Exil fiscal : une France en état de siège ?

Le régime fiscal délirant appliqué dans notre pays cause l’exil fiscal et est bien à la source de la plupart des malheurs qui, aujourd’hui, défigurent la France.

Le régime fiscal délirant appliqué dans notre pays cause l’exil fiscal et est bien à la source de la plupart des malheurs qui, aujourd’hui, défigurent la France.

Par Philippe Robert.

Dans l’esprit d’une majorité de Français, et plus encore de leurs dirigeants, par une overdose d’idéologie de la lutte des classes, font figure de traîtres les grandes fortunes et la jeunesse française éduquée dont l’évasion de l’enfer fiscal hexagonal prend désormais une dimension inégalée (le fameux exil fiscal).

Sans aller jusqu’à évoquer à l’identique les manières ayant librement cours dans la défunte URSS, c’est-à-dire la privation de liberté avec en ligne de mire le goulag, il n’en reste pas moins que la propagande létale déversée sur la France depuis 1945 prend désormais des airs de crime contre l’esprit.

Car, a contrario, vous n’entendrez jamais aucun responsable politique, syndical et autres prébendés associatifs reconnaître, fût-ce mezza-voce, qu’en effet le régime fiscal délirant appliqué d’une main de fer dans notre pays est bien à la source de la plupart des malheurs qui, aujourd’hui, défigurent la France.

Aussi incroyable que cela paraisse, il y a même pire dès lors qu’avec le temps leur action délétère ne leur paraissant plus à la hauteur de leurs espérances, nos gouvernants en viennent alors à se conduire en condottières placés à la tête de cohortes d’électeurs soigneusement ôtés de tout vrai sens critique.

Je suis navré de devoir parler en ces termes des plus sévères de nos “élites” mais nous sommes arrivés, en ce début de 21e siècle, au point de non retour où les débordements incontrôlés du pouvoir absolu des idéologues qui rêvent de “changer” la société à leur image ont fait que “le cave se rebiffe” !

Le cave se rebiffe, entre autres indignations, à l’idée de voir déchoir un citoyen français de sa nationalité au seul motif qu’il se serait soustrait, en s’expatriant la mort dans l’âme, à son devoir de solidarité nationale lequel, en France, s’est clairement mué en une arme de destruction massive du droit de propriété.

Sans compter, pour faire bonne mesure, que l’inflation d’administrations destinées à redistribuer le pactole soustrait par force de loi inique aux Français qui, sur ce chapitre, n’en peuvent mais, favorise de façon exponentielle toutes les formes de corruption conduisant tout droit à l’enrichissement personnel indu.

Comment expliquer chez nos dirigeants cette fascination pour la redistribution et ce manque de considération pour les facteurs de production ? Ma thèse est extrêmement simple : si les responsables politiques ne s’intéressent pas aux facteurs de la croissance, c’est qu’ils n’ont jamais connu le monde de la production, c’est-à-dire l’entreprise. Si, a contrario, ils sont obnubilés par des stratégies de relances dépensières et par la redistribution, c’est qu’ils ont majoritairement fait leur carrière dans le giron de l’État. [1]

L’esprit des Français étant captivé par une overdose d’idéologie, au mieux d’ordre keynésien, au pire obéissant toujours à une pensée marxiste pure et dure, il est aisé de comprendre combien leur ignorance, en particulier, des lois qui sont à la base de l’économie leur est préjudiciable dans leur quotidien.

Aussi, la vraie question posée par la trahison des clercs à laquelle la France doit son actuelle et secondaire position parmi les nations est la suivante : plutôt que de poursuivre dans l’erreur au risque de le faire payer au prix fort aux Français, ne serait-il pas plus sage, et dans l’urgence, d’en inverser le cours ?


Note :

  1. Jean-Michel Fourgous, L’élite incompétenteL’Archipel, 2007