Oui au tourisme médical !

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Et si le tourisme médical était la solution pour concilier qualité et rapidité des soins avec accessibilité et universalité ?

Et si le tourisme médical était la solution pour concilier qualité et rapidité des soins avec accessibilité et universalité ?

Par Nathalie Elgrably-Lévy, depuis Montréal, Québec.

Le cas de la Koweïtienne qui a subi une opération au CUSM moyennant 200.000$ a provoqué une onde de choc. Beaucoup de Québécois sont scandalisés, le ministre de la Santé affirme que c’est inacceptable et la Protectrice du citoyen déclenche une enquête. Tout cet émoi parce qu’il serait injuste de soigner une étrangère alors que le système de santé est incapable de répondre à la demande des Québécois. Ce raisonnement est non seulement populiste, mais simpliste et réducteur. On focalise sur les soins prodigués à une étrangère, mais on oublie de considérer que pareille procédure procure à l’hôpital des fonds qu’il n’aurait jamais obtenus autrement.

Supposons que les soins dispensés aient généré un profit de 100.000$. Cet argent pourrait servir, par exemple, à payer le salaire annuel de deux infirmières ou de trois préposés aux bénéficiaires, ou encore à acheter trois appareils de dialyse. Il suffirait de l’équivalent de deux patientes koweïtiennes pour permettre l’acquisition d’un appareil pour radiographie conventionnelle. Avec douze patientes, l’hôpital pourrait acheter une machine IRM. Est-il donc vraiment scandaleux de soigner des étrangers si cela permet d’offrir de meilleurs soins aux Québécois et de réduire les listes d’attente ?

Notre système de santé coûte 31,3 milliards par année, soit 3886$ par habitant ou 7759$ par travailleur. Malgré tout, ses ratés importants sont source d’inquiétude et de frustrations pour les malades, et il faut s’attendre à devoir y injecter encore plus de fonds pour le maintenir à flot. Pensons-y bien : exiger un prix élevé pour soigner un étranger, c’est financer notre système de santé avec son argent. C’est tout simplement refiler aux étrangers la facture pour les soins que nous recevons. Et si le tourisme médical était la solution pour concilier qualité et rapidité des soins avec accessibilité et universalité ?

Le ministre de la Santé, le Dr. Hébert, refuse toutefois d’envisager cette avenue qu’il qualifie d’«inacceptable». Et attendre 18 heures à l’urgence, est-ce acceptable ? Attendre un an pour un examen IRM et six mois pour rencontrer un spécialiste, est-ce acceptable ? Permettre à un cancer traitable de dégénérer en un cancer incurable, est-ce acceptable ?

Le système de santé britannique a inspiré le système canadien. Ce qui s’y passe maintenant permet d’imaginer ce qui nous attend dans l’avenir si nous restons sur la même trajectoire. Par exemple, pour économiser, il est maintenant de notoriété publique que le régime britannique prive chaque année 60 000 patients de soins et de toute forme de nourriture pour les laisser mourir et ce, sans leur accord ni celui de leurs familles. Aujourd’hui, même les nouveaux-nés n’échappent pas à cette pratique lorsqu’ils présentent de graves problèmes de santé.

Et que dire du ministre japonais qui a récemment déclaré que les personnes âgées devraient se dépêcher de mourir pour épargner à l’État les coûts de leurs soins médicaux ?

Il faut s’assurer que ce genre d’abominations ne se produise jamais chez nous. Il faut empêcher notre système de santé de devenir un tueur en série. Si le tourisme médical peut nous éviter des dérapages immoraux, s’il peut nous protéger contre l’institutionnalisation du crime comme cela semble être le cas en Angleterre ou au Japon, pourquoi s’y opposer ? En espérant qu’il ne soit pas déjà trop tard !


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