Après Chypre, est-ce le tour de la Slovénie ?

Des banques plombées, un État incapable de les renflouer seul…

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
banka slovenije 3

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Après Chypre, est-ce le tour de la Slovénie ?

Publié le 27 mars 2013
- A +

Des banques plombées, un État incapable de les renflouer seul…

Par Thibaut Doidy de Kerguelen.

Banka Slovenije, la banque centrale de Slovénie.

Nous apprenons coup sur coup que le FMI annonce 7 milliards de créances douteuses dans les banques slovènes qui pourtant affichent des bilans satisfaisants. Cela signifie clairement que les actifs publiés ne le sont pas à leur juste valeur de marché car aucun écart d’acquisition (goodwill) n’est mentionné dans les bilans. Les banques slovènes trichent. Dans la foulée, Nova KBM, deuxième banque slovène par le total de son bilan, vient d’être dégradée de deux crans de B3 à Caa2 au rang de valeur ultra-spéculative par Moody’s. Ce n’est pas terminé, voici maintenant Nova Ljubljanska banka (NLB), la plus grande banque slovène, qui annonce devoir procéder rapidement à une augmentation de capital…

Tout cela sent le déjà vu, n’est-ce pas ?

La banque centrale de Slovénie s’est sentie obligée d’intervenir hier lundi pour déclarer que les dépôts dans les banques slovènes sont sûrs et affirmer qu’elle est beaucoup plus petite que son homologue chypriote et nié tout risque qu’elle suivrait Chypre dans la voie de la taxation des dépôts bancaires. Elle a précisé, en guise de justification : « L’une des raisons qui a motivé la taxe sur les dépôts dans les banques chypriotes est la part importante des dépôts des citoyens étrangers là-bas. En Slovénie, la part des déposants étrangers est symbolique ». Elle a précisé aussi que l’actif du bilan des banques slovènes représentait 135 pour cent du produit intérieur brut par rapport à 800 pour cent à Chypre.

Le ministère slovène des finances a déclaré à l’agence Reuters : « la comparaison avec Chypre dans ce contexte est tout à fait inappropriée », ajoutant qu’aucune banque n’avait enregistré de retraits d’argent ou de transferts inhabituels.

Les plans de sauvetage sont payés… par nous !

Toutes ces déclarations me rendent pour ma part plus sceptique que rassuré. Si les banques en Slovénie abritent effectivement quelques 7 milliards d’euros de créances douteuses identifiées par le FMI, ce qui équivaut à environ 20% du PIB, cela veut dire que la spéculation est persistante et que le pays pourrait avoir à faire appel, à l’exemple d’autres pays « vulnérables » de la zone euro, au plan de sauvetage de la troïka.

Ne perdons pas de vue que chaque « plan de sauvetage » a un coût. Celui de Chypre coûtera entre 2 et 3 Md€ aux contribuables français. Nous pouvons légitimement nous poser la question de savoir si, à l’heure où la France est contrainte pour des raisons budgétaires internes de faire des coupes sombres dans ses dépenses, il ne vaudrait pas mieux laisser les banques de ces pays faire faillite. Est-il logique, est-il normal que les contribuables français paient pour le renflouement des banques chypriotes, slovène ou portugaises ?

La crise de la zone Euro est bien devant et non derrière nous !

Il semble bien que, comme nous l’annonçons depuis plusieurs années, les branches pourries de l’Eurozone tombent les unes après les autres, nous coûtant finalement plus cher que si elles étaient tombées plus tôt. Et dire que « certains » nous annonçaient récemment que la crise de la zone Euro était derrière nous…


Sur le web.

Voir les commentaires (6)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (6)
  • Et oui, Porcinet ne cesse de nous dire que tout va bien, alors que tout va de mal en pis…..

  • Les banques doivent faire faillite, ça suffit. Qu’ils fassent payer actionnaires, créanciers, gros déposants dans le meilleur ordre pour essayer de sauver le max des petits épargnants, et puis basta. Les contribuables n’ont pas a payer, les banques en faillites doivent tombées. Qu’on en finisse avec l’aléa moral, qu’on assainisse le système bancaire.

  • Si l’auteur dit vrai , oui tous les européens devront payer les erreurs dont ils ne sont pas responsables et ajouter de la dette à leur dette Rappelons qu’une autre solution est possible : revenir à la monnaie nationale , malgré la séparation effectuée (Tchecoslovaquie ) : » » combien de temps encore vont « tenir ces « politiques « de l’Europe de Bruxelles ? L’état de délabrement de cette Europe là, ne suffit-il pas à comprendre ? Il suffirait de regarder peu de temps en arrière , au temps où une partie des mêmes changeait d’avis et considérant sans doute que nous n’étions que des idiots et qu’eux seuls savaient ce qui était bon pour nous attendaient un moment plus favorable et nous faisaient revoter quand les résultats leur déplaisaient : Avons-nous oublié les traités de Maastrich , de Lisbonne etc etc contre lesquels j’ai toujours voté , par méfiance élémentaire d’abord , par conviction ensuite «  »

    • Jefferson: « revenir à la monnaie nationale  »

      …Pour que les gouvernements puissent dévaluer comme des porcs, c’est à dire prélever un impôt supplémentaire pour cacher leur incompétence budgétaire.

      Au bout c’est toujours le naufrage, personne ne peut dépenser plus de richesse qu’il ne gagne pendant 40 ans.

      La source du problème n’est pas l’Europe ni la monnaie, c’est la démagogie et l’incompétence ahurissante des dirigeants, de la presse et de l’intelligentsia des pays du sud. On jettera quand même un regard soupçonneux sur les peuples des dits pays, avaler sans sourciller des pitreries pareille c’est fort quand même.

  • Il est fort probable que la Slovenie ne soit pas aussi pire que Chypre. par ailleurs il n’y a effectivement personne a sacrifier la bas (on ne peut pas faire payer la facture aux oligarques russes). En revanche, il est clair que leur endettement est une contribution au probleme.
    Mais tout le monde sait que le vrai souci viendra de la FRANCE. Quand la France ne pourra rellement plus faire face a ses obligation financieres, que l’Etat francais sera techniquement en faillite, C’est a dire que personne ne voudra lui preter, c’est LA que l’Euro flanchera.

  • mais oui, et ça occupera l’actu encore plus longtemps, et tapera et menacera le bas peuple.
    Où sont les commissions qui ont évalué ces états ?
    Où sont les baromètres sensés nous protéger ?

    fumisterie cette europe de la finance

    on est encore parti pour 3 ans de sommets de la dernière chance, d’ultime négociation, c’est ce soir que tout va se jouer…..

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Delphine Moret.

La crise sanitaire a dopé le paiement électronique, par carte bancaire ou sans contact, comme l’a constaté la Banque centrale européenne (BCE). Les restrictions des déplacements et des interactions physiques ont accéléré le boom du e-commerce et l’utilisation des moyens de paiement digitaux. De plus, la crise du Covid-19 a été marquée par des opérations d’influence d’envergure et une attaque en règle de la réputation du billet de banque, accusé à tort de transmettre le coronavirus. « Un tsunami informationnel » qui ... Poursuivre la lecture

Avec la chute du mur de Berlin en 1989 a commencé l’une des plus importantes transitions économiques de tous les temps. Comme le note Joseph Stiglitz près de 15 ans plus tard dans La Grande Désillusion (Le livre de poche, 2003) : « Elle a donné en Russie des résultats très inférieurs à ce que les partisans de l’économie de marché avaient promis ou espéré ».

C’est un euphémisme, car de cet épisode très douloureux pour la société russe est né un capitalisme des copains et des mafieux mais non une économie de marché. Les élites alors au p... Poursuivre la lecture

Aujourd’hui, nous aborderons deux points : l’absence d’un mécanisme de compensation dans un système de Banque Centrale, et l’éventualité qu’une surexpansion bancaire se produise dans un système de Banque libre à réserves fractionnaires. Ce faisant, cet article est dans la suite directe du précédent concernant la loi des compensations adverses.

Le problème de la connaissance : les Banquiers centraux ont besoin d’une information qu’ils ne peuvent pas obtenir

Un partisan de la Banque centrale ferait remarquer que celle-ci a accès à des i... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles