Ruée de Shell sur le pétrole de l’Arctique

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C’est parti pour Shell pour la ruée vers le pétrole de l’Arctique et une nouvelle étape dans l’ère des hydrocarbures.

C’est parti pour Shell pour la ruée vers le pétrole de l’Arctique et une nouvelle étape dans l’ère des hydrocarbures.

Par Robert Bradley Jr, depuis les Etats-Unis.

shell logo« Je ne peux pas cacher mon enthousiasme, il s’agit de rien de moins qu’un nouveau chapitre qui s’ouvre aujourd’hui dans l’histoire de l’énergie en Alaska. » déclarait Pete Slaiby de Shell Alaska (cité par Jennifer A. Dlouhy dans « Shell Begins Drilling Well off Alaska ») au San Francisco Chronicle le 9 septembre.

L’entreprise orientée vers le profit et les consommateurs est par essence propre, nécessaire et héroïque. Les compagnies énergétiques évoluant dans un marché libre (pétrole, gaz et charbon) sont, à ce titre, très différentes de celles qui dépendent du gouvernement (éthanol, éolien, solaire). L’Enron de Ken Lay est (était) typique des secondes, tandis que Charles Koch des Koch Industries, écrivant hier dans le Wall Street Journal, incarnait les premières.

Shell réduit donc ses investissements (peu rentables) dans les énergies renouvelables pour revenir à ses racines : le pétrole et le gaz. Ils ne communiquent plus sur d’hypothétiques énergies alternatives mais sur de l’énergie, ici et maintenant. C’est parti ! Ils ont découvert à leurs dépens que les prétendus écologistes ne sont que des parasites ennemis de l’industrie quand il s’agit de produire de l’énergie pour tous les consommateurs de la planète.

Les obstacles rencontrés par l’ambitieux projet de Shell pour forer au large de l’Alaska auront été nombreux, mais ce chapitre est maintenant terminé. La route est ouverte, C’est parti !

Une faible opposition.

L’argumentation contre le forage se fonde sur des hypothèses anecdotiques et frise le post-modernisme. D’après Greenpeace :

Quoi que Shell puisse faire dans le court intervalle avant que la mer de glace revienne, cela n’effacera pas les preuves claires accumulées ces deux derniers mois qui montrent qu’un forage sécurisé ne peut pas exister en Arctique. Cet été, nous avons assisté à un ratage complet en termes de communication, mais aussi de logistique. La seule chose qu’ils ont prouvé, c’est que les compagnies pétrolières ne sont pas aptes à gérer les défis spécifiques que représente l’Arctique.

Dieu merci, Greenpeace n’était pas là en 1859 à Titusville, Pennsylvanie, à l’origine des forages pétroliers commerciaux. S’ils avaient réussi à stopper l’industrie au berceau et à bloquer les importations, nous pataugerions encore tous les jours dans le crottin de cheval. Voilà le vrai visage du principe de précaution.

Robert Canvart écrit dans le Huffington Post :

On peut se poser beaucoup de questions sur l’ampleur de notre demande en hydrocarbures, qui nous pousse maintenant à aller en extraire dans des endroits présentant les pires conditions climatiques de la planète. Les compagnies pétrolières dépensent des milliards de dollars pour braver ces conditions, ceci pour deux raisons : d’abord, parce qu’elles le peuvent ; ensuite, parce que ça leur rapporte de l’argent.

La question n’est pas « peut-on le faire ? » mais plutôt « pourquoi ? ». C’est une question politique. Malheureusement, en l’absence de politique nationale claire établissant la priorité d’une production et d’une consommation durables, nous sommes bloqués dans ce cycle sans fin : trouver, brûler, trouver, brûler… Le problème, c’est que trouver devient de plus en plus difficile, de plus en plus cher et de plus en plus risqué pour l’environnement.

Et allons-y pour un Plan Energétique Quinquennal pondu par nos élites condescendantes…

L’Histoire en marche.

Enregistré sur YouTube : Un petit pas pour la foreuse, un bond de géant pour l’humanité.

« Shell prépare la foreuse pour la première fournée. » Ce week-end, l’équipage du Noble Discoverer a commencé à creuser au site « Burger » situé dans la mer des Tchouktches, en Alaska. Il s’agit de l’apogée de plus de six ans d’effort de la part de Shell visant à explorer la surface du plateau continental de l’Alaska. C’est la première fois qu’une foreuse touche la mer des Tchouktches depuis plus de vingt ans.

Le communiqué de presse de Shell est, à juste titre, triomphant :

Shell a le plaisir d’annoncer qu’aujourd’hui, 9 septembre 2012, l’équipage du Noble Discoverer a commencé les forages dans le site « Burger » dans la mer des Tchouktches.C’est un moment historique, la première fois qu’une foreuse touche le sol dans la mer des Tchouktches américaine depuis plus de vingt ans. Nous voyons aujourd’hui le résultat de plus de 6 ans d’exploration de la part de Shell à la recherche des réserves de pétrole et de gaz supposées se trouver à la surface du plateau continental de l’Alaska.Dans les jours à venir, nous continuerons nos efforts dans la mer des Tchouktches, et un nouveau site est en préparation dans la mer de Beaufort.Une période passionnante s’ouvre pour l’Alaska et pour Shell. Nous espérons de nombreux progrès dans les prochaines semaines afin d’ajouter un nouveau chapitre dans la longue histoire du pétrole et du gaz en Alaska. Nous sommes fiers d’être au large de l’Alaska, et nous sommes particulièrement fiers de nos préparatifs pour que tout se passe correctement.

Félicitations, Shell. Et des excuses au nom de certains d’entre nous dans la communauté politique pour ne pas avoir su défendre la cause d’une politique publique énergétique saine, en faveur de l’environnement et de la libre entreprise, ce qui aurait pu dissiper les délais bureaucratiques qui ont entravé un temps vos efforts.

Les consommateurs partout dans le monde devraient applaudir votre dévouement qui a rendu possible l’ouverture d’un nouveau chapitre dans l’histoire du forage en mer.

Article original – Traduction Lancelot/Contrepoints