L’« assisté de droite » et la débrouillardise

Nous avons tous autant que nous sommes l’habitude d’être assistés, quelles que soient nos orientations politiques, de gauche comme de droite.

Nous avons tous autant que nous sommes l’habitude d’être assistés et ceci est valable pour chacun et quelles que soient nos orientations politiques, de gauche comme de droite.

Un billet d’humeur de Charles Sannat.

Je ne sais pas si vous êtes au courant mais il a neigé sur une partie du nord de la France. J’écris ces lignes du front. Là où la situation a été catastrophique. La Normandie.

Comme à chaque épisode neigeux des centaines de gens ont été bloqués par la neige (selon la police et le gouvernement) et quelques milliers de voitures (selon les organisateurs). Les gens ont dormi dans leur bagnole ou dans des dortoirs de fortune ouverts par des communes.

Comme à chaque épisode neigeux un peu important, il n’y avait ni saleuse, ni chasse-neige, ni rien du tout et un nombre illimité de crétins roulaient sans pneu-neige, sans chaîne et de préférence dans des autos allemandes à propulsion arrière sans se poser la question de savoir s’ils allaient pouvoir arriver à destination.

La responsabilisation personnelle

Ce que j’aime par-dessus tout, et ceux qui pourraient s’y reconnaitre le prendront avec auto-dérision car je le dis avec au fond la plus grande bienveillance, c’est « l’assisté de droite ».

Vous ne connaissez pas l’assisté de droite ? C’est assez simple. En général c’est un type d’une cinquantaine d’année, lecteur du Figaro. Plutôt traditionaliste, opposé au « mariage pour tous », et qui peste (à juste titre) contre tous les impôts qu’il paye (et Dieu sait qu’il en paye), et évidemment contre tous ces assistés qui lui coûtent si cher ! En temps normal, et lorsque la météo est clémente, je le comprends ce pauvre type de droite, je suis même un peu comme lui – c’est mon côté droitier, même si j’ai aussi une main gauche (voire deux comme dis ma femme lorsque je bricole).

Mais ce que j’aime c’est quand le « winner » qui râle contre les « zimpots » trop chers, hurle au manque de moyens, à la non-assistance à personne en danger car le voilà bloqué comme la plèbe, iPhone à la main, au volant de sa belle berline allemande, coincé comme un con dans une congère qu’il vient de se manger. Il est furieux. Les fonctionnaires sont des flemmards (je reste poli car j’ai entendu autre chose), c’est des gros paresseux qui ne veulent pas pelleter, et donc lui, personnellement, est bloqué. Et là, il n’a qu’une envie, être assisté ! « Je n’ai vu personne (à part le journaliste ayant réussi à se trainer jusque-là), pas un gendarme, personne de la DDE, je n’ai ni à boire ni à manger, c’est une honteuuu !! »

Eh bien non, ce n’est pas une honte, c’est comme ça. Nous avons tous autant que nous sommes l’habitude d’être assistés et ceci est valable pour chacun et quelles que soient nos orientations politiques. Un problème de carte bleue ? Nous avons une assistance. Un problème de voiture… une assistance, un problème de santé, la sécu et les mutuelles s’occupent de nous. L’électricité ? EDF intervient. Le téléphone Orange est là (c’est plus compliqué quand c’est Free, mais c’est moins cher). Un problème au ski ou à la montagne ? Le PGHM intervient avec hélicoptère pour vous sauver même si vous êtes en basket sur un glacier. Nous sommes donc tous des assistés à un moment donné de notre vie et en général à beaucoup de moments donnés.

Nous en avons pris l’habitude. C’est une seconde nature. Résultat quand nos petites habitudes sont troublées par un événement exogène comme disent les gens sérieux (c’est-à-dire un événement extérieur contre lequel on ne peut rien comme la météo) c’est une catastrophe.

Nos anciens avaient des provisions. Des « garde-mangers ». Nous avions des réserves de bois pour nous chauffer, des réserves d’eau pour boire, des bougies pour nous éclairer, bref, à défaut d’être totalement autonomes nous étions beaucoup plus résilients. Pour faire simple, nous étions tout simplement débrouillards.

Aujourd’hui nous attendons que l’aide arrive. Telle cette famille avec 3 enfants débarquant sur une aire d’autoroute sans avoir bu ni mangé depuis deux jours. Encore un (de jour) et ils mourraient de soif entourés de neige (qui est potentiellement de l’eau)…

Au bout du compte nous ne devons que compter sur nous-mêmes. Nous devons être capables de prendre une décision pour notre propre sécurité. Nous sommes, pour beaucoup de choses, responsables de ce qui nous arrive et nous ne pouvons nous en prendre qu’à nous-mêmes.

Nous pouvons avoir quelques provisions, deux bouteilles d’eau et une couverture dans une voiture sans être un paranoïaque car cela est du simple bon sens (surtout l’hiver). Mais lorsque j’agis de cette façon tout le monde me prend pour un illuminé. Dans la vie de tous les jours, la responsabilisation personnelle passe par des choses très simples.

L’impréparation à la crise économique

Tout ce que vous voyez autour de cet épisode neigeux montre bien à quel point nous vivons avec un sentiment de sécurité absolu en nous disant que tout sera toujours pareil, que rien ne changera. Que mon placement en assurance vie vaudra toujours beaucoup d’argent, que j’aurai toujours ma retraite, ou que je ne perdrai jamais mon emploi et bien entendu que si je téléphone à assistance personnes enneigées on me répondra et que les secours héliportés seront là en moins de 5 minutes pour m’apporter un café chaud réconfortant (ne rigolez pas les hélicos de la gendarmerie ont approvisionné en bouteilles d’eau un car d’ados coincé sur l’A1 à nos frais).

Rien n’est plus faux. Demandez aux Grecs ou aux Espagnols. Je le dis depuis plusieurs années et je le répète inlassablement. N’attendez pas que l’État vous aide. L’État est en faillite. Peu importe le temps que cela prendra pour que la grande masse se rende compte qu’il n’y a plus d’allocations familiales (elles vont être divisées par deux dans un premier temps), l’État viendra de moins en moins à votre secours.

Vous devez, sans perdre de temps, car la préparation prend du temps, mener une véritable réflexion autour d’un sujet comme l’autonomie et la responsabilité personnelle. Préparez-vous à être débrouillard, préparez-vous à être autonome, préparez-vous à être seul ou presque et à ne plus compter sur les « services » supports que nous utilisons tous, moi le premier, quotidiennement.

Alors oui, lorsqu’il neige en France cela me fait toujours beaucoup rire car on a l’impression d’être en état de guerre, que la France est attaquée par une perturbation neigeuse. Les médias amplifient à l’envi la gravité des choses qui ne sont finalement pas si graves que cela. Perdre deux jours et avoir froid ne tue pas forcément même si c’est agaçant ou désagréable. Il ne faut pas tout mélanger.

Mais il y a une leçon à tirer de cette horrible catastrophe de 30 cm de neige à quelques jours du printemps. Préparez-vous à vous passer de l’État dans tout ce que cela implique. Si vous pouvez vous passer de l’État alors vous aurez fait un grand pas pour aborder le monde nouveau qui s’annonce.

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