France : des hommes politiques sourds et aveugles

Une image de la France refusant de voir et d'entendre la vérité ?

Sourds et aveugles, les hommes politiques refusent la révolution libératrice nécessaire et attendue par les Français. Jusqu’à quand ?

Sourds et aveugles, les hommes politiques refusent la révolution libératrice nécessaire et attendue par les Français. Jusqu’à quand ?

Par Philippe Robert.

Une image de la France refusant de voir et d’entendre la vérité ?

L’incroyable ampleur prise par l’affaire du mariage homosexuel, focalisant l’attention des médias sur les débordements à la marge plutôt que sur la signification profonde de ce phénomène inédit, représente aujourd’hui l’arbre qui cache la forêt : la France, gouvernée hors de tout sens commun, reprend durement contact avec la réalité.

Sans compter que l’arbre en question nous cache une réalité supérieure, l’Union européenne (UE), dont les vingt-sept États membres et plus spécialement la France et l’Allemagne fondatrices sont censés représenter, placés sous le contrôle ombrageux d’une Commission non élue, les vingt-sept piliers porteurs d’un édifice commun incertain.

En effet, ne serait-ce que sur le plan de la gestion financière des États, la Commission ne s’est-elle pas arrogé le droit de faire main basse sur les budgets nationaux, la France surendettée en tête, avec le pouvoir de les retourner pour révision dès lors qu’elle en aurait souverainement jugé selon ses propres critères non négociables ?

“En ce début de 2013, la photographie de notre beau pays est peu flatteuse. Une croissance en berne, un chômage qui progresse mois après mois et devrait (…) rapidement dépasser 11% de la population active, une balance commerciale à la cave (67 milliards d’euros de déficit en 2012). Sans oublier une dette publique qui se rapproche dangereusement des 100% du PIB (…) Bref, tous les indicateurs sont au rouge”.[1]

Le plus affligeant dans toute cette affaire, c’est de constater à quel point une forme aiguë de décadence civique a pu s’emparer, en seulement quelques courtes décennies, d’un grand pays comme la France que ses multiples responsabilités, en particulier au niveau de l’Europe, auraient peut-être dû, plus qu’aucun autre, inciter à l’exemplarité.

Mais le pire est encore à venir puisque l’actuel gouvernement de gauche de la France, visiblement sourd et aveugle à toute vraie vision libératrice d’ensemble, continue imperturbablement et avec un criminel aveuglement de charger la barque jusqu’à ce qu’elle coule bas sous les ordres erronés de son mauvais capitaine !

Nul n’ignore que la France sans l’Europe ne serait qu’une nation naine dans le concert des nations. Mais la France contemporaine, fût-elle intégrée dans l’UE, est-elle vraiment certaine de gagner au change dès lors que l’Europe se trouve elle-même confrontée à un inéluctable déclin que rien, apparemment, ne paraît en mesure de contrecarrer ?

“Les certitudes sur lesquelles s’est construite l’Europe depuis des décennies sont perturbées et au bord de l’effondrement ; l’Europe n’est plus au centre du monde qui vient et n’y sera sans doute plus jamais. Une “crise” grave y serait plus forte qu’en d’autres endroits sur terre, parce que l’Europe elle-même est, depuis des années, en situation de crise latente”.[2]

  1. Patrick Artus, Marie-Paule Virard : “Les apprentis sorciers – 40 ans d’échecs de la politique économique française” (Fayard, mars 2013).
  2. Guy Millière : “La Septième Dimension – Le nouveau visage du monde, après la crise” (L’à part de l’esprit, septembre 2009).