Mon affaire Bettencourt

Selon l'essayiste français Guy Sorman, reçu à plusieurs reprises par les Bettencourt, la fortunée famille a financé tous les partis politiques et toutes les campagnes. Témoignage.
Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Mon affaire Bettencourt

Publié le 4 avril 2013
- A +

Selon l’essayiste français Guy Sorman, reçu à plusieurs reprises par les Bettencourt, la fortunée famille a financé tous les partis politiques et toutes les campagnes. Témoignage.

Par Guy Sorman.

Nicolas Sarkozy, pour avoir dîné une fois, deux peut-être, en 2007, chez Liliane Bettencourt à Neuilly, est mis en examen. Et pas moi ? C’est injuste. À cette époque et depuis plusieurs années, j’ai dîné au moins vingt fois chez les Bettencourt. Le personnel qui renseigne si bien les juges pourra en témoigner.

Madame Bettencourt, faible ? Je n’ai jamais constaté comme faiblesse chez cette forte femme qu’une surdité de l’oreille gauche. Les Bettencourt, il est vrai, ne m’ont jamais rien donné et je ne leur ai rien demandé.

Ont-ils financé la campagne de Nicolas Sarkozy ? S’ils l’ont fait, ce n’est certainement pas en lui remettant des enveloppes bourrées de billets de banque comme le raconte une ancienne comptable de l’Oréal. Une enveloppe ne suffit pas pour une campagne présidentielle et André Bettencourt, bien conseillé, n’aurait jamais commis pareille maladresse. Les lieux non plus ne s’y prêtent pas : la maison est d’un seul tenant : on ne peut pas s’isoler dans un angle discret.

Il n’est pas niable, en revanche, parce qu’André Bettencourt me l’a souvent dit, qu’au fil de sa vie, il aura financé tous les partis et toutes les campagnes, y compris les communistes en soutenant leur journal L’Humanité. François Mitterrand fut l’un des meilleurs clients : à l’époque, il n’existait pas trop de règles et Mitterrand entretenait avec Bettencourt des liens amicaux qui remontaient aux années 1940. La seule plainte d’André Bettencourt : « Certains sont vraiment trop gourmands ». Il serait cocasse que l’on découvre que Nicolas Sarkozy fut le seul, parce que très très prudent, à n’avoir jamais rien reçu.

Un mot enfin sur l’indépendance de la Justice française : un juge peut être indépendant mais en quoi cela implique-t-il qu’il est neutre ? Quant à Liliane Bettencourt, malgré tous les efforts de ses héritiers pressés pour la rendre gâteuse, elle va bien merci pour elle.


Sur le web.

Voir les commentaires (11)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (11)
  • Voici enfin un témoignage cohérent, merci Monsieur Sorman.

    Sollicités sans répit par TOUS les quémandeurs d’argent facile (un moyen facilitant potentiellement l’exercice du pouvoir ou la réalisation d’objectifs plus personnels), TOUS les grands milieux argentés ont octroyé un jour ou l’autre des « subsides » à leurs quémandeurs.
    Soit le faisaient-ils par partage de sympathie envers une idée leur exposée.
    Soit encore sous l’envie de ne pas se faire planter des banderilles par nos « honnêtes » quémandeurs : ceux de la presse, ceux des partis, ceux de certains courants caritatifs, ceux aussi d’hypocrites flatteurs. Quand ce ne serait même à l’égard d’un personnel domestique, là où se rencontrent tous les profils, dont certains jouant l’agent double en monnayant leurs indiscrétions !

    Projeter un écran de fumée afin de masquer des agissements indélicats, TOUS les acteurs sont prompts à le tenter, en flinguant ailleurs, vers ce qui se désigne « une tête de turc » ! Faut être sot ou aveuglé pour nier de telles évidences.
    Nos milieux de la socio-politique versant largement dans l’immoralité, l’exacte vérité fait sourire, y compris celle – spécieuse – de la dite justice !

  • Sobre et explicite !!!

  • Connétable de Ranzay
    4 avril 2013 at 14 h 55 min

    Comme d’habitude avec M. Sorman, du bon sens et la connaissance du sujet traité.
    Ne pourriez vous pas suggérer au Monde ou à Libération (pris au hasard) de publier ce billet.

  • C’est évident qu’ils ont financé tous les partis d’une façon ou d’une autre et évidemment pas avec une petite enveloppe à la fin de l’entretien, le juge Gentil peut être piloté par des gens qui ne veulent pas que SARKO puissent se représenter, à montré beaucoup d’opiniâtreté et de ,diligence, mais cela fera comme pour Rama Yade,après les élections, non lieu ! pas joli joli, la France salie par ses journalistes sans éthique, ces juges de parti pris ces hommes politiques sans scrupules et jugée par ces gens sans instruction dominés par la jalousie ! Où allons nous ? Au boulot ! foin des 35 Heures, de la chasse aux riches , de l’extase devant l’immigration relevons nous ,restons dignes arrêtons la télé de la chasse à l’homme. Merci aux écrivains courageux Merci M. Sorman !

  • C’est sobre, retenu est très élégant dans l’esprit et la lettre.
    Moi j’aime les riches, même si je ne le suis pas, ou alors juste un tout petit peu (selon les critères socialistes), et j’en suis fier, car je n’ai jamais rien demandé à l’État, alors vous pensez…

  • Le Droit et la Loi.
    4 avril 2013 at 18 h 11 min

    Oui, enfin quand un ministre du budget, chargé de lever l’impôt, doublé d’un trésorier de l’UMP, fait engager sa femme pour gérer les finances de la première contribuable du pays, on peut se poser des questions sur la possibilité d’un abus de faiblesse (« ah non, mais c’est juste qu’on est hyper potes !! »).
    Sur la mise en examen de Nicolas Sarkozy, attendons de voir ce qu’il y a dans le dossier des trois juges d’instruction, ce genre de témoignage ne vaut rien (« Et pas moi ? C’est injuste. » : bah non, parce qu’il y a des chances que cette affaire vous passe très haut au-dessus de la tête, même si vous avez cassé la croûte vingt fois chez Mme. Bettencourt).

    • Les mis en examen ont l’avantage d’avoir accès au contenu du dossier justement. Et s’il s’y trouvait quelque chose, le juge Gentil serait le cadet des soucis de Sarkozy. Sa réaction contre le juge montre plutôt le caractère subjectif (son intime conviction) de la mise en accusation.

    • On peut se poser toutes les question qu’on veut. Celle de savoir si vous n’êtes pas le juge gentil déguisé par exemple, ou encore un employé d’un franc-maçon banquier juif de Zurich gestionnaire du compte secret de François Hollande, ou un militant du « tous pourris » qui se charge de semer la calomnie. C’est parano, mais « seul les parano survivront », alors …

  • La Justice socialiste est (bien) pire que sous De Gaulle.

    • révoltez vous les ouvriers les pauvres les foulons

      500 mds en suisse et on réduit les retraites en france

      vite la révolution

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Imaginez un candidat d’extrême gauche expliquer qu’il a très envie d’emm… les 700 000 millionnaires hexagonaux. Admettons que l’exemple est mal choisi tant celui-ci risquerait d'être élu lorsqu’on se souvient de l’effet d’un « mon véritable adversaire, c’est le monde de la finance » sur l’opinion française.

Prenons un exemple plus parlant : imaginez une France alternative dans laquelle un candidat d’extrême droite déclarerait qu’il a très envie de faire la même chose aux 6 millions de musulmans de ce pays. Quel tollé profondément légit... Poursuivre la lecture

Par Fabien Bottini[1. Qualifié aux fonctions de Professeur des Universités en droit public, Université Le Havre Normandie.]. Un article de The Conversation

Le 1er mars dernier, le Tribunal correctionnel de Paris a condamné Nicolas Sarkozy à trois ans de détention, dont un ferme, pour corruption et trafic d’influence. À l’appui de cette sanction, les juges ont souligné que ces infractions avaient porté « gravement atteinte à la confiance publique en instillant dans l’opinion publique l’idée selon laquelle » la justice pouvait « faire l’... Poursuivre la lecture

Par Frédéric Mas.

Après sa condamnation devant le tribunal correctionnel de Paris pour « corruption et trafic d’influence », Nicolas Sarkozy contre-attaque en s’adressant directement aux médias. Condamné ce lundi à trois ans de prison dont un ferme, l’ancien président de la République s’est fendu ce mardi d’un entretien dans Le Figaro en forme de plaidoyer pro domo.

Il y dénonce « une injustice profonde » et affirme ne pas accepter d’être condamné pour une chose qu’il n’a pas faite. Nicolas Sarkozy affirme également que le jugem... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles