Je connaissais la formule « lâche soulagement » sous la plume de Blum commentant les accords de Munich. Dans quelle capitale l’ambassadeur italien a-t-il repris la formule à l’intention de son collègue français ? Et connaît-on la réponse du Français ?

  • hippolyte canasson
    19 juin 2013 at 11 h 44 min

    Que la branlée se soit terminée par une éjection est tout à fait naturel.

  • Le plus cocasse est que la candidate du « Parti d’en rire » a fait plus de voix que celui d’EELV.

    Il faut refonder le MOU (mouvement ondulatoire unifié) du regretté Pierre Dac.

  • Les commentaires sont fermés.

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