Accepter le déficit de l’Unedic, renoncer aux autres

Le député Germain affirme que s’il y a un déficit à accepter, c’est celui de l’Unedic. Accordé. Voici quelques pistes pour les autres.

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Accepter le déficit de l’Unedic, renoncer aux autres

Publié le 26 janvier 2013
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En réponse au rapport de la Cour des Comptes pointant la mauvaise gestion de l’Unedic et ses déficits croissants, Jean-Marc Germain, député des Hauts-de-Seine, affirme que « S’il y a un déficit qu’il faut accepter, c’est celui-là ». Accordé. Acceptons celui-là, et résolvons les autres, à commencer par le déficit de l’État.

Il le dit lui-même : en temps de crise, rien de pire que de toucher aux droits des chômeurs. Évitons le pire, et pour protéger les « droits » des chômeurs, touchons aux droits des autres bénéficiaires des largesses de l’État. Le député sera sans doute ravi d’apprendre que l’État peut facilement réaliser 600 millions d’euros d’économies par an, déjà identifiées par h16, en commençant par demander à ses plus zélés serviteurs les efforts qu’ils demandent aux autres.

Rien de pire que de toucher aux droits des chômeurs ; le député ne verrait sans doute pas d’un si mauvais œil la fin des interventions militaires françaises à l’étranger, qui coutent 900 millions d’euros par an alors que nos frontières ne sont pas vraiment menacées.

Supprimons les régimes spéciaux de retraite, et ce sont au bas mot 6,5 milliards que nous économisons chaque année ; auxquels s’ajoutent évidemment les 4 milliards d’euros par an offerts aux syndicats sans qu’on comprenne bien pourquoi. Voilà 10,5 milliards d’euros économisés chaque année, économie qui diminue un peu l’injustice entre public et privé et augmente donc l’équité envers l’ensemble des Français.

L’État peut également se débarrasser de ses organes de communication, superflus tant les Français sentent au quotidien le poids de l’État ; supprimer les dépenses de communication des différents ministères permettrait de faire économiser aux Français au moins 200 millions d’euros par an (les 10 principaux ministères dépensaient 133 millions d’euros en communication en 2010). Toujours dans ce souci d’économie, l’indépendance de la presse exige que cessent les subventions, soit une économie d’un peu plus de 500 millions d’euros. Disparaitraient également les organes de propagande télévisuels et radiophoniques devenus désuets ; non seulement la dépense ainsi évitée représente 2,5 milliards d’euros par an et 450 millions d’euros par an de subvention supplémentaire pour compenser la disparition récente des recettes publicitaires, mais leur vente permettrait sans doute de générer une rentrée d’argent bienvenue par les temps qui courent. Soit au total au moins 3,7 milliards d’euros par an pour la communication.

La suppression du ministère de la culture et de la communication permettrait d’économiser chaque année 7,4 milliards d’euros. Pourquoi continuer à faire peser sur l’ensemble de l’économie une culture dont une partie des Français seulement bénéficie, dans un contexte comme le nôtre ? De la même façon, on voit mal pourquoi l’État s’entête à conserver dans son giron l’enseignement supérieur et la recherche ; il serait plus juste et plus efficace que ces domaines cruciaux au succès du pays suivent les préférences des Français plutôt que celles de quelques serviteurs de l’État. Ce gain d’efficacité génère 22,95 milliards d’euros annuels d’économie pour l’État. Le ministère du logement ne reflétera jamais aussi bien les préférences des Français que les Français eux-mêmes ; faisons confiance au marché, supprimons ce ministère et économisons ainsi 7,8 milliards. Idem pour l’écologie, qui permet d’économiser 7,1 milliards d’euros par an. Au total, la suppression de ces quelques ministères superflus représente une économie annuelle de 45,25 milliards d’euros, et un gain d’efficacité : les fonctions de ces ministères seront désormais remplies par le marché, c’est-à-dire par les Français eux-mêmes.

La liquidation d’actifs dont on comprend mal l’intérêt pour l’État de les posséder permettrait de se séparer de nombreux organes d’investissement publics aux résultats moroses, récupérant ainsi 20 milliards avec le FSI et la bagatelle de 262 milliards avec la CDC, sans mentionner la BPI avec 40 milliards d’euros prévus. On peut donc déjà faire rentrer 320 milliards d’euros dans les caisses de l’État – soit ses recettes annuelles – en le délestant simplement d’organes d’investissement dont on voit mal en quoi ils relèvent du champ de l’action publique. Avec un rapide et très approximatif calcul, en affectant cette manne tant espérée au remboursement de la dette, nous économiserons chaque année 1/6 du service de la dette, soit environ 25 milliards d’euros. Imaginez ce que la cession de l’ensemble des participations de l’État dans des entreprises privées représenterait !

Ajoutons-y la suppression du régime des intermittents du spectacle, qui génère un déficit annuel d’un milliard d’euros par an de l’assurance-chômage. Supprimons les subventions de l’État aux associations, qui créent un manque d’équité entre les associations et une injustice envers les Français – qui peuvent les financer eux-mêmes directement – et nous économisons 1,2 milliard d’euros.

Si le député Jean-Marc Germain fait le compte, il découvrira avec stupéfaction que les quelques mesures proposées permettraient de réduire le déficit de l’État de 88,2 milliards d’euros, soit de générer un excédent budgétaire d’un milliard, tout en ayant remboursé 1/6 de la dette de l’État. Ces pistes d’économies sont certes à étudier plus en détail pour connaître leur réel impact sur les finances publiques, mais il ne fait aucun doute que toutes seront bénéfiques à la France, ce qui devrait être sa première priorité. On peut envisager d’autres pistes de réduction de la dépense publique, et Contrepoints serait ravi de l’accompagner dans sa lutte contre les déficits – tous, sauf celui de l’Unedic, qu’il faut savoir conserver en période de crise. Espérons que personne, au sein de l’appareil étatique aux multiples ramifications, n’aura l’idée saugrenue d’affirmer que son déficit est plus légitime que les autres.

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  • Sans compter que la cession des participations de l’état dans les entreprises Françaises serait perçue comme un signal positif par le marché (si on s’en réfère au dernier bilan d’activité de l’État actionnaire, entre l’été 2011 et l’été 2012, la valeur des sociétés cotées détenues par l’État a reculé de près de 13%. Durant la même période, le CAC40 progressait de +5%, souce Contrepoint.org). Ce qui aurait à coup sûr un impact, sur la croissance du PIB (estimons le à 3,5% comme c’était le cas durant la dernière phase d’économie libérale) , et un ration dette / PIB qui passerait, grosso modo, à (91%*5/6)/ 1,035, soit 73%. Sans compter le surcroît de compétitivité pour les entreprises, lié à allègement des charges sociales, de l’imposition sur les bénéfices ( et le rééquilibrage de notre balance commerciale résultant), consécutive à cette cure d’amaigrissement vitale pour notre état d’obésité morbide.

  • J’aurai tout de même tendance à garder le ministère de la culture, avec un budget moindre, et avec une seule et unique mission : participer à la préservation du patrimoine national (sans y fourrer le dernier artiste copain du ministre bien sûr).

    Ou bien de déléguer ceci aux régions.

  • Il me semble que les subventions a la presse ainsi que le financement de l’audiovisuel public sont inclus dans le budget du ministere de la culture, d’ou un doublon dans votre raisonnement.

  • Splendide … et effrayant . merci pour cette démonstration limpide !

  • Voila un billet très utile qui fait une belle photo de la situation. Je doute toutefois que les médias en parlent et il est certain que nos hommes politiques déjà au courant s en tapent completement.

  • juste ciel !!! que d’argent si mal employé !!! et les bougnafiers qui nous dirigent , à ce jour et ceux d’avant , viennent nous pomper l’air en nous faisant croire que tout marche sur des roulettes ! je n’aurai pas dus lire , ça m’a coupé l’appétit……

  • Savez vous, une fois! les Echos ont publié cette semaine une liste des principales entreprises concernées par le « crédit d’impôts » l’année prochaine. En dehors des sociétés du CAC, on retrouve SNCF, France-Télécom, EDF… et autres fleurons de notre fiasco industriel, je crois que là ils se foutent ouvertement de notre gueule. Je pense qu’il ne restera pas grand chose pour nos PME.

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