Hydrates de méthane, surabondante nouvelle source d’énergie ?

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L’énergie enfermée dans les dépôts d’hydrates de méthane représente plus de deux fois toutes les réserves planétaires conventionnelles de gaz naturel, de pétrole et de charbon combinées.

L’énergie enfermée dans les dépôts d’hydrates de méthane représente plus de deux fois toutes les réserves planétaires conventionnelles de gaz naturel, de pétrole et de charbon combinées.

Par Richard North, depuis Bradford, Royaume Uni.

Dans ce qui a dû être perçu comme un revers majeur pour les verts, les Japonais ont annoncé qu’ils ont réussi à extraire du gaz naturel d’hydrates de méthane gelés, au large de la côte centrale du Japon, une première mondiale.

Les hydrates de méthane, ou clathrates, nous dit-on, sont un type de cage moléculaire gelée, renfermant de l’eau et du méthane. Le champ gazier en question est environ à 50 km de l’île principale du Japon, dans la tranchée de Nankai,  et l’extraction s’est faite environ 300 mètres sous le fond marin.

Les chercheurs ont déclaré que ça pourrait fournir une source d’énergie alternative pour le Japon qui importe tous ses besoins en énergie, et le dépôt estimé dans la tranchée se monterait à 1,1 billion de mètres cubes, suffisant pour une décennie, ou plus, de la consommation de gaz du pays. Les réserves totales pourraient être suffisantes pour approvisionner le Japon pendant un siècle.

Mondialement, selon certaines estimations, l’énergie enfermée dans les dépôts d’hydrates de méthane représente plus de deux fois toutes les réserves planétaires conventionnelles de gaz naturel, de pétrole et de charbon combinées. D’autres pays, dont le Canada, les États-Unis et la Chine, étudient des façons d’exploiter ces dépôts et rapportent des résultats prometteurs.

Les Japonais ont pour but de mettre en place des technologies de production d’hydrates de méthane pour une utilisation pratique d’ici cinq ans, suite à quoi des quantités substantielles seront sans doute extraites.

Toute exploitation aura forcément un impact mondial puisque, depuis le contrecoup subi par l’industrie nucléaire après le désastre de Fukushima il y a deux ans, le Japon est devenu un acteur majeur sur le marché mondial du gaz, faisant monter ses prix dans les échanges internationaux.

Une nouvelle source majeure japonaise de gaz aura donc forcément comme effet de soulager la pression sur les prix du gaz, même au Royaume Uni et en Europe, rendant ce combustible fossile plus attractif, jusqu’à ce que la taxe carbone n’efface son avantage de coût.

Ceci nonobstant, une addition substantielle aux ressources mondiales de cette source non conventionnelle affaiblissent les affirmations selon lesquelles il y a une pénurie mondiale d’énergie. Le succès par d’autres pays, et l’exploitation de ce qui, d’ici-là, seront des réserves prouvées d’énergie, éliminera du débat politique les questions de pénuries d’énergie, avec des effets d’entraînement intéressants.


Sur le web.
Traduction : Contrepoints.

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