Ces chères éoliennes

chères éoliennes

On nous promet des emplois, de la richesse, tout plein de « retombées »… jusqu’à ce qu’on se rende compte que les éoliennes ne peuvent survivre sans subventions éternelles.

On nous promet des emplois, de la richesse, tout plein de « retombées »… jusqu’à ce qu’on se rende compte que les éoliennes ne peuvent survivre sans subventions éternelles.

Par David Descôteaux, depuis Montréal, Québec.

Pendant le dernier week-end, le Journal a publié un article sur les déboires de l’éolien en ce moment au Québec. Un mini-fiasco qui montre comment les « politiques industrielles » et autres interventions du gouvernement dans l’économie peuvent mal virer.

En ce moment, le lobby des éoliennes, en concert avec des écologistes, presse le Parti Québécois de lancer rapidement un appel d’offres de 700 MW de puissance éolienne. Cela équivaut, selon le collègue Michel Morin qui a écrit l’article, à 350 éoliennes de plus que les quelques 1 700 déjà plantées sur le territoire québécois.

Le problème ? Hydro-Québec fait face à des surplus d’énergie. Surplus qui risquent d’augmenter dans le futur. Pire : cette énergie éolienne, dont on n’a pas besoin, coûte plus cher à produire. Beaucoup plus cher que ce que Hydro-Québec pourrait obtenir par la revente sur les marchés. Ces achats coûteront une fortune à long terme à la société d’État. Qui risque de payer pour ça ? Les consommateurs qui devront absorber les coûts de l’énergie éolienne par d’éventuelles hausses de tarifs.

C’est pourtant nos politiciens, et Hydro-Québec, qui ont pensé que ce serait une brillante idée d’appuyer le développement de l’éolien au Québec il y a quelques années, avec des programmes d’achats ciblés de mégawatts.

Des emplois en jeu

Maintenant, le gouvernement doit choisir entre deux mauvaises solutions. Continuer d’acheter de l’énergie dont on n’a pas besoin, ou faire mal à une industrie qu’on a créée de façon artificielle. Et on comprend les doléances de l’industrie. Sans nouveaux contrats, plusieurs usines de fabrications d’éoliennes devront fermer, notamment en Gaspésie. Des milliers de personnes travaillent dans l’industrie éolienne au Québec.

« Ça nous prend une annonce maintenant. Nous avons des étapes à franchir pour maintenir les usines en production. C’est un processus de 24 à 36 mois pour aller en appel d’offres, choisir les sites et obtenir les autorisations nécessaires afin de permettre aux usines d’entrer en production », disait Jean-François Nolet, de l’Association canadienne de l’énergie éolienne, dans l’article.

Au point que le gouvernement songe à offrir aux promoteurs des contrats sans appel d’offres pour accélérer le processus et sauver des emplois.

C’est ce qui arrive malheureusement trop souvent avec les politiques industrielles qui sont habituellement une combinaison de rêves de grandeur de politiciens, et de pressions de lobbys intéressés. On nous promet des emplois, de la richesse, tout plein de « retombées »… jusqu’à ce qu’on se rende compte que l’industrie en question — ça peut être l’éolien, mais aussi toute autre industrie — ne peut survivre sans subventions éternelles.

Le problème, c’est qu’au moment où les politiciens et lobbys nous vendent leur salade, tout le monde embarque. Mais une fois que la machine est enclenchée, il n’y a plus de retour en arrière. Et quelqu’un doit ramasser les pots cassés quand ça tourne mal.


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