Sur la pente glissante de l’européanisation

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Moyennant l’emploi de silencieuses et agaçantes manigances, nous sommes lentement ‘européanisés’.

Moyennant l’emploi de silencieuses et agaçantes manigances, nous sommes lentement ‘européanisés’.

Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume Uni.

Déplacer le jour de vote du Jeudi au Samedi est l’un de ces petits et déplaisants changements que nous sommes incités de faire afin d’assurer l’intégration européenne. Nous avons déjà déplacé nos élections locales de Mai à Juin pour nous accorder avec l’agenda du Parlement européen. Nous avons abandonné notre système de majorité à un tour pour la liste des partis. À présent, on nous demande de voter à un jour différent de la semaine.

Le raisonnement originel induisant de refuser le Samedi était que la population protestante du Royaume Uni n’apprécierait pas de voter un jour de sabbat. Cette pensée n’a pas entièrement disparu : il existe toujours des groupes de croyants honorant le sabbat, bien qu’ils soient moins nombreux qu’auparavant. Et alors que nos ancêtres du 17ème et 18ème siècle croyaient qu’ils étaient séparés de l’Europe en partie par leur protestantisme, les fidèles actuels ont faibli en membre et ont une vision plus œcuménique.

Ce qui reste gênant, en dépit des faits exposés, est l’obligation de changement uniquement par conformité avec les résolutions européennes. La Grande Bretagne semblait toujours être le vilain petit canard. À l’inverse l’UE tend, assez naturellement, à refléter le modèle politique des États continentaux. Son Parlement est semi-circulaire et élu en représentation proportionnelle. Ses principaux groupes politiques sont sociaux-démocrates ou chrétiens démocrates. Son système juridique est inspiré du droit romain plutôt que du droit commun. Elle confère préférablement plus de pouvoir à son obèse bureaucratie qu’à ses instances législatives. Elle considère ses échanges ‘internes’ plus important que le commerce extérieur à son territoire. Ses unités de mesures sont françaises plutôt qu’impériales. Elle soutient une économie agraire et d’exportation alimentaire. Au fur et à mesure, on constate que c’est à la Grande Bretagne de s’adapter à ces pratiques.

Pourquoi ? Pourquoi contorsions-nous nos institutions afin de nous empêtrer dans une partie du monde en déclin ? Alors que l’UE périclite, le Commonwealth et les marchés de l’Anglosphère se maintiennent, avec des institutions, des lois, des habitudes et une langue similaire. Pourquoi nous écartons-nous des prometteuses parties du monde ?


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Traduction : Barem/Contrepoints.