Grèce, encore un budget désastre avant le « Grexit » ?

La dette grecque va exploser encore plus, et le sujet du Grexit va revenir sur le devant de la scène, avec fracas.
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Grèce, encore un budget désastre avant le « Grexit » ?

Publié le 6 novembre 2012
- A +

La dette publique grecque va exploser à 192% du PIB, au mépris des conditions de la « troïka », et même 220%, d’ici 2016, si certaines hypothèses irréalistes ne se vérifient pas. Attendons-nous à voir le « Grexit » revenir très vite sur le devant de la scène, et avec fracas.

Par Open Europe, de Londres.

La semaine dernière a vu la publication du plan budgétaire grec pour 2013-2016, et il n’y a pas de quoi se réjouir. La version anglaise n’est pas encore disponible, mais nous reproduisons certains des éléments et chiffres clés du rapport grec. Le tableau ci-dessous résume en essence le rapport et et le coup dévastateur qu’il flanque à tout espoir de sortie de crise de la Grèce :

La dette va arriver à un sommet de 192% du PIB en 2014 ! Ahurissant, étant donné qu’il y moins de six mois la troïka (UE/FMI/Banque Centrale Européenne) avait l’air suprêmement confiante que les Grecs pourraient la stabiliser à 120% du PIB d’ici à 2020, et que son maximum, à atteindre en 2013, serait de seulement 167% du PIB. (Ça vaut aussi la peine de jeter un coup d’œil à ce billet de FT-Aphaville qui met en lumière à quel point certaines estimations ont pu être fausses).

Il est facile de dire que la Grèce a échoué à mettre pleinement en application les conditions pour son sauvetage (et c’est le cas), mais il arrive aussi un point où il faut quand même bien admettre l’échec des politiques elles-mêmes, et le trafiquotage des chiffres.

Pour nombre d’entre nous, tout ceci était abondamment clair, mais la publication officielle des chiffres qui confirment tout ça assure au moins que le débat politique va devoir évoluer. Attendez-vous à ce que les discussions sur le « Grexit » reviennent sur le devant de la scène, et à grand fracas.

Il y a aussi quelques pépites intéressantes dans le budget, ce qui à nos yeux suggère que de prochaines révisions pourraient être probables :

  • Premièrement, il est prévu que le chômage passe de 22,4% cette année à 22,8% l’année prochaine et après qu’il baisse jusqu’à 17,1% en 2016. C’est dur de voir comment ça pourrait arriver avec une chute prévue en simultané de la dépense publique et de la dépense privée sur cette période, alors même qu’il y aura beaucoup de réformes du marché du travail, ce qui tend à faire augmenter le chômage, au moins à court terme
  • Bien qu’il aient baissé de 15% cette année, on s’attend à ce que les investissements ne chutent que de 3,7% l’année prochaine, et qu’ensuite, ils repartent à la hausse. Là encore, ça semble massivement optimiste sans un transfert fiscal permanent pour soutenir la Grèce, et pour dissiper le nuage d’un Grexit, qui continue à dissuader les investisseurs.
  • On s’attend à ce que les exportations croissent, et même à ce que cette croissance s’accélère pendant les cinq prochaines années, alors que la zone euro, et l’économie mondiale, vont potentiellement afficher des taux de croissance bas.
  • On prévoit une baisse de la consommation de 7% l’année prochaine (après 7,7% cette année), et cependant, c’est sensé être cohérent avec une baisse de PIB de 4,5%, au lieu de 6,5% cette année. En combinaison avec une baisse de la dépense publique et avec des réformes structurelles, c’est dur à imaginer là encore.
  • Le tableau 2.5 met en lumière ce qui pourrait se passer si la Grèce ne met pas en application sa stratégie fiscale à moyen terme (c’est-à-dire, ses plans d’austérité et ses réformes structurelles), mettant la dette à 220% du PIB en 2016. Cela illustre à quel point il serait facile que les niveaux dérapent, si nombre de ces cibles irréalistes ne sont pas atteintes.

Comme nous l’avons mentionné dans notre récente note, un délai supplémentaire de deux ans sera loin d’être suffisant pour la Grèce, et ce budget ne fait que renforcer ce fait. Maintenant que cette constatation est dévoilée, les discussions des quelques prochaines semaines devraient se concentrer sur bien plus que les deux prochaines années pour la Grèce, et en fait, sur la question de savoir si la Grèce a bien sa place dans l’euro.

—-
Sur le web.
Traduction NdC pour Contrepoints.

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  • Tant que le peuple Grec ne se révolte pas rien ne changera. Le système politique cadenasse tout espoir et les eurocrates sont, à minima, par leur silence complices.
    Un peu comme le financement des élections au Congo, dans une moindre mesure (!).

  • Pauvres grecs, pris en otage de l’ambition des hommes politiques. La grece est devenue une incarnation parfaite de l’ochlocratie…

    • Oui, bon, ils ont aussi les politiciens pour lesquels ils ont voté, hein. D’autres leur proposaient des choix plus réalistes, plus durs, et donc moins démagogiques, mais ils ont refusé. Sans mentionner les manifestations monstres pour protester contre le moindre signe de rigueur.
      J’ai du mal à verser une larme sur ces grecs.

      • Oui enfin c’est comme en France: Il y a une petite armee de CGTistes bien organises qui rassemblent quelques sympatisants de temps en temps, mais c’est pas parce qu’ils crient plus fort qu’ils sont plus nombreux. Vous avez raison, mais il n’empeche qu’il y a des grecs qui sont bel et bien pris en otages du populisme des hommes politiques et des jalous qui votent pour eux.

  • Dom P
    Personne ne leur a proposé de sortir de l’euro, et je pense qu’ils ne l’auraient pas accepté. Ils veulent le beurre et l’argent du beurre.
    Je les comprends , mais ça ne marche pas, malheureusement

  • Les commentaires sont fermés.

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