Allemagne : le SPD au fond du trou

Peer Steinbruck (Crédits SPD Schleswig-Holstein, licence Creative Commons)

Le SPD ne parvient pas à redresser la barre et continue de dégringoler dans les sondages. Merkel est au plus haut.

Le SPD ne parvient pas à redresser la barre et continue de dégringoler dans les sondages. Tandis que Merkel est au plus haut.

Un article d’Open Europe.

Peer Steinbrück, membre du Parti social-démocrate allemand (SPD), candidat à la chancellerie pour les élections fédérales de 2013.

Un nouveau sondage publié mercredi par Stern-RTL, largement commenté dans les médias allemands, place la CDU d’Angela Merkel à 43% et le SPD, le principal parti d’opposition, à seulement 23% – son plus bas depuis juillet 2011, au niveau de son faible score des élections de 2009. Ne pas parvenir à redresser la barre après une longue période dans l’opposition est désastreux, et pourrait signifier que le plus vieux parti d’Allemagne est résolument sur le déclin.

Part des votes pour le SPD depuis la réunification.

Tout aussi inquiétant pour le parti, son candidat à la chancellerie, Peer Steinbrück ne fait pas le poids dans ce sondage face à Mme Merkel, avec seulement 18% contre 58% pour la chancelière actuelle. De hauts responsables du parti se sont hâtés de nier toute spéculation d’un éventuel changement de candidat. Malgré la confusion et des signaux contraires, le SPD n’a pas vraiment de «plan B» crédible : Steinbrück, le ministre des Finances à succès de la « Grande Coalition » de 2005-2009, a facilement remporté l’investiture avec une avance confortable sur les autres candidats potentiels.

Le sondage fait apparaître la remarquable résistance électorale de Merkel et combien elle est perçue comme un leader rassurant dans une période de grands troubles économiques et politiques. Il reste à voir quelle sera la réponse du SPD à ce désastreux sondage. Par exemple, il pourrait être tenté de se démarquer plus fortement par de nouvelles propositions politiques à l’égard de la zone euro ; pour l’heure, son discours est resté dans ce domaine relativement proche de celui du gouvernement.

Bien sûr, un long chemin reste encore à parcourir d’ici septembre et beaucoup d’eau peut couler sous les ponts, en particulier en raison des prévisions de croissance faible pour l’année à venir. De même, étant donné le système électoral du pays, un changement de quelques points de pourcentage pour l’un des partis pourrait modifier radicalement le visage du futur gouvernement : un renouvellement de la coalition CDU-FDP, une nouvelle « Grande Coalition », une coalition SPD-Verts, voire pourquoi pas une coalition CDU-Verts pourraient émerger. Le résultat sera déterminant pour le reste de l’Europe, notamment pour le Royaume-Uni, dans la mesure où Merkel a plus de chance d’être favorable à une réforme de l’UE que le SPD ou les Verts.

Les élections régionales de ce dimanche en Basse-Saxe seront un test intéressant. À l’image de la tendance nationale, la CDU, menée par le célèbre David McAllister, est clairement en tête, mais en l’absence d’un partenaire de la coalition, avec le FDP en dessous du seuil des 5%, une coalition SPD-Verts pourrait prendre le pouvoir.


Sur le web.
Traduction : Raphaël Marfaux pour Contrepoints.