Le libéralisme, seul vrai chemin pour aider les pauvres dans le monde

En France, ceux qui comprennent l’économie ne s’occupent pas des pauvres et ceux qui s’occupent des pauvres ne comprennent pas l’économie.

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Le libéralisme, seul vrai chemin pour aider les pauvres dans le monde

Publié le 16 juin 2013
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En France, ceux qui comprennent l’économie ne s’occupent pas des pauvres et ceux qui s’occupent des pauvres ne comprennent pas l’économie.

Par Florent Ly-Machabert

Un jour viendra, peut-être, où l’Occident prendra le temps de s’intéresser vraiment à ces pays que nous, les White Anglo-Saxons Protestants (bien que je sois plutôt catholique pour ma part), avons coutume – pas toujours en toute modestie – d’appeler « pauvres ». S’intéresser à eux, ce serait s’intéresser aux deux tiers de la population mondiale ; au bas mot, étant donné que ce chiffre comprend les pays en développement (les « émergents ») ainsi que la cohorte des ex-pays communistes, mais qu’il exclut les « pays les moins avancés », doux euphémisme pour désigner les pays les plus pauvres du monde, ces parias de l’économie de marché, qui n’attirent l’attention des mass media qu’au rythme de leurs guerres civiles ou ethniques, de leurs coups d’État militaires ou de leurs épisodes de famine les plus atroces (comme au Bangladesh en 1974) – mais suffisamment atroces toutefois pour qu’on décide d’acheminer jusqu’à eux des sacs de riz avant de les oublier aussitôt.

Un jour viendra, peut-être, où l’Occident saura se souvenir qu’il en est lui aussi passé par là, dans sa phase pré-capitaliste qui aboutit au déclin – relatif – de l’État, il y a toute juste deux siècles, Angleterre et France en tête et révolutions industrielles à l’appui.

Un jour viendra, peut-être, où l’Occident portera son attention à ces pays que je préfère qualifier de « sous-capitalisés », comme il le fut aussi avant de commencer à connaître une croissance économique régulière et plus soutenue, expression qui a le mérite, selon moi, de rappeler qu’il existe en leur sein d’immenses économies ainsi qu’un grand nombre de biens. L’économiste péruvien Hernando De Soto a tenté de les estimer : plus de 40 fois le total des aides au développement allouées à ces pays depuis la fin de la Seconde guerre mondiale ; plus de 20 fois leurs flux entrants d’IDE ; plus encore que leurs avoirs publics, leur capitalisation boursière respective ou les prêts que leur a consentis la Banque Mondiale. Si on risque un chiffre : plus de 10 000 Mds $, rien qu’en patrimoine immobilier, milieux urbains et ruraux confondus, soit les deux tiers du PIB annuel de la Zone Euro !

D’où vient le problème alors, me direz-vous ?

Il vient de ce qu’en Occident ceux qui comprennent l’économie ne s’occupent généralement pas des pauvres (il y a des exceptions, c’est vrai, comme Bill Gates ou Warren Buffet) et ceux qui s’occupent des pauvres (à qui ceux qui comprennent l’économie se font un plaisir de laisser cette tâche) ne comprennent pas (toujours) l’économie.

Il vient de ce que l’Occident, faisant le constat de l’existence dans les pays pauvres d’un immense « capital mort » (j’emprunte l’expression au même De Soto) car extralégal, rechigne trop à lui montrer comment en extraire du « capital vif », en lui rappelant la caractère fondamental des structures institutionnelles, préalables indispensables à la constitution de tout capital, pré-requis formels sans lesquels nul capitalisme ni capitaliste authentique ne peut voir le jour. Historiquement, l’artisan ou le petit commerçant hypothéquait sa maison pour souscrire un emprunt bancaire et ainsi financer son activité. Mais l’hypothèque, et même l’accès au crédit, suppose la reconnaissance de droits de propriété officiels et intégraux (usus, fructus et surtout abusus) ; ce qui n’est pas le cas des capitaux morts amassés par deux tiers de la planète, pas le cas de 50% du PIB russe fondé sur l’extralégalité, pas le cas de 85% des nouveaux emplois créés en Amérique Latine, pas le cas des 3 millions de Chinois travaillant dans les ateliers de Pékin… Comprenons-nous : ces chiffres ne font pas état de pratiques « hors-la-loi », mais « sans-loi », c’est-à-dire en dehors de tout effort de contractualisation au sens où nous l’entendons en Occident.

Il vient de ce que les Occidentaux savent que pour qu’une économie croisse, on ne peut s’en remettre aux seuls aboiements de chiens de garde ou au seul témoignage des voisins pour borner une propriété privée, mais qu’il ne s’en trouve pas un pour leur dire comment lever ce mystère du capital !

Au beau milieu de leurs quartiers les plus pauvres et leurs bidonvilles, se trouvent, à défaut d’hectares de diamants, des milliers de milliards de dollars, tout prêts à servir, si seulement le mystère du capital de la transition des biens en capital vif pouvait être levé. — Hernando De Soto

Pas un pour aider ces pays à activer, à convertir le potentiel de production nouvelle contenu dans le stock de biens qu’ils ont accumulés et qui pourraient générer croissance et développement économiques, sous condition de leur formalisation – c’est-à-dire de la mise en place, formelle, légale et officielle d’un régime de propriété privée qui en conférant à ces biens une « existence représentative » leur permettrait d’avoir une vie parallèle, en ouvrant de nouvelles portes aux propriétaires, comme le crédit ou l’hypothèque.

Pas un en Occident pour prendre le temps de dénoncer avec Fareed Zakaria les explications culturelles des phénomènes sociaux « qui perdurent parce qu’elles plaisent aux intellectuels. » Pensons, en France, à Pierre Bourdieu, sociologue de la paranoïa.

Pas un économiste occidental pour remettre en perspective ce que je qualifierais volontiers de faux problèmes, pourtant systématiquement mis en avant : l’envahissement des villes pauvres par les ruraux, l’insuffisance des services publics, l’amoncellement des ordures, la mendicité des enfants dans les rues, la confiscation des bénéfices des réformes agraires par une minorité… que sais-je encore !

Pas un – il fallut attendre De Soto, pas spécialement occidental – pour cerner le vrai problème : celui de la redistribution majeure du pouvoir que ces faux problèmes imposent et donc celui de la spontanéité de l’extralégalité, jugée moins contraignante, même si, in fine, elle est plus coûteuse (il faut bien s’acquitter de l’impôt mafieux) et obère toute perspective de développement en l’absence de droit formel.

Que ceux qui, au Sud comme au Nord, comprennent l’économie, sans dogmatisme ni tendresse particulière pour les idéologies de tous crins – des libéraux donc a priori, ces partisans d’une philosophie du droit fondée sur la liberté, la propriété privée et la responsabilité (toutes et seules valeurs qui rendent possible l’exercice d’une authentique charité bien loin du sirupeux concept de « justice sociale » à la française) – fasse montre d’un peu de pédagogie quant aux effets vertueux de l’instauration d’un régime formel de propriété. Avec des titres officiels reconnaissant la propriété privée, il deviendra possible aux pays en développement, aux émergents et aux PMA, de fixer le potentiel économique des masses de biens accumulés, c’est-à-dire leurs qualités relatives et non propres. Il leur sera loisible de regrouper et d’unifier les informations juridiques les concernant, au sein d’un système qui en valorise tous les éléments. Il deviendra plus aisé de responsabiliser chacun, ne serait-ce que par la disparition de l’anonymat qui pèse actuellement sur ces milliards. La propriété privée a aussi cet effet qu’elle rend les biens fongibles, permettant à ceux qui les détiennent aux yeux de tous de les diviser ou de les réunir pour en avoir l’usage. La propriété, et ce n’est pas le moindre de ses bénéfices, crée également des liens sociaux : tout propriétaire officiel devient membre d’un réseau d’agents économiques. Un tel régime protège enfin les transactions, j’en veux pour preuve la centralisation qu’il a par exemple rendu possible du cours des matières premières à la bourse de Chicago.

Aussi, vous l’aurez compris, m’apparaît-il incontournable de faire en sorte qu’il devienne dans ces pays moins cher d’agir dans la légalité, et d’adapter la loi aux besoins économiques et sociaux de la population pour formaliser l’extralégalité. N’est-ce pas d’ailleurs ce qu’en leur temps ont fait les colonies britanniques sur la côte Est en prenant leur indépendance vis-à-vis du droit anglais devenu inadapté ? Puis les USA en 1862 avec le « Homestead Act » qui alloua devant le fait accompli soixante-quatre hectares de terre libre aux colons en échange de leur promesse d’y vivre au moins cinq années et d’en assurer l’exploitation ?

Lutter contre la pauvreté dans le monde, c’est avant tout faciliter l’accès à la propriété privée en définissant de nouveaux contrats fonciers.

Lutter contre la pauvreté dans le monde, c’est laisser les arrangements locaux influencer l’élaboration d’un droit officiel intégrant ces contrats ; car un libéral ne force rien ni personne, il croit en un ordre spontané, résultat indéfinissable d’une infinité d’arbitrages individuels, mais infiniment supérieur à tout interventionnisme étatiste et autoritaire.

Lutter contre la pauvreté dans le monde, c’est réduire, par des moyens politiques, les obstacles érigés par des siècles de réglementations obsolètes, impropres et faites par et pour moins d’un cinquième de la population de ces pays.

Lutter contre la pauvreté dans le monde, c’est, si l’on s’est intéressé un peu sérieusement à la science économique et à l’économie politique, et que l’on a vu un peu de lumière dans le courant libéral, ne pas abandonner cette cause, par paresse, lâcheté ou égoïsme, à l’Église ou aux ONG, sur lesquels les économistes libéraux ont un avantage comparatif qu’il serait profitable à tous qu’ils exploitent davantage.

Et qui y gagnera en plus des pauvres eux-mêmes (et c’est le plus important) ? L’emploi : les banques bien sûr, mais aussi les sociétés de prêts hypothécaires, les organismes certificateurs, les compagnies d’assurance, les entreprises et services publics, sans oublier la diplomatie, puisque liberté rime toujours avec déclin des tensions internationales.

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  • En France, à la lumière des attaques contre les entrepreneurs et les investisseurs, on fait le chemin inverse proposé par de Soto pour sortir les pays pauvres du sous-développement. Du capital vif (par exemple les compétences indéniables des autoentrepreneurs révélées grâce à leur statut), les socialistes vont faire un capital mort.

    Parce qu’elle méprise le capital, la petite URSS française est en voie de sous-développement.

  • Texte développant des idées intéressantes et remarquables.

    Mais malheureusement illisible pour des individus moyens : phrases extrêmement longues, abus des digressions et mêmes des digressions à l’intérieur des digressions, références culturelles obscures …

    Écrivez comme Maupassant pas comme Proust si vous voulez être compris.

    • Entièrement d’accord. J’ai abandonné la lecture à moitié du chemin. J’en avais assez de relire trois à quatre fois la même phrase. 🙁

      • De même, la fatigue aidant probablement, j’ai eu un peu de mal à ne rien rater.
        Mais si la forme est peu accessible, le fond est particulièrement interessant.

  • Tout à fait exact, mais il y a déjà un préalable : l’état civil !
    Comment peut-on être propriétaire, si on n’existe pas ?
    Jusqu’à présent, cette notion, comme celle d’usage d’un terrain, est lié à un pur droit coutumier local, et donc non négociable.
    Il en va de même pour les pauvres richesses : les troupeaux sont mélangés, les greniers à mil aussi, et quelle que soit la nourriture, c’est « pot ouvert » à tout le monde.
    Mieux encore, celui qui par hasard se mettrait à gagner de l’argent devra le partager avec toute sa tribu, ce qui n’encourage guère l’épargne, préalable au moindre capitalisme.
    De leur côté, les Etats ne se bousculent pas pour faciliter les choses, et souvent la moindre formalité administrative doit s’effectuer à 1.000 kms du lieu de résidence. Autrement dit, on renonce.

    Bien entendu, un cadastre ne permet pas de passer d’un système flou et collectif à un système comme nous en connaissons : parce que ce système collectif, c’est aussi la sécurité sociale pour ceux qui n’ont rien.

    Bref, les yaka sont assez dérisoires, il faut laisser à ces pays le temps de se structurer selon leurs données culturelles et non les nôtres, et pendant ce temps, les bobos continueront à frétiller en payant chez des produits issus du « commerce équitable », qui font la joie de ceux qui obtiennent aides, conseils, transports et distribution gratuits … et ruinent les autres dans une innommable concurrence déloyale 🙂

  • En dernière analyse, la démographie est neutre.

    La notion de surpopulation est un pur jugement de valeur sans fondement économique objectif, le fruit d’idéologies mortifères inhumaines et illibérales. Egalement, le concept de pillage des ressources n’a aucun sens intelligible sur un marché libre (les ressources appartiennent à ceux qui les extraient et les exploitent), dès lors que les prix et les quantités de marché sont connus.

    La pauvreté n’a d’autre explication que l’existence d’institutions immorales bafouant la vie, la liberté et la propriété privée.

    • Je ne pense pas que la démographie soit vraiment neutre.

      Je vous suis pour trouver ridicule de dire que les ressources ne suivent pas la démographie mais je me demande si depuis l’apparition de la contraception, ce n’est pas plutôt la démographie qui se mettrait à suivre les ressources dans les pays développés.

      Quelques exemples :
      Les japonais ont un taux de fertilité très faible qui peut s’expliquer par le manque d’une ressource de base, l’espace. Avec son papy boom, si le Japon avait maintenu une forte natalité, je ne sais pas vraiment comment ils s’en sortiraient.
      En France, le quotient familial, les allocs, les autres aides, l’apparente « gratuité » des études et des soins ont pour effet d’augmenter artificiellement les ressources en cas de naissance (ou plutôt de diminuer le coût en ressources d’un enfant) et soutiennent donc la natalité. Ici encore, l’impact est fort sur l’ensemble de la population (du fait de la retraite par répartition…)
      Aux Etats unis, la natalité reste également forte (>2 enfants par femme) mais du fait d’une population dont la proportion de migrants est importante, l’accès au mode de vie plus occidental a induit une impression pas forcément de ressources abondantes mais plutôt d’un cadre plus acceuillant pour élever des enfants qui soutient la natalité de ces populations habituées à des conditions plus difficiles.

      Dans les pays d’Afrique, d’une part la contraception est moins accessible mais je pense aussi que les enfants ne sont pas perçus comme en occident et occupent un rôle d’assurance retraite avec une cellule familiale forte et d’aide pour des travaux agricoles ou d’artisanat. Une forte démographie dans ces pays ne peut que leur être bénéfique pour « combler leur retard » selon moi.

  • « Le libéralisme, seul vrai chemin pour aider les pauvres dans le monde »

    L’ultralibéralisme, la nouvelle religion.

  • Si, dans l’ensemble, j’adhère aux idées qui sont développées ici, je leur trouve cependant deux bémols : la reconnaissance de la propriété foncière n’est pas universelle, et elle n’est plus vraiment équitable. Deux exemples qui me viennent immédiatement : que faire des peuples nomades ? les plier à la sédentarisation ? Et qu’en est-il des terres appauvries par des siècles de mauvaise gestion (territoriale, j’entends) ? que peuvent-elles valoir face à d’autres théoriquement épargnées ?

    Les réponses éclairées sont les bienvenues. Merci d’avance !

    • He bien vous n’aurez pas de réponse de la part des libéraux, par contre si vous êtes préoccupés par la limitation des hauts salaires Suisse, là ils sauront vous répondre !

      Ce n’est qu’une question de centre d’intérêt d’individualistes

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