8 Français sur 10 pensent que « trop d’impôt tue l’impôt »

Selon un récent sondage, une majorité écrasante des Français plaident pour une réduction de la dépense publique.
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8 Français sur 10 pensent que « trop d’impôt tue l’impôt »

Publié le 16 novembre 2012
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Selon un récent sondage, une majorité écrasante des Français plaide pour une réduction de la dépense publique. Voilà qui peut surprendre seulement quelques mois après avoir voté pour le candidat socialiste à la présidentielle.

Par Georges Kaplan.

Une étude réalisée le 13 novembre 2012 par Toluna Quicksurveys pour EconomieMatin.fr dévoile deux informations tout à fait surprenantes. Primo, pas moins de 85% des français interrogés pensent que « trop d’impôt tue l’impôt » et 72% d’entre eux estiment que les hausses d’impôts annoncées ces dernières semaines entraineront une augmentation de la fraude fiscale l’année prochaine. Par ailleurs, 86,5% des personnes interrogées pensent que « le problème n’est pas d’augmenter les impôts, mais de réduire les dépenses de l’État. »

Nous ne tomberons pas, chers amis, dans le travers ridicule qui consiste à croire – ou à faire semblant de croire – que la réalité se décide à la majorité ; ce n’est pas parce qu’une majorité de français pense quelque chose que c’est vrai ; ça ne signifie d’ailleurs pas non plus que c’est faux. Les seules conclusions que nous pouvons tirer de cette enquête sont les suivantes : d’une part, une majorité écrasante de nos compatriotes estiment qu’il existe un seuil au-delà duquel augmenter les impôts n’augmente pas le produit fiscal et il semble qu’une proportion considérable d’entre eux estime que ce point est déjà atteint [1]. D’autre part, une majorité écrasante de nos compatriotes plaide, sans aucune ambigüité, pour une réduction de la dépense publique [2].

Et voilà donc que les électeurs français, ces mêmes électeurs qui, il y a quelques mois, ont mis au pouvoir des hommes politiques qui promettaient explicitement plus d’impôts et de dépense publique, nous expliquent qu’ils souhaitent une réduction de la dépense publique et qu’ils ne croient pas qu’une des hausses des prélèvements obligatoires soit encore possible. On aura beau pinailler sur la représentativité de ce panel, sur le taux d’abstention des dernières élections ou sur les détails du programme du parti pseudo-socialiste, les faits sont là : il semble que du point de vue de la dépense publique et de l’impôt, l’opinion de nos compatriotes soit radicalement opposée à ce qu’a exprimé leur vote.

Comment en arrive-t-on là ?

Primo, il n’existe pas, dans notre pays d’alternative politique. Nous avons aujourd’hui le choix entre un parti pseudo-socialiste – qui est en réalité un parti social-démocrate progressiste – qui ne jure que par la dépense publique, l’impôt redistributif et l’inflation législative et un parti dit de droite républicaine – qui n’est rien d’autre qu’un parti social-démocrate conservateur – qui n’a jamais rien fait d’autre qu’augmenter la dépense publique, accroître le fardeau fiscal qui pèse sur nous tous et couvrir notre pays d’un étroit maillage de petites règles aussi compliquées que liberticides. Le reste de l’échiquier politique se partage entre un centre moribond et des extrêmes à qui la crise a donné l’occasion de révéler leur véritable nature socialiste et autoritaire. En somme, la formation politique qui propose de réduire sensiblement la dépense publique et de ramener notre taux de fiscalisation dans des proportions raisonnables n’existe tout simplement pas [3].

Deuxio, et c’est peut être encore plus grave, je crains fort que nos concitoyens ne votent déjà plus depuis longtemps dans le sens d’une quelconque définition de l’intérêt général. Derrière les beaux discours, les appels à la « justice sociale » ou à la « grandeur de la France », se cache une réalité infiniment plus pragmatique : nous ne votons plus que pour le candidat qui nous promet de servir nos intérêts. En tant que peuple, nous avons intégré l’irréversibilité de l’emprise de l’État sur nos vies ; la seule question qui se pose désormais est de savoir comment en sortir gagnant ou moins perdant que les autres. Une majorité de français pense qu’il faut réduire la dépense publique mais personne ne croit que ce soit possible ; alors ils votent pour ceux qui feront en sorte qu’ils bénéficient des largesses publiques. Une majorité de français pense que la pression fiscale n’est plus soutenable mais tous s’accordent à dire qu’elle est irréversible ; alors on essaye de réduire sa propre facture aux dépens des autres.

Voilà je crois, au-delà des grands discours et des théories, le sentiment le plus largement partagé de France : nous n’y pouvons rien alors autant s’adapter. Nous sommes un peuple qui a appris à courber l’échine.

—-
Sur le web.

Notes :

  1. Parmi les 72% qui estiment que la fraude fiscale va augmenter, il est tout à fait probable que certains pensent que le bilan fiscal net des hausses d’impôts (augmentation du produits moins effets de la fraude) sera néanmoins positif.
  2. Même si ça n’est pas techniquement juste, c’est probablement ce qu’entendent la plupart des français par « réduire les dépenses de l’État. »
  3. J’entends par là : dans le débat public. Il y a bien quelques petites initiatives mais elles peinent à sortir de la confidentialité.
Voir les commentaires (24)

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  • En attendant, j’ai des amis de gauche qui restent persuadé qu’une augmentation des impôts et favorable à la croissance….Difficile de leur faire comprendre qu’ils ont tort….

    • Il est inutile de tenter de s’opposer à des convictions qui relèvent plus de la foi que de la logique. C’est préférable d’attendre que la récession et le chômage progressent, qu’ils se demandent pourquoi et le leur expliquer. Vous aurez alors le plaisir d’observer vos relations réagir avec quelque temps de retard pour reconnaître que les « prédictions » fondées sur la logique libérale se réalisent implacablement.

    • Des fonctionnaires non?

      Il suffit de leurs dire que si l’augmentation des impôts est favorable à la croissance, alors le taux d’imposition encore plus favorable à la croissance que ceux pratiqués actuellement est de 100%, voire 200 ou 300%.

      • Paradoxalement, ces amis sont cadres sup dans le privé, alors que je suis fonctionnaire dans l’administration la plus maudite de ce site. Comme on le dit si bien : l’habit ne fait pas le moine ! 🙂

  • le plus étrange également c’est que 8 Français sur 10 pensent qu’il y a trop d’assistanat dans notre pays.

  • L’art de tout dire en peu de mots
    « L’abus de l’impôt tue le présent…l’abus du crédit dévore l’avenir. »
    Jean-Georges HUMANN – Ministre des finances sous la Monarchie de Juillet.

  • Votre constat final est, on ne peut plus pessimiste! Vous oubliez cependant que c’est toujours quand la résignation s’installe, quand la résistance à l’adversité diminue, que les conditions sont réunies pour favoriser l’émergence d’un courant de pensée jusqu’alors difficilement audible.
    C’est bien ce que semble montrer le regain de faveur dont bénéficient en ce moment les idées libérales. Et ce qui caractérise, entre autre, l’esprit libre, c’est qu’il ne renonce jamais à l’affrontement avec l’adversité, sinon le désir de liberté s’est mué en acceptation de la servitude et de tout son cortège de renonciations.
    Après tout, la médiocrité des « dirigeants » qui ont été portés au pouvoir offre aussi de belles perspectives de faire, enfin, entendre une autre musique; et l’outil de diffusion des idées qui nous permet de nous rencontrer en ce moment est là pour nous permettre de briser le monopole de la transmission des idées qui revenait, jusqu’à maintenant, à la presse et à l’édition. A nous de profiter de ces opportunités, sinon notre discours de sert de rien!

  • 1 – Est-ce que quelqu’un sait quel est le montant annoncé dans les budget national consacré a la « redistribution » . (aide sociale en général) . ??
    2 – le seul recours possible est le vote avec les pieds. (mais pour où ? – vaste question)

  • « Derrière les beaux discours, les appels à la « justice sociale » ou à la « grandeur de la France », se cache une réalité infiniment plus pragmatique : nous ne votons plus que pour le candidat qui nous promet de servir nos intérêts. »

    Je suis d’accord avec cette phrase mais seulement dans le contexte du premier tour de l’élection présidentielle. Au second tour, les choses changent: il ne reste que deux candidats, dont potentiellement aucun ne convient. Que se passe-t-il alors ? Les personnes choisissent « le moins pire ». Par conséquent, si F. Hollande a obtenu la majorité relative des suffrages exprimés lors du second tour, c’est que sa politique fut considérée en partie comme moins pire que celle de N. Sarkozy, malgré ses intentions économiques.

    D’un côté, cela sert aussi nos intérêts de voter pour « le moins pire », puisque nous choisissons de subir le moins possible. Mais d’un autre côté, choisir l’arme du bourreau n’est pas vraiment ce qu’il y a de plus folichon au niveau de nos intérêts.

  • 8 sur 10 estiment que trop d’impôt tue l’impôt mais presque 7 sur 10 selon un récent sondage, estiment que la (spoliation) taxation à 75% est tout à fait normale…
    Cherchons l’erreur !

  • « Voilà qui peut surprendre seulement quelques mois après avoir voté pour le candidat socialiste à la présidentielle. »
    Faux ! Ils n’ont voté ni socialiste, Hollande, mais contre Sarko. Voir « contre la crise »…

  • erratum : « ni Hollande »

  • AMHA, Les français ne sont pas des être rationnels. L’edNat les a poussé à développer à outrance leur affect. Ils sont ainsi plus susceptibles de répondre favorablement à la démagogie et au tout-état même si de temps en temps on se dit que les impôts c’est peut-être pas si bien parce que bon, il faut les payer parfois.

    Or, la gauche est encore plus démagogue que la droite. « La finance c’est méchant », c’est un refrain qui marche sur les français qui ne connaissent rien à l’économie. « La pauvreté c’est pas gentil et il faut aider les gens qui souffrent » c’est tellement plus facile à suivre que dire « il faut créer les conditions favorables pour que l’économie croissent et qu’ainsi chacun puisse accéder à un confort de vie qu’il aura mérité via les fruits de son travail »

    Les français ne sont plus rationnels. Ayn Rand avait vu juste. Et c’est pour moi ce manque de logique primaire, cette incapacité à voir la réalité en face qui fait que ce pays est foutu pour les 10-15 voire 20 prochaines années…

  • Les commentaires sont fermés.

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