Les Français parlent aux Français : « adieu »

Hollande et Cahuzac veulent faire payer aux Français le droit d’exister et les contraindre à servir leur pays. Mais je ne servirai personne.

François Hollande et Jérôme Cahuzac veulent faire payer aux Français le droit d’exister, où qu’ils soient, car selon eux, les Français doivent servir la France. Je ne demande qu’à partir en paix ; si vous voulez m’en empêcher, il vous faudra entrer en guerre.

Par Baptiste Créteur

Les Français, même lorsqu’ils ne vivent pas en France, doivent servir leur pays. C’est comme ça : François Hollande et Jérôme Cahuzac en ont décidé ainsi. Sachez, Messieurs, que je ne suis pas né pour servir et ne me sens aucun devoir envers la France ou l’État français.

«Le Président de la République a suggéré que les conventions fiscales soient revues, je crois que c’est la seule façon d’éviter» l’expatriation pour raisons fiscales, a estimé M. Cahuzac, sans citer les pays concernés comme la Belgique et la Suisse. […] Il s’agit, a-t-il poursuivi «d’éviter que ceux qui décident de vivre en dehors de nos frontières s’exonèrent par là-même des obligations fiscales que ces personnes ont à l’égard de leur pays dans lequel elles sont nées, elles ont grandi, elles ont été éduquées, formées, le plus souvent où elles ont rencontré la prospérité sinon la fortune. […] Bref un pays auquel elles doivent beaucoup et dont elles ont tort, me semble-t-il, de s’exonérer des charges que celui-ci leur demande d’acquitter afin d’être redressé», a-t-il ajouté.

Monsieur le Ministre, être né et avoir grandi dans un pays ne donne aucune obligation, fut-elle fiscale, à son égard, que l’on y ait rencontré la fortune ou non, qu’on l’ait rencontré ailleurs ou non. L’État français éduque, soigne, assure les Français ; mais ces services, les Français n’ont rien demandé pour les obtenir, n’ont pas eu le choix d’y recourir ou non, et pour ne pas avoir à laisser le choix, vous avez toujours voulu qu’ils soient gratuits : les Français ne doivent rien à ce pays. Qu’il ait besoin d’être redressé ne change rien : les principes ne sont pas affaire de circonstances. Le pays ne demande d’ailleurs rien : c’est l’État français qui veut faire payer à chaque Français le droit d’exister.

«Ce n’est pas facile en ce moment compte tenu du poids des impôts pour un certain nombre de catégories», a-t-il poursuivi, «ce n’est pas facile d’avoir un pouvoir d’achat qui n’est pas assuré, ce n’est pas facile quand on est jeune d’attendre un emploi qui ne vient pas. […] Donc, face à la difficulté, je ne veux pas opposer les uns aux autres, je veux que tout le monde soit respecté», a ajouté le chef de l’État, en rappelant que «notre niveau de fiscalité, hormis les 75%, n’est pas plus élevé que dans la plupart de nos pays voisins». «Mon devoir, c’est de m’occuper de toute la France, pas simplement de dénoncer celui qui est parti, de le stigmatiser ou de le prier de revenir», a enchaîné François Hollande, s’exclamant : «c’est quand même une fierté d’être français !»

Vous voulez que chacun soit respecté, monsieur Hollande ? Respectez la décision de ceux qui choisissent de partir. Peut-être ne veulent-ils pas attendre un emploi qui ne vient pas, mais aller le chercher ailleurs ; peut-être ne veulent-ils pas subir une fiscalité confiscatoire ici ; peut-être veulent-ils simplement vivre selon leurs principes dans un pays qui le leur permettrait. Faut-il payer pour cela ? Occupez-vous de toute la France, et contentez-vous en ; vous avez déjà fort à faire.

Pour François Hollande, «si on aime la France, on doit la servir».

Alors, Monsieur le Président, soit je n’aime pas la France, soit vous avez tort. Je ne sers personne, tenez-vous le pour dit, et je fais mienne cette citation tirée de La Grève, d’Ayn Rand :

Je ne me suis jamais senti coupable d’être compétent. Ni d’avoir le cerveau que j’avais. Ni d’être un homme. Je n’ai jamais accepté d’être culpabilisé sans raison valable. Si bien que j’ai toujours été capable d’apprécier et de connaître ma propre valeur. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu le sentiment que je pourrais tuer celui qui prétendrait que je suis né pour le servir.

Je n’ai pas la prétention d’être indispensable à la France, et je n’ai pas le sentiment qu’elle m’est indispensable. Si vous jugez que vous avez besoin de ma contribution, pourquoi me sanctionner perpétuellement en me privant d’une partie toujours plus importante de la richesse que je crée ? Pourquoi vouloir culpabiliser ceux qui créent au motif que d’autres ne créent pas ?

Je ne suis pas fier d’être Français. Je suis fier d’être ce que je suis, pas d’être né dans un pays qui veut m’en empêcher. Car ce que vous voulez, Monsieur le Président, c’est m’empêcher d’être un homme libre. L’homme tire sa liberté de son esprit, et vous ne pouvez pas contraindre l’esprit à quoi que ce soit. Vous pouvez pourtant m’en empêcher. Si vous voulez m’en empêcher, il vous faudra faire un choix : je serai un homme libre, ou je serai un homme mort.