Mali : l’incompréhensible alignement de la presse française

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L’ensemble de la presse soutient de façon étonnante l’intervention militaire française au Mali.

L’ensemble de la presse soutient de façon étonnante l’intervention militaire française au Mali.

Par le Parisien libéral.

Il se passe une chose doublement extraordinaire en ce moment en France. D’une part, nous sommes en guerre. D’autre part, la presse appuie globalement cette guerre.

Pourquoi extraordinaire ? D’une part, Hollande a été élu sur la promesse, non pas de terminer l’engagement de la France en Afghanistan (Sarkozy l’avait également promis), mais de le hâter : Hollande a été perçu par ses électeurs comme une sorte d’homme de paix soucieux d’épargner le sang des soldats français, là où Sarkozy était perçu comme un atlantiste agressif. D’autre part, et c’est le second point, n’a t-on pas vu et lu, en long et en large, que l’engagement des Américains en Irak et en Afpak était une insupportable agression injustifiable à laquelle la France n’avait pas à se mêler ? Les éditorialistes ne nous ont-ils pas répété que la guerre contre le terrorisme était le pire du Bushisme ?

Et que lit-on aujourd’hui ? Le Figaro : « l’heure n’est pas au débat » ; L’Humanité : « la reconquête du Nord commence par Konna » ; La Croix : « Mali : nouveaux raids aériens français contre des groupes islamistes armés » ; Var Matin : « Mali : nouveaux raids aériens français contre des groupes islamistes armés » (tiens, un copier-coller d’un billet de l’AFP ?).

Dans les autres copier-coller, faites une recherche Google sur « Le Drian: « Il fallait agir au Mali avant qu’il ne soit trop tard ». Le 11 septembre 2001, 2996 personnes meurent dans les attentats. Les États-Unis répliquent par la guerre contre la terreur. Rappelez-vous ce que disaient les Demorand, Dely, Joffrin et autre Pulvar ! Ils n’étaient, d’ailleurs, pas à une contradiction près puisque tout en critiquant le bushisme, ils refusaient d’entendre les alternatives à la thèse officielle du 9/11. Souvenez-vous de ce qu’ils pensaient des quelques Français qui préféraient Romney à Obama (voir notamment Rue 89).

Ces contradictions ont un nom, elles ont déjà été décrites par un certain Orwell. Elles s’appellent la doublethink, la capacité à accepter simultanément deux points de vue opposés et ainsi mettre en veilleuse tout esprit critique. En effet, nous ne sommes plus seulement dans le fait de renommer le mal en bien si une action de Sarkozy, Bush ou tout autre étatiste de droite est pratiquée par un étatiste de gauche (Obama, Hollande, etc.). Nous sommes plus loin encore. Il s’agit tout simplement d’oublier volontairement ce qui a été dit la veille. Avec des journalistes qui n’évoquent jamais la prise de pouvoir de l’ultra-étatisme sur les libertés civiles et avec un gouvernement qui veut contrôler Twitter, il se trouve que nous n’avons jamais été aussi proche du stade où des Georges Winston réécriront très facilement l’Histoire. Quand vous lirez « la guerre, c’est la paix », « l’esclavage, c’est la liberté » ou « l’ignorance est une force », alors la presse mainstream aura réussi sa mission. Avec notre argent, à coup de subventions, en plus.


Sur le web.

Source de l’illustration des unes : l’Écume des Jours.