Lettre à la ministre de la Culture

Vous avez forcé les choix du contribuable et du consommateur car vous aviez pour lui un dessein plus grand et plus noble. N’en avez-vous pas de plus grands encore pour la personne ?

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Lettre à la ministre de la Culture

Publié le 27 janvier 2013
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Vous avez forcé les choix du contribuable et du consommateur car vous aviez pour lui un dessein plus grand et plus noble. N’en avez-vous pas de plus grands encore pour la personne ?

Un billet d’humeur de Domi.

Depuis 1959, et à l’initiative du général De Gaulle, votre ministère a été instauré en France. Il absorbe environ 1% de la richesse domestique et fait l’orgueil national de notre pays si légitimement attaché à sa culture et son État, vecteur – je ne le nie pas – de concrètes avancées dans l’émancipation des masses.

Pourtant, les moyens employés restent d’une navrante timidité au regard de la tâche à accomplir et de l’ardente obligation qui vous incombe.

Quels sont les prélèvements faits en faveur de la culture ? Dans quels buts ont-ils été instaurés ? Quels sont leurs effets réels ? Ces prélèvements sont instaurés en vue d’un résultat, c’est-à-dire un état de la société meilleur que celui qui aurait existé en leur absence. Plus précisément, ils permettent que des manifestations culturelles qui n’auraient pas existé voient le jour, dans la mesure où les personnes sur lesquelles ont été prélevées les sommes affectées à cette destination auraient choisi d’employer leurs revenus d’une manière futile – tel pour des jeux vidéos derniers cris, tel pour un home cinéma, telle pour des tenues élégantes, des soins de beauté etc. Du fait de la subvention, la vie culturelle de notre pays aura donc été augmentée d’une exposition, d’une représentation théâtrale… Mais si personne n’assiste à l’exposition ? Si la salle de théâtre est vide ? Concrètement quel résultat cela aura-t-il pour l’édification du contribuable sur lequel l’argent a été prélevé ?

Si vous n’avez pas le courage d’assumer la conséquence logique de votre initiative, laissez-donc ces malheureux à leurs jeux ou à leur coquetterie ! Vous les aurez privé d’un loisir ou d’une satisfaction de vanité et n’aurez rien mis à la place.

Je vous laisse faire le constat de l’échec de la politique de demi-mesure actuelle. J’ajoute qu’un tel manquement est contraire à la mission d’émancipation qui est la vôtre !

Pourtant, les bénéfices culturels mais aussi politiques d’une action plus décidée sur les esprits seraient incalculables. La politique culturelle peut être l’instrument d’un encadrement salutaire des activités populaires et endiguer l’influence des sceptiques ou des personnes hostiles à votre action et à votre gouvernement. Il n’est guère d’empire que des comédiens formés à  la suggestion ne puissent acquérir sur les esprits d’un public que l’autorité du gouvernement aura placés dans l’intimité et l’obscurité d’une salle consacrée à l’art vivant. Subtilement amenée, la participation de chacun, les réponses qu’il devra apporter à l’invitation des animateurs et des comédiens, les encouragements, les applaudissements, la réprobation ou les invectives de tous, permettront de démasquer ou au moins d’intimider les plus rétifs…

Il s’agit d’une révolution et son champ est la culture. La religion des esprits nouveaux doit remplacer l’ancienne superstition ! Que le spectacle vivant se substitue à la messe du culte vaincu !

Mais, je livre librement ma pensée et crains déjà votre réticence.

De grâce, n’opposez pas à une telle vision une conception révolue et fétichiste de la liberté. Ne vous effrayez pas de craintes puériles attisées par le vieux monde pour se conserver ! Vous avez forcé les choix du contribuable et du consommateur car vous aviez pour lui un dessein plus grand et plus noble. N’en avez-vous pas de plus grands encore pour la personne ?

Ne restez pas au milieu du gué ! Ne soyez pas le complice involontaire du système d’oppression actuel ! Ne prêtez pas l’oreille aux sophismes des serpents exploiteurs car les chaines du passé que seul le volontarisme a su briser se sont toujours consolidées dans la timidité publique des hommes et femmes de progrès. Pourquoi manquer à votre mission, ignorer les nécessités d’un temps où l’émancipation des hommes n’est pas encore advenue ? Enfin pourquoi renoncer à l’appel impérieux de l’histoire ?

Dans le passé, des hommes d’une nature ferme et résolue ont su faire accomplir à l’humanité de grands bonds en avant.

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  • Vous parlez Machiavel à des gens qui ne comprennent que Tartuffe. Inutile de parler à cette dame qui n’a de culture que son habillement et son allure. Aucune intelligence dans cette politique, elle nivelle le Ministère à la hauteur de la pensée unique. Inutile d’essayer de lui faire atteindre d’autres objectifs.

  • Ben alors c’est simple, je suis completement d’accord avec Mina SLANDER et Henri!!!

  • Le choix des spectacles subventionnés remplit déjà ces critères. Malheureusement, la population n’est pas obligée d’aller les voir. Deux solutions, soit l’obligation, assortie d’une amende d’assister à un minimum de spectacles approuvés par an, soit de subventionner aussi le spectateur. Les deux auraient le grand avantage de créer d’innombrables nouveaux postes de fonctionnaires et d’instaurer de nouveaux contrôles.

    Plus gaiement, il y a en ce moment une magnifique exposition à Paris ‘ l’art en guerre’ qui montre l’extraordinaire activité des peintres durant les années 1938/1947. C’ est aussi une magnifique démonstration de l’inutilité du ministère de la culture puisque ils travaillaient tous dans les conditions les plus difficiles, voire dans des camps, et évidemment sans un centime d’aide.

  • La découverte des effets apaisants et apportant le bonheur de certaines hormones (progestérone, endorphine, sérotonine et ocytocine) devraient être largement diffusées sous forme de spray lors de ces cérémonies citoyennes.

    Et pourquoi ne pas envisager une lobotomie sous anesthésiant qui pourraient être pratiquée sur les plus réfractaires au bonheur socialiste éco-citoyen durable.

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