« L’été allemand ? »

Comme nous l’écrivions il y a quelques jours, il se confirme que le concert des voix grossit en Allemagne, dans la coalition de Merkel et dans son opposition, pour resserrer la zone euro et pour limiter le financement des sauvetages par les Allemands.

Comme nous l’écrivions il y a quelques jours, il se confirme que le concert des voix grossit en Allemagne, dans la coalition de Merkel et dans son opposition, pour resserrer la zone euro et pour limiter le financement des sauvetages par les Allemands.

Un article d’Open Europe.

Drapeau allemand

Ces quelques dernières semaines, tout un éventail de politiciens allemands ont envoyé des bordées contre plus d’implication de l’Allemagne dans la crise de la zone euro, et contre plus d’aide à la Grèce en particulier. Faisant référence au rapport de la troïka de septembre sur la Grèce, Michael Fuchs, l’adjoint au chef du groupe parlementaire du parti CDU d’Angela Merkel, a dit hier à Hansdelsblatt que

Même si le verre est à moitié plein, ça ne suffira pas pour un nouveau plan d’aide. L’Allemagne ne peut pas être d’accord avec ça, elle ne le sera pas. Ça fait longtemps que nous avons atteint le stade où les Grecs doivent démontrer qu’ils sont capables de livrer un changement.

La semaine dernière, Horst Seehofer, premier ministre de la Bavière, et chef de la CSU, le parti frère et partenaire de coalition de la CDU d’Angela Merkel (et qui est de plus en plus agité par les sauvetages de la zone euro), a proposé une série de référendums.

Nous devons impliquer les gens. Premièrement, dans tous les transferts de compétences importants vers Bruxelles. Deuxièmement, sur l’accession de nouveaux États à l’Union Européenne. Et troisièmement, sur l’aide financière allemande à d’autres États européens.

En particulier, Seehofer a cité la mise en commun de la dette ou un fonds de rachat de la dette, ajoutant que, « avec la CSU, il n’y aura pas d’États-Unis d’Europe ».

L’autre partenaire de coalition de Merkel, le parti libéral FDP, monte aussi le ton, son leader, et le vice Chancelier, Philipp Rösler, et aussi le chef de son groupe parlementaire, Rainer Brüderle, disant qu’ils sont réconciliés avec une sortie de la Grèce de l’euro. Le ministre bavarois de l’économie Martin Zeil est allé encore plus loin, affirmant que :

Un pays doit sortir de l’euro quand il ne remplit pas ses devoirs. Si nécessaire, deux pays ou plus pourraient sortir.

À l’autre bout du spectre politique, l’ancien ministre allemand des finances Peer Steinbrück (SPD) a dit le mois dernier :

Dans certains cas, j’ai de plus en plus de doute quant à savoir si tous les pays vont pouvoir être gardés dans la zone euro (…) je peux voir comment certains pays vont être incapables de refermer leur écart de compétitivité [avec l’Allemagne].

Ceci dit, le SPD s’est déjà exprimé en faveur de la mise en commun de la dette, quoiqu’avec une stricte conditionalité en termes de décisions de politiques financières nationales.

Otmar Issing, ancien économiste en chef de la BCE, a ajouté sa voix au choeur, déclarant que les États membres de la zone euro pourraient devoir sortir :

Tout parle en faveur de sauver la zone euro, et cependant, combien de pays pourront en faire partie sur le long terme, ça reste à voir.

La question est de savoir si tout ceci est de la rhétorique, ou si c’est le début de quelque chose d’autre.

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