Un modèle français dans l’impasse ?

Le modèle français dans l'impasse (Jean-Louis Caccomo, Tatamis)

Le modèle français semble dans l’impasse, comment trouver une nouvelle voie pour en sortir ?

Le modèle français semble dans l’impasse, comment trouver une nouvelle voie pour en sortir ?

Par Jean-Louis Caccomo.

J’ai passé les trois quarts de ma vie dans un pays en crise, larvée depuis plus de trente ans, alors que le monde a connu une croissance sans précédent dans la même période, certes perturbée par d’inévitables soubresauts, les pays émergents s’installant en deux décennies comme les futures locomotives de la croissance mondiale.

Tout ça parce que nos dirigeants, à gauche comme à droite, s’obstinent à croire à l’existence d’une « troisième voie » qui nous mène pourtant à l’impasse. Ce n’est pas nouveau. Le général de Gaulle s’efforçait de placer la France en dehors de la sphère d’influence des États-Unis et de l’URSS. Depuis, au nom d’une mystérieuse « exception culturelle », les gouvernements français nous ont fait croire que notre pays pouvait échapper aux lois de l’économie, qui, comme le nuage de Tchernobyl, se seraient arrêtées à nos frontières.

Mais, pas plus que le théorème de Pythagore n’est grec, les lois de l’économie ne sont pas américaines. Elles sont au cœur de nos comportements, de la nature humaine et du bon sens qui échappe aux élites aveuglées par l’idéologie et les modèles constructivistes.

Et tous les pays, qui ont nié les lois de l’économie, sont tombés dans la misère, la pénurie et le chômage, tandis que les pays, qui les ont acceptés et intégrés, ont décollé en quelques décennies. Il n’y a aucune exception à cette règle fatale.

Le XXe siècle est sans appel : les régimes totalitaires, qui promettaient un monde sans inégalités et sans pauvreté, ont implosé sous l’effet de leur propre ruine morale et économique. À leur tour, les social-démocraties, sous le poids d’une dette devenue insoutenable, et qui condamne l’avenir même de nos enfants, ont dû entreprendre les réformes indispensables et nécessaires que, seule au monde, la France se refuse à faire.

Entre ces deux voies sans issue, il est encore temps de redécouvrir la seule troisième voie qu’il a fallu tant de siècles à découvrir, celle de l’État de droit fort et respecté, mais limité à ses prérogatives essentielles, des institutions de la république sans lesquelles une économie de liberté et de responsabilité ne peut s’épanouir.


Article paru initialement sur Le Cercle Les Échos