François Fillon risque de desservir les valeurs qu’il prétend défendre

François Fillon prend un risque en confortant des obsessions distillées par les médias.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

François Fillon risque de desservir les valeurs qu’il prétend défendre

Publié le 24 novembre 2012
- A +

François Fillon prend un risque en confortant des obsessions distillées par les médias.

Par Marc Crapez.

Dans un livre publié en 2006, François Fillon souhaitait respecter la sincérité du peuple de gauche, tout en combattant la « domination idéologique » d’intellectuels qui considèrent que « seule une avant-garde peut décider de ce qui est juste ». Il voulait œuvrer pour « la liberté intellectuelle au service de la réalité ».

Belle formule et mission accomplie à Matignon. Le peuple français ne s’est pas plaint de lui. Le peuple de droite le respecte. Il fut l’un de ses meilleurs premiers ministres. Il pourrait être apprécié à l’égal de Raymond Barre. Des historiens pourraient le comparer à Louis Barthou.

De grands hommes de droite eurent des destins contrariés. Raymond Barre, après avoir raté l’élection présidentielle à 64 ans, obtint la mairie de Lyon à 71. Philippe Séguin, après son échec à la mairie de Paris à 58 ans, alla à la Cour des comptes à 61. Jusqu’au bout, leur hauteur de vue fit honneur à la droite française.

En parlant de fracture « morale » à l’UMP (puis d’une question « d’honneur »), Fillon risque de conforter ce que Raymond Aron appelait « les préjugés de la gent parisienne ». En effet, le mot moral a une connotation signifiant, à certaines oreilles, qu’il accuse son adversaire de quasi-fascisme.

Auprès de ses proches, il aurait jugé cet adversaire « mal conseillé par des communicants et des politologues ». Propos pouvant être déformé en parvenant à certains militants. Au 20 heures de France 2, un reportage relaie ce propos d’une militante UMP : « Dans l’entourage de Copé y a des gens du FN » !

Le qu’en-dira-t-on

Sur la forme, ce commérage ressemble à ceux qui, il y a cinquante ans, insinuaient que « dans l’entourage de Tartempion y a des francs-maçons ». Même médisance basée sur la rumeur. Même phobie d’un ennemi qui se serait faufilé jusque chez soi. Même suspicion insidieuse susurrant qu’il y aurait anguille sous roche. L’esprit de clocher de jadis était basé sur un même type de qu’en-dira-t-on, exigeant des « gens comme il faut » car, disait-on, « où irait-on » si l’on se fiait à des « gens qui ne sont même pas d’ici ni du pays » !

Sur le fond, ce commérage s’alimente à quelques faits dérisoires (un membre de son entourage dont le père était OAS, un soutien qui avait débuté au Front national de la jeunesse) qui ne signifient absolument rien et dont on trouverait l’équivalent autour de n’importe quel autre leader politique. Ce commérage n’est même pas une généralisation abusive ; il est carrément au stade de la logique stalinienne de la culpabilité par contiguïté, ou de la logique fasciste de la tache indélébile (« si ce n’est toi, c’est donc un des tiens »). Et s’il y a des sources d’inspiration, ce sont certainement moins des soucis tactiques soufflés par le fameux Patrick Buisson que des considérations éthiques défendues par un chroniqueur comme Gilles-William Goldnadel.

Ce courroux médiatique est similaire à celui qui dénigra Fillon en tant qu’opposant au traité de Maastricht, aux côtés de Philippe Séguin qui exposait : « le conformisme ambiant, pour ne pas dire le véritable terrorisme intellectuel qui règne aujourd’hui, disqualifie par avance quiconque n’adhère pas à la nouvelle croyance. Qui veut se démarquer du culte fédéral est aussitôt tenu par les faiseurs d’opinion au mieux pour un contempteur de la modernité, un nostalgique ou un primaire, au pis pour un nationaliste forcené ».


Suivre les articles de l’auteur sur Facebook.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Pierre-Marie Meeringen.

On oublie parfois que le Parquet national financier (ou PNF), créé en 2013 en réponse à l’affaire Cahuzac n’a guère que sept années d’existence. Sept années qui semblent avoir été vécues comme une éternité par la classe politique.

Il est vrai que sur les centaines de procédures traitées par le PNF quelques-unes ont traumatisé le monde politique, habitué par le passé à une justice plus compréhensive à leur égard.

Ainsi, les peines d’emprisonnement prononcées contre les époux Balkany et François ... Poursuivre la lecture

LR Les Républicains
0
Sauvegarder cet article

Par Claude Robert.

Alors qu’avec Macron, l’économie, la sécurité et la santé des Français prennent l’eau de toutes parts, l’un des ténors de LR (Les Républicains) propose de s’allier avec lui pour 2022 ! Christian Estrosi n’est d’ailleurs pas le seul à soutenir l’héritier de Hollande. Que se passe-t-il donc qui justifie de telles postures ?

Donner les clés à un rival politique est un acte de bravoure lorsque ce rival vous est supérieurement efficace pour servir votre pays. A l’inverse, abdiquer devant un homme politique en situa... Poursuivre la lecture

Par Claude Robert.

Le rebondissement de plusieurs affaires multiplie les soupçons à l’encontre du Parquet National Financier. Le PNF serait-il une officine au service du pouvoir, aux antipodes même des exigences d’un État de droit ? Analyse.

Pourquoi un PNF ?

Selon le site web du PNF on apprend :

« Le procureur de la République financier (PRF) a été créé par la loi du 6 décembre 2013 relative à la lutte contre la fraude fiscale et la grande délinquance économique et financière […] Sa compétence est nationale et limitée à ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles