#geonpi entrepreneurs, ne vous faites pas rouh rouuuuhler !

La délégation des « pigeons » reçue hier soir par le gouvernement ne se serait-elle pas fait « pigeonner » par un cabinet ministériel aguerri à la négociation ?

La délégation des « pigeons » reçue hier soir par le gouvernement ne se serait-elle pas fait « pigeonner » par un cabinet ministériel aguerri à la négociation ? En effet, si Pierre Moscovici a déclaré qu’il y aurait des modifications dans la taxation des plus-value de cession d’entreprises, aucune annonce précise n’a été faite. Laurence Parisot, la patronne du Medef plus coutumière de ces tables de négociation, s’est déclarée sceptique et attend de voir les propositions du gouvernement pour considérer que « l’incident est clos ».

Un article du Parisien libéral.

Les « pigeons » reçus par le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, la ministre déléguée aux PME, Fleur Pellerin et le ministre délégué au Budget, Jérôme Cahuzac, le 4 octobre 2012.

Comme c’était à craindre, non seulement il n’y avait rien à négocier, mais en plus le gouvernement n’a rien fait d’autre que gagner du temps.

Challenges titre Les « pigeons » entrepreneurs s’inquiètent, Bercy roucoule, et sans doute ont-ils raison, à la différence de ce qu’écrit Libération : « Fiscalité des start-up, le gouvernement se fait pigeonner » (qui a copié sur qui, entre Libération et L’Huma, au fait ?).

Prenons l’interrogation d’un #geonpi entrepreneur qui craignait, à juste titre, que les pigeons ne se fassent plumer (encore plus) à Bercy. Il écrivait, avant le rendez-vous d’hier soir :

En réalité, quelle négociation est possible sur la taxe à 65% de la plus value de cession ? Aucune. Cette mesure est inacceptable et quelques amendements n’y changeront rien. Les pigeons doivent se préparer à un conflit long et structuré car rien de significatif ne sera accordé cet après-midi. Il faut se préparer à tenir, dans la durée, notamment par la manifestation. Je lis ce soir les déclarations du gouvernement. C’est un mélange de mépris (un conseil élyséen « les pigeons peuvent revenir au nid ») et de défiance de Fleur Pellerin (« c’est une manipulation »). Et sur le front des propositions concrètes, rien. Ils se vengent ? C’est l’heure de faire la peau aux hommes du Fouquet’s ? Ils se trompent de cibles : les entrepreneurs n’ont en général pas grand chose mais beaucoup d’espoir. On sait désormais que même l’espérance est imposable.

Qu’a proposé le gouvernement ? Rien. Selon Le Figaro, le gouvernement parle de corriger certains textes et ressort l’idée de choc de compétitivité par le biais de la TVA sociale. Si Bercy parle d’un transfert de 5,4 points de cotisations familiales en 2013 sur la CSG, la TVA et/ou une taxe verte (ce qui n’est pas une réponse aux revendications des start-uppers), c’est parce que dès le 10 Juillet 2012, Hollande déjà réfléchissait à une hausse de la CSG (source : Le Monde). Hollande et son équipe ministérielle font ce qu’ils ont appris depuis la primaire socialiste : esquiver les débats de fonds, recycler les idées de Sarkozy et Fillon, et faire illusion.

De plus, et au-delà de la forme, les entrepreneurs ne demandent pas un énième statut, un énième amendement, une énième circulaire. Il n’y a pas de statut JEI ou d’ISF PME aux États-Unis. Il y a juste la liberté d’entreprendre. Est-ce que l’absence d’ISF PME en Californie ou à Boston a empêché la création de e-BayFacebook et Google ? Non. Les entrepreneurs n’attendent rien de l’État. Est-ce si compliqué de comprendre que les entrepreneurs veulent, certes,

  • des impôts non spoliateurs, mais aussi et surtout,
  • de la stabilité juridique et fiscale,
  • de la simplicité administrative,
  • de la souplesse dans les démarches.

De toute façon, il ne peut y avoir de baisses de la taxation puisque le gouvernement refuse de revoir le périmètre du service public.

Les « pigeons » feraient bien de rester mobilisés et de maintenir leur rendez-vous dimanche devant l’Assemblée Nationale : https://www.facebook.com/events/490749997609764/?notif_t=plan_user_invited

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