Peut-on être libéral et anti-capitaliste ?

L’application d’un programme authentiquement libéral devrait avoir pour effet de rendre impossible le développement du « grand capitalisme ».

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Karl Marx et Frédéric Bastiat

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Peut-on être libéral et anti-capitaliste ?

Publié le 5 juin 2013
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L’application d’un programme authentiquement libéral devrait avoir pour effet de rendre impossible le développement du « grand capitalisme ».

Par Christian Laurut.

Dans l’esprit commun, capitalisme et libéralisme sont associés dans une seule et même fonction socio-économique, sans qu’il soit possible de les séparer et de distinguer les différences, voire les écarts, qui les opposent. À cet amalgame populaire s’ajoute une imprécision référentielle dans la définition de chacun des deux concepts.

Le capitalisme est un concept à la fois économique, sociologique et politique, mais sa définition donne lieu à des variations dans l’espace et dans le temps, en fonction des sensibilités politiques des personnes qui emploient le terme. C’est ainsi que l’une de ses composantes de base, à savoir la recherche du profit et l’accumulation du capital par la propriété privée des moyens de production, s’accompagne de « l’exploitation de l’homme par l’homme » selon Karl Marx, ou résulte de « l’éthique des premiers entrepreneurs refusant le luxe et la consommation » selon Max Weber. Le mot commença à être employé au début du 19ème siècle par des penseurs aussi différents que l’économiste David Ricardo et le poète Samuel Coleridge, puis repris un peu plus tard par Pierre-Joseph Proudhon, Karl Marx, Friedrich Engels, le politicien Louis Blanc, l’économiste Werner Sombart et le sociologue Max Weber. Cette diversité d’utilisation et, par voie de conséquence, cette ambiguïté de signification perdurent encore aujourd’hui, où le terme, loin d’être doté d’une acception consensuelle, fait l’objet de multiples caricatures souvent destinées à argumenter un propos dénonciateur. Car contrairement au terme « libéralisme », le capitalisme se trouve, la plupart du temps, employé dans un sens péjoratif aussi bien par l’économiste distingué que par l’individu anonyme, avec une accentuation dépréciative nettement plus marquée à l’encontre du disciple qu’envers l’idéologie générique.

Ainsi, depuis la chute du mur de Berlin, le capitalisme ne semble plus avoir de rival sur la planète en tant que système socio-économique recevable et, bien qu’obscurci en permanence par l’ombre portée marxiste de l’ «exploitation de l’homme par l’homme », il jouit d’une position de fait dominante et incontestable, même si un consensus commun s’est peu à peu établi pour en atténuer les soi-disant rigueurs. Si l’idéologie, donc, est considérée, bon an mal an, comme légitime pour présider à l’organisation des échanges marchands entre les hommes, il n’en va pas de même pour ceux qui la mettent en œuvre au quotidien, c’est-à-dire les capitalistes, dont la simple évocation rappelle l’ancienne et terrible renommée des bolcheviks, couteau entre les dents, monstres assoiffés de sang et mangeurs d’enfants. Le capitaliste cumule dès lors sur sa tête tous les non-dits et les refoulés collectifs dont il semble politiquement incorrect d’accabler son géniteur. C’est ainsi que l’opinion publique veut bien ignorer les vices habituellement attribués au capitalisme, mais pas ceux affectés au capitaliste, lequel se voit publiquement et quotidiennement dénoncé en tant qu’exploiteur, profiteur, spéculateur, égoïste, milliardaire insolent, prédateur, fasciste, ou autre dénomination repoussante et stigmatisatrice… Le capitaliste est généralement supposé être un chef d’entreprise, mais n’importe qui peut être affublé du terme pour peu qu’il soit en litige financier avec un individu qui s’estime floué par le corps social dans son ensemble. Le terme lui même est porteur d’une telle opprobre populaire que bien peu d’individus agissants osent se l’attribuer publiquement pour définir leur activité.

La contestation du capitalisme doit donc nécessairement passer par une définition très précise de la notion, sous peine d’adopter une posture politique relevant, au mieux, de la démagogie populiste ou, au pire, de l’inculture historique. Si nous nous accordons sur une définition du capitalisme constituant le plus petit commun dénominateur des principales acceptions du terme, il semble que la formule : « propriété privée des moyens de production » soit à retenir, et de nature à recueillir un consensus minimal chez les utilisateurs, toutes tendances politiques confondues. Il convient toutefois de tempérer immédiatement cette notion en adjoignant au mot composé « moyens-de-production » le complément « des-grandes-entreprises », car aucun anti-capitaliste sérieux ou déclaré n’envisage même une seconde la collectivisation de tous les moyens de production, ce qui reviendrait à considérer que l’atelier de l’ébéniste ou le bureau du consultant doive devenir propriété de l’État, ou, en toute logique, être fourni par lui dans le cas d’une création. Même dans le programme du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) d’inspiration trotskiste, l’appropriation par le peuple (lire l’État) des moyens de production ne concerne que les grandes entreprises du CAC 40 !….

Pour les défenseurs du capitalisme, il importe donc de ne pas tomber dans un travers de simplification identique à celui de leurs opposants en caricaturant la pensée de ces derniers par cet abrégé trop facilement répudiable : « la collectivisation de toute l’activité économique ». Une autre composante essentielle du programme anti-capitaliste, dérivée naturellement du principe de propriété collective des moyens de production, est celle de l’extension des services publics gratuits à une liste incluant (selon le NPA toujours) la santé, l’éducation, l’eau, l’énergie, les transports, les télécommunications, la poste, l’enfance et le quatrième âge. Là encore, il convient de bien étudier la notion de service public gratuit, avec la prise en compte de ses avantages et de ses inconvénients, à savoir la problématique de son financement, ses limites d’application et sa pertinence dans un contexte de déplétion prochaine des ressources fossiles et minérales, avant de rejeter en bloc et par principe toute idée de gestion collective de certaines fonctions économiques ou sociales.

Un autre aspect de la question à prendre en compte est celle de l’interaction de l’État avec le capitalisme, ou, plus précisément, du rôle joué par l’État moderne dans le développement du capitalisme. En étudiant ce problème de plus près, et en se démarquant aussi bien des idées politiquement correctes que des raccourcis populaires, il apparaît que l’État moderne, cible justifiée des libéraux convaincus, se révèle, à l’analyse, le plus fidèle allié du grand capital, voire son garant juridique et financier. Il est en effet manifeste que la grande entreprise est largement favorisée par le pouvoir étatique, au détriment de la petite entreprise, et encore plus à celui de la très petite entreprise (celle du travailleur indépendant) qui cumule ainsi le double handicap de la vindicte populaire (image du sale petit patron capitaliste) et du mépris étatique. Une analyse détaillée du sujet fait même apparaître que l’État français détient des participations majoritaires dans les plus grandes entreprises dites « capitalistes » du territoire. C’est ainsi que le RECME (Répertoire des entreprises contrôlées majoritairement par l’État) recense 1217 sociétés, dont 93 dites de premier rang, qui sont contrôlées directement par l’État, ce qui explique en partie l’orientation du pouvoir en faveur du grand capital.

Un autre argument d’importance réside dans le fait que cette nouvelle notion de « capitalisme d’État » ne s’oppose pas, contrairement aux apparences, au socialisme radical et endémique qui imprègne notre société, car c’est bien dans les cohortes salariées, en bon ordre de marche, des grandes entreprises que les partis de gauche recrutent leurs supporters, plus que dans les éléments dispersés et atomisés du « small business ». En l’absence de grandes entreprises capitalistiques (dont le capital lui-même, ne l’oublions pas est souvent contrôlé par l’État), les tenants de la société étatisée et du réglementarisme tous azimuts se retrouveraient privés de leur base populaire et de leur fonds de commerce électoral, et opposés à une masse généralisée de petits entrepreneurs plus convaincus de libéralisme économique et d’entreprise individuelle que d’interventionnisme étatique et de gestion collective. En toute objectivité, l’existence du grand capital est donc nécessaire au développement des idées socialisantes, comme l’arrosage est nécessaire à la croissance des plantes et il participe à l’étiolement de la libre entreprise puisque les mastodontes économiques ainsi créés étouffent toute concurrence naissante. Constitués la plupart du temps en monopoles économiques avec l’agrément de l’État, ils se révèlent les plus féroces ennemis de la petite et moyenne entreprise, qui représentent pourtant l’expression la plus naturelle et évidente du libéralisme économique.

Cette collusion manifeste de l’État avec la grande entreprise ne s’exprime pas seulement par ses participations en capital et ses faveurs législatives, mais également par sa récente politique financière qui a délégué aux seuls établissements bancaires le monopole de la création monétaire. Avec l’abandon historique de son droit régalien de frapper monnaie et l’adoption du tout scriptural, l’État laisse désormais le système bancaire créer la monnaie par l’octroi du crédit, l’argent devenant tout simplement de la dette qui circule. De ce fait, les banques, qui ne sont pas en situation de libre concurrence et de libre exercice, qui n’engagent pas leur  responsabilité sur leurs fonds propres, et qui, en fin de compte, sont contrôlées par l’État constituent la sève qui irrigue l’organisme du grand capital dominateur, omnipotent, et fossoyeur souvent constaté de la libre entreprise.

Le lecteur aura bien compris que mon propos est de bien dissocier  l’hydre multiforme regroupant les grosses boites oligopolistiques, d’une part, et le tissu décentralisé des petites et moyennes entreprises en situation de concurrence réelle, d’autre part, afin de pouvoir associer à la première le terme de capitalisme et au deuxième celui de libéralisme. Ce distinguo ne pourra manquer de faire grincer quelques dents libérales, généralement peu enclines à mastiquer du capitalisme au quotidien, mais devrait se montrer utile dans le cadre d’une clarification terminologique salutaire et susceptible, par ailleurs, de rendre plus persuasif le discours libéral auprès de certaines audiences.

D’autant que l’application d’un programme authentiquement et strictement libéral aurait pour effet de rendre très difficile, voire impossible le développement du grand capitalisme. En effet, le démantèlement du pouvoir étatique dans l’économie aurait pour effet conjoint de saper les rouages de la méga-entreprise en leur ôtant la protection législative et juridique dont elles bénéficient aujourd’hui. L’accessibilité non contrôlée à tous les types d’activités rendrait plus difficile l’instauration de situations de monopole dans un secteur donné. La liberté d’exercice du métier bancaire et sa responsabilité financière rendue identique à celle des autres activités commerciales marquerait la fin de la création monétaire par les banques et freinerait la libre circulation des capitaux virtuels qui alimentent le grand capitalisme mondial. Enfin, la privation du pouvoir législatif de l’État rétablirait l’égalité de traitement entre les entreprises de toutes tailles, et affaiblirait considérablement les grandes entreprises. On remarquera que l’ensemble de ces dispositions ne consiste pas en un catalogue de mesures coercitives, réglementaires ou législatives, visant à modifier par la force de la Loi le fonctionnement de la machine économique, mais tout simplement en une liste de lois existantes à abolir afin de laisser le champ libre à l’ordre spontané, cher aux libéraux classiques. Il convient, à ce propos, de rappeler que n’est pas libéral qui veut et que nombre d’hommes ou de partis politiques se réclamant plus ou moins du libéralisme n’utilisent en fait ce terme que pour teinter leur étatisme convaincu d’un  léger courant d’air pur et de liberté.

Frédéric Bastiat, dans les quatorze lettres qu’il échangea avec Pierre-Joseph Proudhon dans les colonnes de la Voix du Peuple en 1949, fut amené, pour les besoins de son argumentation, à bien préciser sa position sur les affaires monétaires et bancaires face au représentant le plus prestigieux de l’anarchisme naissant. Il ressort de cet échange passionnant, initié sur le thème proudhonnien de la « gratuité du crédit », que c’est Proudhon, l’anti-autoritaire, qui défendait la création monétaire illimitée par une banque d’État (la fameuse Banque d’échange ou Banque du peuple), alors que Bastiat, le partisan de la liberté économique, prônait tout simplement la liberté des banques (formule nommée seize fois dans la seule douzième lettre), c’est-à-dire la régulation de la circulation monétaire par la dérèglementation du métier de banquier (soit la liberté d’accès à la profession) assorti d’une nécessaire responsabilité sur ses fonds propres. Ce petit retour en arrière illustre parfaitement l’imposture de certains libéraux actuels qui, loin d’appliquer les principes libéraux historiques, se situent objectivement dans la filiation d’un PJ Proudhon, dans la mesure où ils soutiennent un État qui contrôle en fait le secteur bancaire et favorise la création monétaire par la simple circulation irresponsable des crédits. Car il ne faut pas se laisser prendre à la farce de l’État soi-disant « à la merci des banques ». Il en est du secteur bancaire, comme de celui de la sécurité sociale, l’État avance masqué derrière un rideau de fumée en faisant mine de déléguer des pouvoirs qu’il exerce en réalité par sa toute puissance législative. Le réseau bancaire n’existe que par la volonté de l’État et son activité est soigneusement réglementée par lui. l’État est donc totalement responsable de son fonctionnement et porte l’entière paternité de la circulation financière qui irrigue le grand capital. Or, nous venons de voir que ce système est contraire aux véritables idées libérales…

En conclusion, il apparaît que la stigmatisation des grandes sociétés capitalistes, souvent multinationales, est loin d’être contradictoire avec la défense d’idées authentiquement libérales. Tout au contraire, les véritables libéraux gagneraient certainement en influence, tout en désamorçant plus aisément les critiques réductrices de leurs adversaires, à prendre soin de se démarquer résolument du grand capitalisme, qui, comme démontré plus haut, fait quotidiennement le lit du réglementarisme et du monopolisme, deux des plus sérieux obstacles au développement du libéralisme économique ordinaire.

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  • Voir sur ce débat cette video de Jeffrey Miron, professeur à Harvard faisant la distinction entre « pro business » et « pro capitalism ». Sa distinction « capitalism is not necessarily pro business » est lumineuse: le capitalisme est bon dans la mesure où il encourage la compétition et est donc bénéfique pour le consommateur et pour l’économie en général.
    Top 3 Common Myths about Capitalism by Jeffrey Miron http://www.againstcronycapitalism.org/2012/05/top-3-common-myths-about-capitalism-by-jeffrey-miron-video/

  • Vous confondez capitalisme et capitalisme de connivence. De fait tout votre article tombe à l’eau.

    D’autre part, quand on est « anti-capitaliste », on est contre la propriété privée de TOUS les moyens de production. Si on n’est pas contre la propriété privée de tous les moyens de production, c’est qu’on est pas anti-capitaliste. Les mots ont un sens! Ne jouez pas le jeu de la gauche qui déforme le sens des mots sans arrêts.
    Qu’ils trouvent un terme adéquat (« anti-grandes entreprises »?) plutôt que de déformer le sens des mots!

    D’autre part, je ne sais pas quelles sont vos lectures, mais OÙ avez-vous déjà vu un (véritable) libéral défendre le capitalisme de connivence, les privilèges étatiques, les subventions ou les privilèges éhontés des banques?

    En bref, vous rappelez des évidences, les idées libérales de base, mais vous les affabulez d’un terme inapproprié, suivant la tendance orwellienne de l’extrême gauche à changer le sens des mots.

    « Mal nommer les choses, c’est ajouter du malheur au monde » (Albert Camus)

    • @Mateo: « D’autre part, je ne sais pas quelles sont vos lectures, mais OÙ avez-vous déjà vu un (véritable) libéral défendre le capitalisme de connivence, les privilèges étatiques, les subventions ou les privilèges éhontés des banques? »
      Des gens comme Alain Minq ou Luc Chatel, qui se disent libéraux « TOUSSE,TOUSSE, HEMM, HRRRR ARKOFF, ah un glaire »… Ce genre de cloportes entre autre.

  • Excellent article, qui clarifie bien les termes et les éléments du débat.
    – Non, contrairement à ce que dit Matéo, il n’y a aucune confusion dans vos propos, vos distinctions et précisions des termes sont très éclairantes (à ceci près que vous qualifiez « grand capitalisme » ce que beaucoup nomment aujourd’hui « capitalisme de copinage »)
    – Oui, quasiment plus aucun anticapitaliste ne réclame aujourd’hui la disparition totale des moyens de production.
    – Oui, défendre aveuglément le capitalisme, sans discernement, c’est parfois faire le jeu des étatistes.

  • A divers titres et degrés selon les pays, de grandes sociétés capitalistes, « champions » nationaux, sont l’expression du capitalisme d’Etat, du mercantilisme qui domine les relations entre les pays, visible notamment au sein de l’OMC (protectionnisme).

    Ainsi en va-t-il des fonds souverains, résultat d’un excès d’impôts (illégitimes) dans les Etats concernés. C’est également dans un cadre mercantiliste que la Chine a développé un capitalisme compatible avec la dictature socialiste, modèle de société esclavagiste qui séduit tellement les socialistes français de droite comme de gauche. La revendication actuelle pour plus de « réglementation », les attaques contre l’ultra-libéralisme, l’innovation fiscale répressive débridée qui fait florès dans le monde occidental, sont en réalité une demande pour plus de mercantilisme, afin que les multinationales ne soient plus autonomes mais assimilées à leurs Etats respectifs.

    Des indiniais aux anti-capitalistes en passant par le personnel politique de nombreux pays, la revendication est en réalité celle du capitalisme mercantiliste contre le capitalisme libéral, celle de la violence monopolistique contre la libre concurrence. Pour ou contre la mondialisation est un faux débat, un slogan pour faibles d’esprit crédules : ce qui est en jeu est l’alternative entre deux modèles de mondialisation, l’un mercantiliste, l’autre libéral.

  • Je crois entendre encore

    http://www.lejournaldepersonne.com/2013/06/je-crois-entendre/
    Je crois… je crois que je deviens folle… complètement folle… de cette folie qui ouvre les portes de l’infini… de cette folie qui m’autorise à jouer tous les rôles… excepté le mien…
    Vous ne me captez pas… mais je vous capte. Parce que j’ai su sans doute à mon insu, choisir entre la capture et la captivité… entre la prise et la méprise.
    Je me suis réinventée une raison, d’autres raisons de vivre. Je vole de fleur en fleur, de lueur en lueur, en quête d’un maximum de lumière… comme pour imiter le seul œil du ciel, le soleil.
    Je suis folle… une folle en liberté… folle de cette liberté qui m’a rendue folle pour l’éternité.

    Maintenant que le voile arraché : Qu’est-ce que je vois de ce qu’on n’a pas l’habitude de voir ?
    Parce que figurez-vous qu’il n’y a pas plus lucide qu’une folle qui se méfie du bonheur et de tous les marchands du bonheur.
    Qu’est-ce que je vois ?
    Un monstre à deux têtes… qui dévore et scelle les sorts… un peu à l’image du Minotaure … qui soumet la vie à la pulsion de mort… le drame se situe dans un labyrinthe… on y entre mais on n’en sort pas.
    Un monstre à deux têtes capitalisme et démocratie. Les deux maux qui font le plus de mal… l’abîme qui fait le plus de victimes… c’est sans issue.
    On n’a droit qu’aux espérances. Et elles seront toutes déçues.
    On ne vous l’a jamais dit, mais toute capitalisation est une capitulation… toute possession y compris la moins signifiante fait de chaque possédant un possédé.
    Quoiqu’on en dise, la propriété n’est pas le propre de l’homme, mais de notre face sombre, de notre part d’ombre. C’est l’avoir qui rompt et corrompt l’influence de l’être et met l’être sous influence.
    Oui… je ne vois que ça : le flux des capitaux entre personnes décapitées. Des riches qui ont perdu la tête et des pauvres qui s’entêtent.
    Aucun des deux ne règlera la dette… vis à vis de l’être.
    Parce que la perte, la magie de la perte est le seul horizon possible. On y perd plus qu’on y gagne.
    Tout le jeu consiste à produire le maximum d’ustensiles pour se sentir utile et moins futile.
    Mais en vérité, on ne fait que reculer l’échéance… en remplaçant une illusion par une autre… le temps de se remplir avec le verbe avoir et de vider les êtres du verbe être.
    Et dire… et dire que l’on peut se contenter de peu… rien n’y fait; l’homme n’en a jamais assez… de ses pseudos certitudes et de ses mauvaises habitudes.
    La démocratie complète ce sombre tableau où pour servir le plus grand nombre nous nous condamnons à ne servir que des ombres.
    Personne n’y trouve son compte en fait, même si le droit prétend tout le contraire.
    Quand on a les solutions, on n’a pas tous les accords, et quand on a tous les accords on n’a pas les moyens pour conclure le marché. Marché de dupes!
    On tourne en rond, aux portes de nous-mêmes avec des libertés qui couvrent tout et n’ouvrent sur rien…

    Songes et mensonges, c’est tout ce qui nous reste entre les mains quand on oublie la clé, la clé des songes… que vous appelez être et que j’appelle Dieu. On dira que je suis folle… et probablement je le suis…

  • Mateo , Pour votre remarque sur l’auteur de l’article défendant le capitalisme de connivence ( effectivement la plaie de l’entrepreneuriat , partout dans le monde ) , vous avez dû mal lire ou alors en diagonale , car en conclusion , ledit auteur écrit ce qui suit / Tout au contraire, les véritables libéraux gagneraient certainement en influence, tout en désamorçant plus aisément les critiques réductrices de leurs adversaires, à prendre soin de se démarquer résolument du grand capitalisme, qui, comme démontré plus haut, fait quotidiennement le lit du réglementarisme et du monopolisme, deux des plus sérieux obstacles au développement du libéralisme économique ordinaire.

    • Justement, ce que je reproche à l’auteur c’est de faire comme l’extrême gauche: distordre le sens des mots. Et même pire: utiliser le sens des mots distordus de l’extrême gauche.

      Il rappelle des évidences (les libéraux sont contre le capitalisme de connivence, les privilèges accordés aux grands groupes, les subventions etc.) mais fait comme si c’était quelque chose de nouveau et surtout utilise les termes de l’extrême gauche (« anti-capitalisme », opposition au « grand capitalisme ») pour désigner cela. En bref, il rajoute de la confusion à la confusion, il fait le jeu de l’extrême gauche.

      Il y a des termes précis pour désigner les idées libérales sur ce sujet (et celles-ci n’ont rien de nouveau): opposition au « capitalisme de connivence » ou « de copinage », pas besoin de les affabuler « d’anti-capitalisme » ou d’opposition au « grand capitalisme ».

      • Mateo, je crois que vous êtes totalement passé à côté de l’article.
        Son intérêt était justement de partir des dénonciations des anticapitalistes (qui s’affichent aussi en général antilibéraux) pour montrer qu’elles sont en fait déjà intégrées et dénoncées dans le discours libéral.
        Partant, il était bien logique de partir du vocabulaire employé par ceux-ci. Vous n’avez pas compris le but de l’article, en fait, je crois.

        • J’ai parfaitement compris l’article. « Partir du vocabulaire employé par ceux-ci » est justement ce que je reproche à cet article. Car c’est s’avouer vaincu avant même de commencer la bataille. On ne peut gagner avec leurs armes (orwelliennes).

          • Mateo, justement le langage de l’article permet à des gens comme moi, qui viennent pour le première fois sur ce site ce soir, de comprendre une notion qui ne m’est pas familière avec des expressions d’un jargon familier.
            La faculté de l’auteur à enseigner/rendre didactique son intervention ne mérite pas d’être blâmée comme vous le faites. Vous incarnez en quelque sorte la fixation et la stagnation intellectuelle, arrêtez de vous croire supérieur, vous êtes encore un ignorant et vous l’avez démontré par vous-même à trop avoir une haute opinion de votre Petitesse.

  • Je me suis toujours définit comme libéral en prenant soin d’ajouter que libéralisme et capitalisme n’était pas la même chose… Personne ne me croit… Merci pour ce billet… Il fait partie de mes favoris 🙂

    • Cela prouve bien la nocivité de la distorsion du sens des mots. On peut définir le libéralisme comme une « philosophie du droit défendant les droits naturels (liberté, propriété, notamment propriété de son corps) et l’égalité en droit des individus » et le capitalisme comme « la propriété privée des moyens de productions ». Quand on définit correctement les mots, il n’y a pas d’ambiguïté.

      Le capitalisme est donc l’application de la philosophie du droit appelée « libéralisme » à l’économie, et le capitalisme de connivence est par définition en opposition avec le libéralisme.

      • « Cela prouve bien la nocivité de la distorsion du sens des mots. On peut définir le libéralisme comme une « philosophie du droit défendant les droits naturels (liberté, propriété, notamment propriété de son corps) »
        –> Sauf que là c’est vous qui faites une distorsion de sens. Votre définition du libéralisme exclut des pans entiers de littérature libérale (celle qui n’est pas jusnaturaliste).

        • J’ai essayé de donner la définition la plus courte possible (je n’ai d’ailleurs même pas évoqué la responsabilité, mais c’est un corollaire de la liberté).

          Mais à quoi faites-vous référence? Car le droit naturel est la base du libéralisme, tout le reste en découle. Et je parle bien du libéralisme au sens général, et pas de ses « sous-parties », comme le libéralisme économique par exemple. Il ne me semble pas qu’il y énormément de littérature consacrée au libéralisme (au sens général, j’insiste) qui ne se base pas sur le droit naturel…

  • Les échanges de Bastiat doivent dater de 1849 plutôt que de 1949.

  • Bien sur qu’on peut être libéral et anti-capitaliste ! Un libéral peut être ce qu’il veut, même anti-capitaliste, tant qu’il essaye pas de l’imposer aux autres…

    • Oui, assez d’accord. Il y a une neutralité par principe du libéralisme. Du coup, ces questions là n’ont pas de sens.
      On peut même être libéral et anti-libéraliste…
      Je joue sur les mots, comme l’auteur de l’article, d’ailleurs.
      Mais l’idée est je pense de rassurer tout le monde, un peu comme ces protestants qui voulaient se la jouer cool, et pronaient un christianisme mais sans Dieu, sans les miracles, enfin bref… n,’avaient pas le courage de leurs croyances (qu’ils auraient mieux fait d’abandonner en bloc, mais c’est leur problème).
      Tenter de dire aux gens: vous voyez, en fait le libéralisme c’est bien, c’est pas ce que vous croyez, c’est contre ce contre quoi les étatistes sont contre, donc c’est bien, je ne suis pas sûr que ce soit le plus grand service à rendre aux gens.

  • « À chacun des degrés successifs de son ascension, la bourgeoisie réalisa un progrès politique d’ampleur égale. (…) l’institution de la grande industrie et du marché universel lui livra enfin, par droit de conquête, la souveraineté politique totale dans l’État représentatif moderne. La puissance gouvernementale moderne n’est autre chose qu’une délégation qui gère les intérêts communs de la classe bourgeoise tout entière. » (Karl Marx, Friedrich Engels ; Manifeste du parti communiste)

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