Häagen-Dazs : l’Asie moteur de développement en France

En se targuant du « made in France », la société américaine Häagen-Dazs va étendre son usine d’Arras grâce à l’Asie.

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Häagen-Dazs

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Häagen-Dazs : l’Asie moteur de développement en France

Publié le 30 décembre 2012
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En se targuant du « made in France », la société américaine Häagen-Dazs va étendre son usine d’Arras grâce à l’Asie.

Par Vladimir Vodarevski.

Un petit article du quotidien Les Échos du mardi 18 décembre 2012 montre  le fourvoiement à la fois du gouvernement et de la région Nord-Pas-de-Calais en matière de politique économique. Cet article indique que la société Häagen-Dazs va étendre son usine d’Arras, capital de l’Artois et qui est aussi ma ville natale. L’article ajoute une des motivations de la marque: « En Asie, le made in France est un point de communication », selon François-Xavier Brehon, directeur de l’usine.

Ainsi, une usine du Pas-de-Calais, territoire industriel sinistré, se développe grâce à… l’Asie. Et, plus particulièrement, la Chine ! Ce qui contredit la thèse des asiatiques fossoyeurs de l’économie française. Une marque étrangère se targuant du « made in France » pour vendre ses produits en Asie !

L’exemple d’Häagen-Dazs montre le potentiel économique de la France dans les pays émergents. La France a une réputation inestimable dans ce qu’on appelle l’art de vivre, et qui regroupe l’agroalimentaire, le tourisme, les arts de la table, la déco, l’artisanat même. Ce vaste secteur pourrait entraîner l’économie. Par exemple, j’ai pu constater que le tourisme permet le développement des agences web. Il n’y a pas que l’industrie lourde qui peut entraîner un pays.

Mais la France préfère dénigrer la mondialisation, accusant l’Asie d’être à l’origine de ses problèmes, et ne considérant comme secteur noble que l’industrie, refusant de voir le potentiel des services, pourtant point fort du pays, dont le tourisme. À la place, c’est l’industrie métallurgique qui fait les gros titres.

L’exemple d’Häagen-Dazs est aussi une leçon pour le Nord-Pas-de-Calais. L’Asie n’est pas responsable de la désindustrialisation. C’est parce que la région ne cherche pas à développer de nouveaux secteurs qu’elle ne sort pas de la crise. La mondialisation est une chance pour la région. Le tourisme, l’agriculture, ses 2000 ans d’histoire, sa tradition du commerce. Ajoutons que la région pourrait être leader de l’internet, grâce à l’impulsion de son secteur de vente à distance. Une coopération avec les universités, les fonds d’investissement, une culture du capital risque, et un lobbying auprès du gouvernement, socialiste comme le pouvoir régional, pour alléger la fiscalité sur l’investissement et encourager le financement de start-up ferait un bien fou à la région.

Au lieu de cela, c’est le gouffre des industries dites « écologiques » qui est soutenu. Ou l’économie dite « solidaire ». Alors qu’il y a tant d’opportunités de croissance, et donc d’emplois, et donc de progrès social.

Le tourisme est aussi un axe de développement. Arras se développe d’ailleurs grâce au tourisme de mémoire, ses monuments historiques, son offre hôtelière, son parc d’exposition Artois Expo. Il faudrait que les entreprises de l’agroalimentaire en profitent pour proposer aux touristes plus de produits régionaux, et ensuite les vendre dans le monde entier, par internet (l’université d’Artois a un programme d’étude du chinois reconnu).

La région a choisi d’installer le Louvres à Lens, pour mettre en valeur la période minière. Espérons qu’Arras, ville d’histoire, à quelques minutes, en profite, car les synergies sont plus nombreuses en matière de tourisme. Ce qui serait bénéfique pour l’emploi dans la région.

La France est enfermée dans un schéma mercantiliste et rétrograde, de défense du protectionnisme et de l’industrie. Alors que la mondialisation est une chance pour l’emploi, et qu’il faut profiter des atouts de notre pays dans ce secteur considéré comme peu noble de l’art de vivre, ce qui profitera finalement aussi à l’industrie.


Sur le web.

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Une traduction d'un article du Risk-Monger.

Pour lire les parties précédentes : partie 1, partie 2, partie 3, partie 4, partie 5, partie 6, partie 7.

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